« L’outre-monde » d’Antoinette trio

 

Il est des rencontres musicales qui vous surprennent, qui vous enchantent, qui vous transportent. Nous sommes heureusement (la plupart du temps) habitués à ce genre de surprises, en particulier depuis quelques décennies.

Et donc, pour parvenir aujourd’hui à nous étonner encore, à nous faire rêver à nouveau, à nous faire découvrir des mondes toujours nouveaux et étranges, il faut une imagination et une sorte d’audace extrêmement singulières. Il faut que cette musique soit le produit d’une intelligence extrême autant que de songes impossibles.

C’est pourtant ce que, depuis quelques mois, Antoinette réussit à faire.

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Certes, personne n’a encore rencontré Antoinette. Antoinette n’est pas une musicienne mais un trio dont, si l’on dit quelques mots de chacun de ses membres, on pourrait se demander ce qu’ils font ensemble. On pourrait craindre le pire ou, dans le meilleur des cas, le « déjà-vu » ou pour mieux le dire peut-être, le « déjà-entendu ».

 

Antoinette trio réunit Julie Audouin (flûte), Arnaud Rouanet (clarinette basse) et le guitariste portugais Antoine Leite. La première est de formation classique, prix des conservatoires de Toulouse et de Paris. Le deuxième que l’on connaît déjà, notamment du côté du Trio d’en bas (ou 3dB) est un infatigable inventeur de jazz au sens le plus libre du terme, prix Jazz Migration 2010. Antoine Leite est un guitariste venu du Portugal (qui joue donc de la guitare portugaise, mais pas seulement) a participé à de nombreuses aventures du côté du théâtre et d’autres formes d’expressions où son art et sa connaissance de son pays d’origine et de ses traditions, ou bien celles du Brésil ou du Cap-Vert lui ont valu une reconnaissance unanime. Antoine Leite a aussi participé à quelques « séquences » inoubliables du Trio d’en bas évoqué plus haut.

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La rencontre de ces trois musiciens aurait pu nous conduire tout droit, une fois de plus, vers une sorte de « world music » plus ou moins conventionnelle.

Mais au lieu de nous amener vers un monde, voire vers un nouveau monde, ils ont plutôt choisi d’aller de travers et de nous conduire vers un « outre-monde », au-delà du monde. Et, nous étonnant toujours, nous faire rêver de l’impossible. Ils peuvent bien se référer à Egberto Gismonti, au fado de Carlos Paredes, à qui ils veulent…, cela n’a pas d’importance. On ne peut que les écouter comme si c’était la première fois que nous écoutions de la musique.

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C’est là, sans doute, un signe que la musique la plus vivante et vivace est une sorte de langue créole, comme si le créole était un langage jamais fixé, jamais définitif, toujours ouvert, immaitrisable. On peut croire qu’Antoinette trio ait mille choses à nous dire. Cela est certain. Mais seule Julie, seul Arnaud, seul Antoine savent ce qu’ils vont dire demain. Le savent-ils ? Là est la source de notre émerveillement.

 

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On peut découvrir ici Antoinette Trio (ou en copiant dans votre navigateur):

concert d’Antoinette à Montreal

http://antoinettetrio.wix.com/antoinette-trio

http://vimeo.com/103474131

https://www.facebook.com/antoinette.trio



Aujourd’hui et demain: Manu Carré « Go! »

Aujourd'hui et demain: Manu Carré

Manu Carré a d’abord joué du rock. Son premier concert, il l’a donné à treize ans. Les « musiques actuelles » ça le connaît depuis toujours.
Manu Carré n’a cessé d’évoluer : il est un enfant de son temps, un homme de son époque et cela s’entend dans sa musique. Peu importe l’âge qu’affichent les pièces officielles. Manu Carré est un saxophoniste d’aujourd’hui. Non qu’il découvrirait « la lune » chaque matin ou plutôt chaque soir, non qu’il n’aurait pas vécu maintes expériences – au contraire – mais voici que, chaque fois, chaque jour, c’était comme s’il les réinventait, les inventait.

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Son dernier disque, « Go ! » (ACM Jazz label/Socadsic) en est l’illustration. Ancrée dans son temps, électrique et éclectique[1], urbaine aux paysages pourtant si amples et si divers, la musique de ce quintet (avec Florian Verdier (claviers), Aurélien Miguel (g), Nicolas Luchi (b) et Max Miguel (dm) nous fait voyager dans une sorte de présent mobile, insaisissable, mouvant et constant tout à la fois. C’est ainsi qu’une musique ouvre devant elle, le faisant apparaître à tous ceux qui l’entendent et s’en enchantent, son propre futur et le leur aussi.

