Le sorcier « souffleur »: « Bu, Bud, Bird, Mingus, Martial et autres fauteurs de trouble », un livre d’Alain Gerber

Le sorcier

 

Certains disent qu’il est un magicien de l’écriture, une sorte d’écrivain comme on n’en fait si peu. D’autres pensent que c’est un musicien et que son instrument ce sont des mots, des syllabes ou davantage des images qui auraient pris la forme de phrases et de paragraphes, chacune ayant sa mélodie, son harmonie et son rythme.

Tout ceci est vrai, à n’en pas douter. Mais peut-être est-il aussi quelque chose d’autre, quelque chose de plus. A lire « Bu, Bud, Bird, Mingus, Martial et autres fauteurs de trouble » qu’il vient de publier aux éditions Alter Ego, Alain Gerber apparaît plus que jamais comme un « souffleur ».

 304664_369950326414858_541925382_n-300x168

Serait-ce qu’il nous soufflerait à l’oreille des mots qui ne seraient qu’à lui, dont il nous ferait les destinataires électifs ? Sans aucun doute. Mais un authentique « souffleur » est beaucoup plus que cela. C’est quelqu’un de rare, l’un de ceux qui ont du ciel le don de vous donner à vous, à chaque instant lorsqu’il vous parle, le souffle qui pourrait vous manquer. Ou bien encore mieux, un nouveau souffle, un nouvel élan. Un « souffleur » digne de ce nom est quelqu’un qui vous enflamme, qui vous donne quelque chose comme sa propre vitalité, qui vous offre un peu plus de vie.

 598597_10200774076259112_257970683_n-228x300

A lire « Bu, Bud etc… », on sait qu’un de ces êtres étranges, de ceux que l’on ne découvre pas au coin de quelque rue du village littéraire, musical, artistique de toute sorte, un de ceux qui, tout en tombant du ciel et d’un ailleurs que l’on ne soupçonnait pas, vous offre tout d’eux-mêmes, étant ainsi plus familiers pour vous que vos meilleurs amis, on sait qu’Alain Gerber est l’un d’entre eux et que la chance, votre chance d’être son lecteur, est bel et bien avec vous.

 599397_3591116340633_1665962866_n-300x200

A rêver avec ces chroniques, ces portraits, ces poèmes en prose ou presque en rimes, on est plus riche à chaque phrase, non parce qu’on aurait pu en faire notre « profit », mais parce qu’on est plus heureux, emporté par une énergie qui nous fait faire quelques pas de plus,. Quelques-uns de ces pas qui, tout en nous laissant souvent immobiles, nous font voir des paysages inouïs, que nous découvrons soudain, les yeux, le cœur et l’âme aussi, tous, grands ouverts. Il nous semble alors avoir fait de merveilleux voyages dans des contrées jusqu’ici insoupçonnées.

 

Jean-Jacques Pussiau avec Dave Liebman

Jean-Jacques Pussiau avec Dave Liebman

Alain Gerber est un bien l’un de ces « sorciers souffleurs », lui aussi « fauteur de trouble », lui aussi engendrant en nous dans tous ses textes des étincelles, de ces lumières qui font vivre et aimer, sans lesquelles il n’y aurait pas de désir, pas d’amour non plus. Car c’est ainsi que nous aimons la musique, les musiciens et aussi la vie tout entière. Mais Alain Gerber est un « souffleur » bien différent de tous les autres. Parce que dans chaque regard qu’il porte ici sur les musiciens, parfois même sur une couleur (le « bleu », évidemment), un producteur (Jean-Jacques Pussiau), les amateurs de musique, les instruments, il est à l’évidence plus que d’autres un « souffleur » d’âmes et de corps enfiévrés, de passions, de douceurs, de peurs, d’effrois, de tempêtes et de cieux aussi clairs et paisibles que le sourire d’un enfant. Cela dépend de son humeur à lui. Et un peu de la nôtre aussi. Voici un « souffleur » dont on perçoit à peine qu’il nous dit quelque chose au creux de l’oreille, dont on entend pourtant la musique à chaque battement du cœur, le sien et le nôtre qui, tous les deux ensemble, vont de pair et ne se quittent plus. C’est un ami qui, dans son souffle et dans chacune de ses respirations, donne tout, tout de sa vie, de ses sentiments, de sa passion, que ce soit le jour éclatant de soleil ou bien que ce soit la nuit la  plus profonde, peu lui importe. Ce qui compte pour lui et alors ce qui devient vital pour nous, c’est que nous sommes emportés, transformés, métamorphosés et qu’au bout du compte, au bout de ce voyage pourtant sans fin, nous sommes encore davantage nous-mêmes. Et que donc cela ne s’arrête pas. Que cela ne peut s’arrêter. Jamais.