Fils de son temps, de son époque, Manu Carré nous transmet son désir de voyager plus loin. Le titre de cet album n’est sans doute pas étranger à cela et qui ne se laisserait pas entraîner à l’envie d’en savoir toujours et encore davantage, sur la vie, sur le monde ?

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[1]  On disait cela, il y a bien longtemps, du guitariste Elek Bacsik, les anciens s’en souviennent sans doute.



A Villelongue dels Monts (Jazz dans les Albères chap II)

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Villelongue-dels-Monts se trouve à quelques kilomètres tout juste de Saint-Génis-des-Fontaines (voir c-dessous « Jazz dans les Albères chapitre I »).

Le festival de Villelongue suit lui aussi, de quelques jours, celui de son voisin.

A Viellongue on ne joue pas que du jazz pour la bonne raison que les concerts sont « attachés » à une « Académie » tous styles musicaux confondus qui le précède, académie dans laquelle on peut même faire du karaté sous la conduite du clarinettiste Jacques Di Donato… et l’on se dit que lorsqu’il vous enseigne son instrument il vaut mieux l’écouter un peu…

Voici donc qu’à Villelongue il y a profusion. De styles, de musiques, de rencontres, de tout ou presque.

JEUDI 06/08/2015

18h00 – Concert d’ouverture 
Scène des écoliers
NOMAD’LIB
Attention ça va vite !
Violoniste classique passionné par les musiques traditionnelles, Mathieu Névéol s’inspire des musiques du monde et plus particulièrement des mélodies du folklore d’Europe centrale pour écrire ses compositions originales.

19h30 – La grande fanfare des étudiants vous accompagne lors de ce moment d’appéritif ou de repas !

21h00 - GAINSBOURG et le classique
Grande scène
L’Orchestre Symphonique de l’Académie dels Monts invite  CALI !!!

En préambule, l’Orchestre Symphonique de l’Académie dels Monts joue les grandes œuvres qui ont fasciné Gainsbourg et les chansons qui en ont émergé.

Puis l’Orchestre accueille CALI pour un hommage à Mélody Nelson l’album mythique de Serge Gainsbourg !!!
Entouré de plus de 25 musiciens et danseurs, Cali chante et raconte la légende de Mélody Nelson.

Événement que de chorégraphier ce disque concept et transcender l’idée d’un art total souvent approchée par Serge Gainsbourg.

22h15 - RADEAU DE LA MEDUSE Création !!!
Grande scène

4 musiciens, un plasticien, deux vidéastes nous dévoilent leur travail autour du naufrage de la méduse, histoire bien réelle mais devenue légendaire de par sa singularité.

0h00 – Scène ouverte
Scène des écoliers
… aux musiciens improvisateurs du festival pour poursuivre la nuit sous le ciel étoilé de Villelongue !

o TARIFS o

. PASS* 4 JOURS (6-7-8-9 Août)
à 85€/TR**

. PASS* 1 JOURNÉE
à 29€/TR

O Repas géant du Romaguer à 17€
O Soirée du 6 Août 15€ ou 12€/TR
O Concerts à 12€ ou 10€/TR
O Concerts à 9€ ou 7€/TR
O Concerts jeune public à 5€ T.U
O Concert gratuit

* Les cartes PASS donnent accès à tous les concerts ainsi qu’aux repas catalans du soir.
** /TR : Tarif Réduit sur présentation de justicatif pour étudiants, chômeurs et détenteurs de la carte CATACULT.
*** Gratuité pour les enfants de moins de 12 ans, excepté les concerts au tarif unique de 5 euros.

RENSEIGNEMENTS & RÉSERVATION
Par téléphone au 06 64 44 03 20
Par mail:
academie.delsmonts@gmail.com

VENDREDI 07/08/2015

10h30 – Ballade musicale dans le jardin de Josi Ce moment mis en scène par Nicolas Nageotte, entraîne les promeneurs de surprise en surprise.

12h00 – Impromptus 
Scène des écoliers
Les impromptus c’est comme une salade gourmande, on y mélange les saveurs, les surprises, les petites formes musicales et on sert bien frais…

14h00 – Concert de percussions +++
Autour de Marc Dumazert et Vitier Vivas, le désormais incontournable concert des percussionistes du festival nous fait hocher la tête à tout va et assouvi tous les fantasmes rythmiques les plus fous !

16h00 – Ciné-Concert 
CHARLIE CHAPLIN – The Kid
Bruno Maurice, accordéon – Florent Pujuila, clarinette
Les deux musiciens improvisent la bande son de cette merveilleuse ode à l’enfance en utilisant les thèmes composés par Charlie
Chaplin lui-même. Attention frisson !

18H00 – Journal Intime présente « Le bal des Faux Frères »
La fanfare funk, rock, jazz de luxe qui va illuminer plusieurs moments festifs du festival monte sur scène pour un concentré d’energie. Du groove, des riffs, du cuivre, et des impros explosives !
Condition physique au top exigée…

19h15 – Repas géant et concert
Bois du Romaguer
Musique Turque !!! Ensemble dirigé par Nicolas Nageotte

21h00 – Concert au Prieuré du Vilar
François Salque Violoncelle et Aude Giuliano accordéon. Cet étonnant duo rassemble un des violoncelliste les plus reconnus de
la prestigieuse école française et une accordéoniste plusieurs fois championne du monde , si si !
Le répertoire oscille entre classique et musique traditionnelle !

22h00 - DAVID KRAKAUER
Grande scène
La légende mondiale de la clarinette Klezmer nous présente son projet Ancestral grooves. La tradition, l’inventivité et l’improvisation
caractérisent Davik Krakauer qui s’est entouré pour ce concert de musiciens hors norme. Véritable événement que la venue de cet immense artiste en terre catalane.

0h00 – CRÉATION ! 
INVENTION DE MOREL
Dans les sous-bois de Villelongue-Dels-Monts
musique, théâtre et danse.
Le célèbre roman futuriste de Bioy-Casares incarné en pleine forêt par 6 musiciens, 1 danseuses et 1 acteur.
L’univers insulaire, le huis clos, le scénario insaisissable et la musique créée pour l’occasion vous transporte dans vos rêves et obsessions les plus profondes.

0h00 – Scène ouverte 
Scène des écoliers
… aux musiciens improvisateurs du festival pour poursuivre la nuit sous le ciel étoilé de Villelongue .

     SAMEDI 08/08/201510h30 – Concert autour du Puis de Mme Dupuy
1, 2, 3, 4 accordéons ! La fine fleur de l’accordéon français nous conte des histoires extraordinaires soufflées par Lully, Hersan, ..

12h00 – Impromptus 
Scène des écoliers
Les impromptus c’est comme une salade gourmande, on y mélange les saveurs, les surprises, les petites formes musicales et on sert bien frais…14h00 – Concert de Musique de Chambre à l’Eglise / Le Quintette à Vents-Dels-Monts

Des créatures étranges  viendront hanter un concert tout en énergie. Hébrides, Lorelei, elfes + quelques thèmes fantastiques de John Williams…16h00 – Princesses en carton – Jeune public, tout public

Il était une fois une princesse… »Non deux princesses… » « Quoi? » Trois princesses. Une épopée fantaisiste et dansée où trois filles sortent définitivement du cadre pour se révéler héroïnes des temps modernes.

18h00 – Hommage à 

JOHN ZORN
Les improvisateurs du festival se retrouvent sur scène, portés par la rythmique B. Chevillon + J. Tallet pour nous offrir une lecture foisonnante des célèbres thèmes de ZORN.19h15 – Repas géant et concert


Bois du Romaguer
Avec la Fanfare des « Faux Frères » ! Attention Funk/Jazz
21h00 - JOURNAL INTIME -  LIPS ON FIRE !


Grande scène
Hommage à Jimmy Hendrix -
Fred Gastard, saxophone, Sylvain Bardiau, Trompette,
Mathias Mahler, Trombone. 
Le trio de cuivres remuant, omsiprésent sur la scène française du jazz rend un hommage subtil et éclatant au génie de Jimmy Hendrix.22h00 – CIENTO VEINTE Salsa Latin-jazz

La salsa et les compositions de l’ensemble pour laisser les corps s’exprimer. Avec des invités surprise pour faire monter encore l’énergie de cette musique rythmique et festive.0h00 – Concert Effraie la chouette

Dans les sous-bois de Villelongue laissez vous surprendre lors d’une promenade nocturne sonore. A vos lampes de poche !