 

600489_295306240565119_126488207_n-300x225

384268_243510029038867_550993567_n

314362_268227193196181_100000267084707_1067286_12841_n

10329013_570719883044775_8094407844589233856_n-300x198

550081_463507907026164_201932633_n1-228x300



Claire Michael, l’instant du bonheur

 

Claire Michael, l'instant du bonheur photo_1-201x300

Elle aurait pu, elle aurait pu ?… Mais qu’aurait-elle donc pu faire ?

Sans doute, s’est-elle posée la question si souvent.

Sans doute a-t-elle trouvé maintes fois la réponse.

A chaque fois pourtant, elle a hésité.

Et puis, peut-être a-t-elle oublié, oublié ce qui jusque-là paraissait primordial. Et qui finalement n’était pas l’essentiel.

Puis un jour elle s’est abandonnée. C’est ainsi qu’elle n’a pas abandonné. C’est ainsi qu’elle a retrouvé ce qui depuis toujours animait sa musique. C’est ainsi qu’elle s’est retrouvée elle-même, plus elle-même que jamais.

 

Maintenant c’est un peu comme si elle s’était entièrement dévoilée, sans retenue. Sans autre retenue que celle qu’il faut pour faire un don, pour être soi-même l’offrande, la retenue qui n’est autre que celle du respect de soi et ainsi de ceux envers qui vous vous mettez comme à nu.

Maintenant on peut l’imaginer heureuse, heureuse de ce bonheur lorsqu’il s’accomplit. A l’instant choisi d’un travail parfois difficile sans doute, après des épreuves dont certaines ont pu sembler épuisantes, après des chemins de traverse utiles, indispensables même, là-même pourtant où ils ont semblé ne mener qu’à des errances fatales. Fatales, non parce qu’il y aurait eu un mur au bout de la route mais parce que la route aurait sans fin poursuivi un parcours dépourvu de tout, comme un désert fascinant mais répétant sans cesse le même paysage.

…/…

 dsc9202_368_550-200x300

Maintenant, avec Trane Steps, on peut penser que la saxophoniste Claire Michael est en accord avec elle-même. C’est, tout au long de cet enregistrement, ce que l’on entend. Car ce que l’on entend, précisément, c’est la musicienne : ce qu’elle ressent, ce qu’elle vit, ce qu’elle éprouve de la vie.

 

Plutôt que de proposer un quelconque « Tribute To John Coltrane », hommage qui aurait pu être totalement réussi (imaginons qu’il en aurait été ainsi, ce n’est sans doute pas trop difficile, pas si difficile à concevoir), avec des thèmes comme « Giant Steps » ou « Naima » encore plus qu’avec ses propres compositions – et ici se situe un autre tour de force – Claire Michael nous fait vivre sa musique. Pas seulement celle de Coltrane, mais sans doute comme il l’aurait lui-même aimé, sa musique à elle. Claire Michael peut ne pas jouer « si loin » de ce que jouait Coltrane c’est pourtant elle-même que l’on entend, ses propres sentiments, ses émotions à elle, qu’elle joue et qu’ainsi elle offre.