 

 

DIMANCHE 09/08/2015

11h00 – Débat – Concert – Apéritif
Redéfinition des territoires : pour qui, pourquoi ?
Enjeux pour la culture. Palabre suivie d’un concert tendre sous la tonnelle du bar !


12h00 – Impromptus 

Scène des écoliers
Les impromptus c’est comme une salade gourmande, on y mélange les saveurs, les surprises, les petites formes musicales et on sert bien frais…

14h00 – Concert de Musique de Chambre à l’Eglise
Les contes et légendes au travers des grands compositeurs de Schumann à aujourd’hui.

16h00 – Concert au Prieuré du Vilar
Bruno Maurice accordéon et Jacques Di Donato clarinettes.
Les deux complices naviguent entre pièces écrites (Piazzola, création de Bruno Maurice…)et improvisation au creux des murs de pierre du joyaux des Albères.

18h30 – Cinq phonies qu’on sert tôt !!!

Nouveaux mondes

L’Orchestre Symphonique du Festival  composé de 40 musiciens
vous plonge dans les grands mythes et nouveaux mondes entrevus par Dvorak, D’indy, Jonh Williams, Tosi…

19h30 – Repas géant et concert
Bois du Romaguer
Avec « le bal des Faux Frères »
Attention Funk/Jazz

21h30 - FLUTE A CHANTER – MOZART ET VOUS
Grande scène
Le célèbre opéra « La Flûte enchantée » de Mozart joué par un orchestre, chanté et récité par des somptueuses voix lyriques et vous, oui le public préparé lors d’une ou plusieurs séances chantent les choeurs principaux. Un pour tous, tous artistes !!!

23h00 – Grand Bal du Festival
Bodega dels Monts
Retro//Impro//Disco//Barjot
40 musiciens en piste!
L’esprit du festival « danse »pour clore cette
4ème édition!!!

0h00 – Scène ouverte 
Scène des écoliers
… aux musiciens improvisateurs du festival pour poursuivre la nuit sous le ciel étoilé de Villelongue .

Renseignements pratiques:

o TARIFS o

 

. PASS* 4 JOURS (6-7-8-9 Août)
à 85€/TR**

. PASS* 1 JOURNÉE
à 29€/TR

O Repas géant du Romaguer à 17€
O Soirée du 6 Août 15€ ou 12€/TR
O Concerts à 12€ ou 10€/TR
O Concerts à 9€ ou 7€/TR
O Concerts jeune public à 5€ T.U
O Concert gratuit

* Les cartes PASS donnent accès à tous les concerts ainsi qu’aux repas catalans du soir.
** /TR : Tarif Réduit sur présentation de justicatif pour étudiants, chômeurs et détenteurs de la carte CATACULT.
*** Gratuité pour les enfants de moins de 12 ans, excepté les concerts au tarif unique de 5 euros.

RENSEIGNEMENTS & RÉSERVATION
Par téléphone au 06 64 44 03 20
Par mail:
academie.delsmonts@gmail.com

 



A Saint Génis des Fontaines (Jazz dans les Albères chap I)

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Il y a quelques années maintenant que le jazz a conquis les Albères.

Les Albères ce sont ces Pyrénées qui jaillissent de la Méditerranée, là où elles commencent donc à séparer la péninsule ibérique du continent. On peut dire commencer puisque selon le mythe c’est lorsqu’il était dans la région (vers l’actuel ville d’Elne) qu’Hercule créa d’un cri de douleur les Pyrénées tout entières apprenant la mort de sa bien-aimée, la bergère Pyrène.

Bref, dans ces montagnes, de plusieurs façons « d’un autre temps », le jazz a pris ses quartiers depuis longtemps.

Outre que les paysages sont éblouissants sous le soleil catalan (les Albères qui sont presque en Catalogne espagnole se trouvent donc à portée de vue de Perpignan), le jazz vient éclairer quelques nuits de l’été pour le bonheur de beaucoup.

Dans ce premier chapitre (le second suivra dans un petite semaine) nous communiquons le programme de cette année construit par le trompettiste Alain Brunet.

Ce petit festival se déroule dans un merveilleux cloître dans la petite ville de Saint-Génis-des-Fontaines.