 12082003cmichael4tetparfum4674600x193__085751700_1748_24082012-300x96

Aimera-t-on toutes les pièces de Trane Steps ? Ce n’est pas certain. Il faudrait cependant être sourd pour ne pas se laisser emporter par la voix de la saxophoniste lorsqu’elle abandonne son instrument pour chanter en choisissant ainsi une autre manière d’être elle-même. Peut-être d’autres plages sembleront un peu plus convenues, moins intenses. Si c’est le cas, qu’importe ! Il y a ici assez de vitalité dans la musique pour que l’on ait acquis une part de bonheur.

 

* Trane Steps est un enregistrement Blue Touch (distribution Rue Stendhal) avec Claire Michael, Michel Vallet (piano, claviers), Patrick Chartol (basse) et Thierry Le Gall (batterie)



Quand le jazz est là, la radio…

Quand le jazz est là, la radio... 482662_137352473107992_808683889_n-300x199

 

 

Ce n’est pas l’habitude de ce modeste blog que de reprendre les propos – même les plus remarquables – d’autres auteurs.

Seulement voilà: compte tenu de l’évolution (« involution » devrait-on dire, ce terme qualifiant le plus souvent, dans son usage médical principalement, la régression d’un organisme vivant) de la « politique » de Radio France vis à vis du jazz, compte tenu de la façon dont de nombreux « grands médias » (presque tous) considèrent le jazz et ainsi (qu’ils s’en défendent ou non) toute la musique il est apparu salutaire de renvoyer nos lecteurs vers un « papier » signé de Franck Bergerot, rédacteur en chef de Jazz Magazine qui dit tout ce qu’il faut dire sur ce sujet – sujet qui n’est malheureusement pas un « sujet parmi d’autres », non seulement pour les amoureux et amateurs de jazz (également et au premier chef pour les « professionnels » aussi) mais un sujet de fond.

Assurément, le jazz vivra et continuera longtemps de vivre. C’est une raison de plus, non pour le défendre, mais pour dénoncer la sottise où qu’elle se trouve.

L’article de Franck Bergerot se trouve ici: http://www.jazzmagazine.com/index.php/le-jazz-live/1-le-jazz-live/928-des-musiques-baisables-exclusivementn

Il est intitulé:

Des musiques baisables, exclusivement ?

Il n’est pas certain que ce titre soit, quant à lui, approprié.

Cela pour deux raisons (et uniquement pour celles-ci, cela va de soi). La première est qu’il fait appel (volontairement ou non) pour être lu à un « ressort » qui n’est rien d’autre que ce qu’il dénonce lui-même. La seconde est que le jazz est une musique « baisable ». C’est même ce que dit son nom!

 

 



Jean-Baptiste et Clara Simonoviez: « Au plus près… »

 

 

Jean-Baptiste et Clara Simonoviez:

 

On ne connaît pas assez le pianiste Jean-Sébastien Simonoviez.

Peu importe la raison, mais ce musicien qui a enregistré des disques enthousiasmants comme « Translucide » avec le regretté et admirable Jean-Jacques Avenel (parlait-on assez, parlait-on comme il aurait convenu de Jean-Jacques Avenel ?) mérite une attention particulière. Parce que ce qu’il fait il le fait avec une sincérité, un engagement et un « métier » qui valent que l’on sorte des sentiers trop souvent empruntés.

Le parcours de Jean-Sébastien Simonoviez qui a croisé depuis le milieu des années quatre-vingt, André Jaume, François Méchali, Steve Swallow, Ari Hoenig, et comme il fut aussi un temps batteur, des pianistes comme Perrine Mansuy, Alain Jean-Marie, Michel Graillier, Siegfried Kessler, est un parcours d’une richesse étonnante. Mais un parcours discret.

Il serait donc bien triste (pour nous, encore plus que pour les musiciens avec qui il joue) de ne pas prêter une attention heureuse à son dernier opus intitulé « Multifaces » (Label Hâtive).

2010-1130-jis-fermanville-300x208

« Multifaces » porte bien son nom car la musique qui s’y déploie a mille sources, plus imprévues que prévues, plus improvisées que calculées. Elle tourne autour du piano mais la voix de Clara Simonoviez en est souvent le centre, l’axe. Le saxophone de Jean-Paul Adam est comme une seconde voix – ou bien la première, c’est selon – , François-Régis Gallix joue d’une contrebasse profonde, essentielle comme cet instrument doit l’être (non pas seulement un « soutien » rythmique ou même mélodique), et un autre contrebassiste s’occupe avec intelligence et pertinence de la batterie, c’est Géraud Portal.

presentationjs-300x300

On peut laisser la conclusion à Jean-Sébastien Simonoviez lorsqu’il affirme que : « cette session a fait l’objet de tout un tas d’expériences pour tenter d’obtenir un résultat au plus proche de nous à ce moment là.
Puis j’ai laissé passer cinq mois et ai mixé les morceaux enregistrés avec l’aide de Clara, puis ai masterisé le tout sans compresser quoi que ce soit et vous avez le résultat. Il est sans concessions ni artifices, c’est juste une tentative d’être au plus proche du moment présent. »

« Au plus proche de nous » et « au plus proche du moment présent », voici, tout simplement une magnifique définition de ce qu’est le jazz, de ce qu’est la musique.



Charlie Haden: la liberté à chaque instant

 

Charlie Haden: la liberté à chaque instant rr029126_custom-2d0126898eb9a05807bc429e7b657802e2c9645c-s40-c85-300x204

Le contrebassiste Charlie Haden, disparu en ce début d’été 2014, outre qu’il nous a donné des moments de joie musicale inoubliable, nous a appris quelque chose d’essentiel.

Charlie Haden fut sans doute l’un des rares musiciens de jazz à être sans cesse en accord – on pourrait dire « en harmonie » – dans toutes les dimensions de son art et de sa vie. Pourtant il ne fait pas de doute que de nombreux malheurs, voire d’autres tentations, auraient pu le détourner de ce chemin.

Il s’est fait ainsi connaître comme l’un des « révolutionnaires » du free jazz. Il apporta à l’art de son instrument, en participant au tout premier plan de ce « courant », une dimension en grande partie nouvelle, novatrice. Même si quelques autres avant lui, avaient ouvert la route. Il participa au même moment à des mouvements civiques et politiques que l’on disait alors à juste titre, « radicaux ». Qui l’étaient autant que pouvait l’être le free jazz à cette époque.

10303447_10152801345976501_7645063465491313425_n-300x300

La liberté, dans toutes ses dimensions, était pour Haden l’essentiel. Dans tous les domaines. Parce qu’il savait qu’il n’y a de liberté que dans un combat sans fin. Mais aussi parce qu’il savait tout autant – car c’est bien de la même chose qu’il s’agit – qu’il n’y a pas d’un côté la liberté de la musique et de l’autre une liberté de la vie en société et une liberté de l’individu, et qu’il s’agirait de deux choses différentes.

charliehadengrammy_2972728b-300x187

C’est parce qu’il était un homme libre et épris pour tous de cette liberté que Charlie Haden qui fut un immense musicien restera comme l’un de ceux qui ont toujours dit, dans toutes les situations d’une existence, toujours, à chaque instant, l’essentiel.



Pascal Bouterin, les couleurs de la batterie (portrait)

On pourrait dire « de l’étonnement ». Mais c’est toujours ainsi quand vous êtes ému en écoutant de la musique, lorsqu’elle se donne à vous et que vous savez, aussi bien qu’eux, que les musiciens sont tout entiers dans leur « performance ».

 

copyright Smitha malcor

copyright Smitha Malcor

On devrait dire pourtant une sorte de « surprise » lorsque l’un d’entre eux capte davantage votre attention et que vous avez très vite le sentiment qu’il est en train de se passer quelque chose d’exceptionnel. Au moins pour vous – et c’est l’essentiel ! Qu’il se passe quelque chose que vous n’attendiez pas. Parce que vous ne pouviez pas même l’imaginer.