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Mercredi 29 juillet  21h : Duo de guitares  Pedro Soler/Philippe Mouratoglou  pièces d’Albéniz et improvisations     En partenariat avec le festival des Abbayes Languedoc Roussillon

Jeudi 30 juillet 21h : le sextet du clarinettiste espagnol Chema Penalver

Paul Evans, trompette; Jeff Jerolamon, batterie; Paco Soler, trombone; Eo Simón, piano; Julio Fuster, contrebasse; Chema Peñalver, clarinette et direction musicale.

Vendredi 31 juillet 21h : le sextet de la chanteuse Lou Tavano

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Lou Tavano chant, compositions; Alexey Asantcheeff – piano, compositions, arrangements; Arno de Casanove trompette, bugle; Maxime Berton – saxophones, clarinette basse; Alexandre Perrot – contrebasse; Ariel Tessier – batterie

Samedi 1er août 21h : le quintet du trompettiste Ronald Baker (Celebrating Nat King Cole)

Ronald Baker trompette, voix; Jean-Jacques Taïb saxophones; David Salesse contrebasse; Alain Mayeras piano; Philippe Soirat batterie

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renseignements pratiques ici: http://www.saint-genis-des-fontaines.fr/



Dernières nouvelles du jazz

 

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Parmi les disques qui sont publiés chaque mois, inexorablement, comme si ce que l’on appelle « la crise » n’existait pas et celle du CD en particulier écoutons avec attention ce qui se fait sans esbroufe, sans volonté de plaire particulièrement en tout cas par aucun « effet » qui serait comme une réponse aux attentes supposées d’un auditeur que l’on ne nommerait pas « le marché » mais qui pourtant n’aurait d’autre nom.

Ils sont nombreux certes à être ainsi. Mais comme la presse – celle du jazz n’échappant évidemment pas à cela – a elle aussi besoin de séduire, c’est plus souvent sur « ce qui est censé faire vendre » que les « projecteurs » sont braqués que sur les productions de musiciens qui n’ont de cesse d’être eux-mêmes et rien de plus, tentant – et réussissant donc souvent – de nous donner d’heureuses musiques de toutes sortes.

 

Parmi « les dernières nouvelles du jazz » (pour reprendre le titre d’un excellent livre de Jacques Aboucaya paru aux éditions L’âge d’homme » dans une version désormais « augmentée) on ira avec bonheur vers trois enregistrements qui ne feront peut-être pas la « Une » mais qui méritent le détour.

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  • André Jaume n’a rien perdu de sa liberté, ni de sa vitalité. Le saxophoniste, avec SMTGH Close To SMTGH (Label Durance) répond au fameux Something enregistré en 1991. Non pas comme un point final mais aussi bien comme un nouveau parcours, tout aussi imaginatif et créatif. Avec l’excellent guitariste Alain Soler qui se révèle un compagnon essentiel pour André Jaume et aussi Pierre Fénichel à la contrebasse et Anthony Soler à la batterie. André Jaume a toujours parcouru des chemins étranges et c’est ainsi qu’on l’aime, inventif, courageux, explorateur infini…

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  • Jean-Paul Daroux lui, est un pianiste qui vient du rock et de quelques autres musiques avant de s’être consacré pleinement au jazz. Il a été l’élève de Michel Sardaby. Il a travaillé avec Franck Avitabile et Bojan Z. Pour Déambulations (ACM jazz label), il a réuni ses camarades Benjamin Moine à la contrebass et et Gilles Le Rest à la batterie. Mais c’est le saxophone de Samy Thiébault qui donne aux compositions de Jean-Paul Daroux toutes leurs couleurs, elles qui portent des titres prêtant à toutes les fantaisies comme « Vent d’est dans les vignes » ou « La véritable histoire d’Ernesto Guevara ». C’est ainsi que son piano résonne pleinement et nous entraîne dans de séduisants paysages.

 

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  • Jean-Loup Longnon mêle dans Just In Time (distribution UVM) ses compositions et huit standards. Il nous annonce son quintet mais l’homme est amoureux des grandes formations et ils et elles sont nombreuses à le rejoindre. On s’amusera à les dénombrer y compris celles et ceux qui se dissimulent plus ou moins sous des anagrammes.  Longnon est en verve assurément. Les « ombres » de ses maîtres de toujours, Dizzy ou Clark Terry pour ne citez que ceux-là, ne sont pas loin. Il sait avec un immense brio,  et avec ses compagnes et compagnons, leur donner de nouvelles clartés, toutes réjouissantes. Il y a chez Jean-Loup Longnon une force, une puissance, une énergie à nulle autre pareille. Il entraîne son « band » (on pourrait dire « sa bande », ce serait sans doute mieux, plus « français » et finalement beaucoup plus approprié) avec lui. Comment pourrions-nous résister?