 

Ecoutez Pascal Bouterin, voyez-le se battre avec son instrument, le caresser, le frapper, lui donner une formidable énergie avec son énergie à lui, incessante, constante, inébranlable, présente à chaque seconde, à chaque souffle, voyez-le donner vie à toute la musique d’Akpé Motion. Depuis son « coin », dans son rôle », alors que ses camarades sont tout autant que lui, assurément, engagés dans « l’épreuve ». Peut-être ne ressentirez-vous pas cela, cet étonnement et cette surprise, une sorte de sidération comme on en connaît en écoutant une musique, un musicien d’exception. Cela est bien possible. Parce que ce genre d’aventure est  toujours une rencontre. La preuve en est qu’il nous est – à l’inverse – à tous arrivé au moins une fois dans notre existence de rester de marbre devant l’un ou l’autre des plus grands, d’avoir été déçus, de n’avoir ressenti aucun frisson.

 

Pascal Bouterin vous dira alors combien il est « attiré depuis son plus jeune âge par la transe rythmique, le tempo qui est le cœur de la vie, cette cadence comme une quête un droit chemin qui lui donne cette envie d’explorer l’improvisation. »

 

Si vous insistez un peu il vous dira peut-être que « la couleur dans la musique est comme la composition dans un tableau, trouver l’essence d’un groove,  penser la batterie autrement composer sur le moment est une réelle recherche et surtout une exploration sans fin qui donne naissance à de nouvelles sonorités. Et aussi qu’il travaille  les peaux aux balais et avec des sticks carbone qu’il bricole lui-même afin de donner un esprit africain et une vision singulière à la rythmique et au déroulement de son jeu. »

 

copyright Cent un District

copyright Cent un District

Pascal reconnaîtra aussi quelques influences – parce qu’il faut bien avoir des « références », au moins pour se faire comprendre. Il dira d’abord qu’il est « très influencé par les batteurs qui sont des coloristes du rythme, qui jouent  avec les silences et leur puissance. J’aime ces batteurs inventifs qui n’ont pas une collection de tambours et de cymbales autour d’eux, j’aime ceux qui s’attachent à l’essentiel et qui inventent sur le moment. La musique n’est jamais figée c’est ma direction en musique. » Alors seulement il citera Tony Williams,  Joey Baron ou encore Chris Dave.

 

copyright Caroline Hulin

copyright Caroline Hulin

Et vous ne serez pas surpris d’apprendre que Pascal Bouterin est aussi un peintre de grand talent, qu’il a exposé un peu partout, qu’il a son propre atelier au cœur de Saint-Rémy-de-Provence : vous ne serez pas surpris, non seulement parce qu’il parle (on l’a déjà vu ici-même) de couleur(s) quand il parle de musique, mais surtout vous ne serez pas surpris car ce sont bien des couleurs de toutes sortes que vous entendrez ou que vous verrez (c’est tout un) lorsqu’il joue, toujours avec intensité, toujours avec une passion émerveillée.  Peut-être alors se livrera-t-il davantage encore : «la musique est, pour moi, de la couleur, dira-t-il alors, elle est  graphique comme l’instrument. La batterie en est un parfait exemple: les possibilités que l’on peut obtenir dans le grain sonore sont si larges, comme en peinture, trouver une texture composer une couleur c’est si semblable, trouver sa couleur c’est un long chemin !!!  Pour moi la peinture est aussi une composition, une harmonie sonore. Aller à l’essentiel cela fait partie de ma quête. Des grands maîtres en musique comme en peinture ont eu ce génie  tels : Miles Davis ou Zao Wouki en peinture.
Jouer avec le silence ou donner une puissance à la touche ou à la note c’est, à l’instar, de Paul Klee « rendre visible l’invisible. »

 

Et rien de notre étonnement pourtant, ne sera effacé…

 

 

avec Akpé Motion: Jean Gros(g), Sergio Armanelli (b) et Alain Brunet (tp)

avec Akpé Motion: Jean Gros(g), Sergio Armanelli (b) et Alain Brunet (tp)

 

 

 

                                                                                                             

 

 

 

 

 

 

 

 



Junas: le village du jazz, saison 21!!!

 

Youn Sun Nah

Youn Sun Nah

Dans les carrières
Situé à la frontière ( y a-t-il là une « frontière »?) du Gard et de l’Hérault, le beau village de Junas possède des carrières de pierre exploitées depuis l’Antiquité.
D’origine romaine, les carrières « du bon temps » ont alimenté de manière durable la ville de Sommières (pont romain, édifices religieux…) et fourni, plus tard, des matériaux pour les remparts d’Aigues-Mortes. L’extraction de la pierre a continué de manière temporaire jusqu’au début du XXème siècle.
Cette exploitation millénaire a créé un site d’une ampleur exceptionnelle.Cela fera cette année,vingt-et-un ans que chaque longue nuit d’été les carrières offrent au jazz des moments d’exception, sous le regard des étoiles.
Le Languedoc-Roussillon rencontre le Cercle Arctique !!

En 1994, pour sa première édition « Jazz à Junas » avait choisi de faire se rencontrer les musiciens de notre région avec ceux de Lituanie. Si le pari fut réussi, il faut avouer qu’il était osé. En 2014, n’hésitant sans doute pas à aller toujours plus haut vers le Nord, Junas a décidé d’inviter les musiciens qui frôlent le Cercle Arctique qu’ils proviennent de Norvège de Finlande, de Suède, du Danemark ou même de Sibérie…! Décidément, s’il y a des limites entre l’Hérault et le Gard, il n’y en a pas – depuis toujours semble-t-il – dans l’univers du jazz dont la raison d’être est d’abolir tout ce qui entrave ou ce qui seulement « catégorise ».

Torun Eriksen

Torun Eriksen

Le voyage boréal qui nous est donc promis du 23 au 26 juillet 2014 à Junas nous permettra de rencontrer dans les carrières :

* Ulf Wakenius grand guitariste suédois à la tête de son trio de musiciens français puis en accompagnateur de la chanteuse Youn Sun Nah, meilleure vente de disques de jazz en 2013 avec le magnifique Lento.
* Un clin d’oeil au groupe mythique E.S.T avec la venue du nouveau groupe « Tonbruket » du contrebassiste Dan Berglund et le lendemain de celui du quartet du batteur Magnus Oström
*Le tromboniste Nils Landgren qui fera la clôture du festival avec son groupe Jazz Funk Unit,
* La chanteuse norvégienne Torun Eriksen invitée par le trompettiste Erik Truffaz pour un concert unique en France cet été,
* La rencontre du fameux guitariste français Marc Ducret avec deux musiciens danois

* Doudou Gouirand et son quartet autour d’un hommage au trompettiste Don Cherry qui vécu de longues années en Suède et avec lequel il partagea la scène.
Au temple de Junas nous entendrons :
* le jazz singulier de la chanteuse et accordéoniste finlandaise Satu Niiranen, l’atmosphère étonnante des deux musiciennes danoises Little Red Suitcase, les ambiances musicales de la Sibérie avec Shono et le talent du meilleur jazzman français 2013, l’accordéoniste Vincent Peirani.
Dans la garrigue :

Le Collectif Koa de Montpellier proposera une balade dans la forêt le samedi matin et en début d’après midi

Au Foyer Communal :

tous les jours à 16h00 des projections de films sur le thème du jazz et du cercle arctique

Vicnent Periani

Vicnent Periani

Informations pratiques
L’association JAZZ A JUNAS
1 rue de la Mairie
30 250 JUNAS
Tel. /Fax : 04 66 93 01 59
Tel. Renseignement / Billetterie : 04 66 80 30 27  E-mail : jazzajunas@orange.fr Site internet : www.jazzajunas.fr

Bar et restaurant sur place Dégustation de vins AOC Coteaux du Languedoc des Terres de Sommières
Tarifs
4 jours (23 au 26 juillet) 80€
Tarif plein 25€
Tarif réduit 20€
(Étudiants, RMI, chômeurs et membres de l’association)
Tarif adhérent FNAC 22€ (Place achetée uniquement à la FNAC, hors frais de location)
Gratuit pour les moins de 16 ans
Billets en vente
Office de Tourisme de Sommières, La Maison de la Musique d’Alès
Réseau Ticketnet : Sauramps Odyssée, Cora, Virgin 0892 390 100 (0.34/min) www.ticketnet.fr
Réseau France Billet : Fnac, Carrefour, Géant, 0892 68 36 22 (0.34/min), www.fnac.com
Renseignements et préventes au 04.66.80.30.27 / www.jazzajunas.fr

 

 



Akpé Motion en voyage à La Réunion

 

 

Akpé Motion en voyage à La Réunion 1964995_10152714906368868_1485042264_n-300x294

 

C’est au terme d’une tournée de cinq semaines dans l’Océan Indien qui les avaient amenés de Maurice à Madagascar, puis à Mayotte et enfin à La Réunion que les quatre musiciens d’Akpé Motion ont donné leur concert de « coda » à « Lespas Leconte de Lisle » au centre de la ville de Saint-Paul. C’était le 18 avril dernier.

 

 

Ils sont sortis de cette belle salle, après une longue « prestation », un accueil enthousiaste, pourtant un peu dépités. Nous avions bien vu, nous spectateurs-auditeurs ignorants qu’ils avaient eu quelques problèmes de sonorisation (comme souvent les « retours »… ce qui à dire vrai n’embarrasse pas beaucoup le public) mais tous nous avions été ravis. Dépités donc les Akpé !

 

10014533_10152814145348868_4635345074995578821_n-300x161 Akpé Motion

 

A la réflexion, il faut assurer, contre vents et marées (et ici, à La Réunion, on sait un peu de quoi l’on parle, ce n’est pas un cyclone qui nous fait peur… encore que parfois…), que ce qui a rendu chagrins les musiciens ce n’était pas la musique, ce qui avait pu les décevoir ce n’était pas quelque chose qui semblait leur manquer (technique, passion, précision, couleurs, vibrations et quoi encore???). Ce qui n’allait pas c’était bien plus probablement qu’ils devaient rentrer en métropole, qu’ils le savaient et que – quoi qu’il arrive quand vous partez en voyage musical, en tournée entre l’équateur et le tropique du capricorne – vous savez bien qu’à un moment ou un autre vous devrez renoncer à quelque chose que vous aurez aimé passionnément pendant de longues et belles journées, pendant des nuits dont vous vous souviendrez longtemps. Bref, Alain Brunet (trompette, bugle, voix et autres sons divers, variés…), Jean Gros (guitare), Sergio Armanelli (guitare basse) et Pascal Bouterin (batterie, voix) avaient, après leur concert, devant « Lespas », dans la nuit tropicale, un coup de blues.

 

1939573_10152783128048868_815244973_o-300x204 Alain Brunet

 

Au même moment, celles et ceux qui avaient eu la chance de répondre à leur invitation étaient tout sourire et se disaient (au fond d’eux et entre eux) qu’ils avaient passé un sacré bon moment ! Comment résister à un « Miles revisited » – période électrique surtout, « Jean-Pierre » précédant « Tutu » -, à des créations comme « Rominus » (pas d’aujourd’hui, mais toujours d’actualité), « Tamarin sunset » en hommage à un bel hôtel (parce que plein de musique tous les soirs) à l’ouest de l’île Maurice dans la petite ville du même nom, ou « Loco-Motion » qui donne son titre au dernier album du groupe (distribution Crystal records) ? Comment résister à l’enthousiasme prodigieux de Pascal Bouterin dont le rôle musical (mais pas seulement) dans le groupe est primordial ? Son approche résolue, rare (les références auxquelles on pourrait le rattacher dans l’histoire de l’instrument pour décrire sa manière de jouer ne sont pas nombreuses), sa façon incessante d’être présent sans jamais lasser, sans jamais s’imposer au-delà de sa place, en construisant un équilibre assuré parce que toujours fragile, son jeu exceptionnel est au cœur d’Akpé Motion, formation qui n’est faite que de jeunes musiciens extrêmement talentueux (ce n’est pas parce que vous ne les voyez pas beaucoup dans la presse écrite sur papier qu’il ne faut pas croire ce qui est dit ici!), Alain Brunet mis à part – je parle là de son âge pas encore canonique, pas de son talent et de son imagination qui sont bien au-delà de ce qui n’a pas très souvent été dit sur lui mais que l’on peut trouver cependant sous la plume de Lucien Malson dans le dernier numéro des Nouveaux Cahiers du Jazz (éditions Encre Marine), Lucien Malson qui n’est pas le dernier des connaisseurs du jazz et de toutes les musiques qui soient, et par Citizen jazz avec ce lien : http://www.citizenjazz.com/Akpe-Motion.html

 

mais, assurément on m’accusera au mieux alors de copinage, d’amitié, au pire de « conflit d’intérêt ».

 

 

Dans tous les cas, je maintiens ma recommandation : écoutez Akpé Motion…

 

Juste une remarque : c’est encore mieux en concert qu’en disque. C’est dire !



Paul Motian, parmi les étoiles

Paul Motian, parmi les étoiles sans-titre

On ne voit pas les morts.

On dit: « Ils ont disparu… »
Le jour où je ne serai plus, je serai comme eux. On dira de moi que je suis désormais « un » disparu.
Mais ce n’est pas parce qu’on ne voit pas ceux qui ont disparu qu’ils ne sont pas présents.
C’est peut-être seulement ainsi, en rejoignant les étoiles, que les morts sont présents en nous.
Ainsi, certains nous font vivre. Ils nous procurent de la vitalité, de la vie.
Ils font battre notre coeur. Ils nous donnent un peu de leur rythme.
Paul Motian, musicien singulier, batteur hors normes disait à peu près ceci: « si le rythme est perdu, il y a toujours un autre rythme, un autre tempo qui est au fond de moi et que je ne peux pas    perdre ».
Il a quitté notre monde si visible, pour devenir, parmi les étoiles, l’un de ces présents, plus présents encore…
On peut, ici ou là, trouver beaucoup d’informations sur ce que fut la vie de Paul Motian, sa vie d’homme et celle de musicien. On n’en saura jamais plus qu’en l’écoutant.
Pour tous ceux qui l’ont aimé, avec Bill ou Keith, avec beaucoup d’autres, Paul Motian demeurera.


Joachim Kühn: la solitude en partage

Figueretas par Joachim Kühn

 

« Un peu plus tard, allongé auprès d’elle, je voulais
lui demander de ne pas me quitter, de ne pas repartir. Je voulais lui dire que les
moments passés avec elle étaient les meilleurs que j’eusse connus, qu’à traversJoachim Kühn: la solitude en partage 95921
elle, je me sentais rattaché à l’humanité, au monde dans son ensemble, comme
jamais auparavant ; qu’elle m’avait sauvé la vie, que je l’aimais. » (James
Lee Burke « Dernier tramway pour les Champs-Elysées »)

Le jazz nous parle d’amour. Il est peut-être, au fond de
lui, un chant de solitude. Mais il est aussi une musique de partage.

Le jazz est fait pour être donné. Il ne peut qu’être offert.
Nous sommes sur cette terre pour l’écouter recevoir.  Ou pour le jouer. Le jazz « fait »
notre communauté. Il nous réunit, il nous enracine et nous fait vivre.  Il nous rend à nous-mêmes et nous accorde
notre liberté. Le jazz est libre : comme l’Ibiza de Joachim Kühn, cette
île avancée du royaume de Majorque qui fut la première société de l’Occident,
après Athènes, à inventer la liberté…

La musique de « Free Ibiza » est signée du piano
solitaire de Joachim Kühn. Ce sont seize instants, seize joyaux qui se
terminent par un « Moment de bonheur ». Avec une élégance raffinée,
une épure joyeuse qui sait être foisonnante et sereine à la fois. Ici, plus que
jamais le jazz, est libre. Il est un partage fertile. Comme rarement un
musicien, seul avec lui-même, a su en imaginer.



1...345678

louvteaux jeanette bretigny... |
du rock prog au metal symph... |
LIVE ON MARS ? |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | L'instant Critik
| lyd music
| ROCK'N'POP RELIGION