Alex Terrier et Kenny Barron: la musique de l’enchantement

 

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Il est des musiques qui vous emportent parce qu’elles vous bouleversent. Parce qu’elles vous chamboulent. Parce qu’elles changent la perception ou la vision que vous avez du monde, à moins que ce soit de vous-même.

 

Il en est d’autres qui vous enchantent, parce qu’elles s’adressent à ce qu’il y a de plus intime, de plus caché, de plus secret mais aussi de plus intense, de plus vivant en vous. La musique du saxophoniste Alex Terrier est de celles-ci. Elle est une sorte de langage qui serait le vôtre avant même d’être, avant qu’il soit en quelque sorte « prononcé », comme si le musicien et ses trois compagnons savaient non seulement vous parler, mais plus encore, mieux sans doute, parler comme vous auriez aimé parler. Non pas si vous aviez été musicien, mais tout simplement parler, parce qu’ils trouvent les mots, par l’entremise de leur musique bien sûr, pour dire ou en tout cas pour exprimer, ce que vous ressentez : ce que chacun ressent et qui est unique et qui pourtant est partagé par tout. Par presque tous.

Alex Terrier, Peter Slovov, Rodrigo Recabarren, Kenny Barron

Alex Terrier, Peter Slovov, Rodrigo Recabarren, Kenny Barron

 

Une technique sans faille, une faculté remarquable à articuler toujours avec beauté un « discours », un propos, à survoler son propre univers par des mélodies singulièrement choisies (cinq sont signées Alex Terrier : plages 2, 3, 4, 6, 7) qui sont empruntées à Sonny Rollins, Charles Mingus, Wayne Shorter ou encore Roberto Fonseca mais aussi à l’invité de marque de ce disque, le magnifique Kenny Barron, c’est ainsi qu’est le monde d’Alex Terrier, accompagné aussi par Peter Slavov (b) et Rodrigo Recabarren (dm sur les plages 3, 8, 9, 11 et 12) ou Tommy Campell (dm sur 1, 4 et 6).

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Né à Paris en 1980, Alex Terrier est passé par l’inévitable Berklee College of Music de Boston avant de s’installer à New York City. Pourquoi donc à ce jour ne trouve-t-on guère de référence le concernant dans les gazettes du jazz de ce côté-ci de l’océan ?

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PS: ce troisième album d’Alex Terrier en tant que leader est publié sur le label Barking Cat Records.



Ainara: la vie est plus belle

 

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Il y a des musiques qui vous enchantent, d’autres qui vous étourdissent. Il y a celles qui sont insupportables, idiotes, marketisées à outrance (pardon pour le pléonasme), agaçantes. Il y a aussi celles qui vous surprennent, celles qui vous dérangent mais qui vous attirent, et finalement vous emportent.

Voici l’une de ces musiques étranges, étrange cette fois parce que toujours inattendue, souvent provocatrice (une façon de vous appeler à elle en vous retournant le cœur, les tripes, le corps tout entier et pendant qu’elle y est ce qui vous reste d’âme), débordant d’imagination et d’audace.

Ainara c’est le titre du nouveau disque du Trio d’en bas (après « Le trio d’en bas enlève le haut ») auquel s’est joint un autre trio le trio Kej. Ce qui fait, si l’on compte bien (mais tout le monde, même parmi les musiciens, ne sait pas compter), six oiseaux (Ainara signifie « hirondelle » en Basque – et tout le monde ne parle pas le Basque que je sache) pour deux trios.

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Ce n’est sans doute pas deux fois plus de folie (parce que la folie ne se multiplie ni ne se démultiplie) mais c’est comme une expérience osée, parfois drôle, souvent délirante, toujours joyeuse, toujours enthousiasmante. Il y a ici – toute proportion gardée, le temps ayant fait son œuvre – quelque chose d’Ellington, de Mingus, de l’Art Ensemble of Chicago et du Willem Breuker Kollectif dans ses meilleurs moments. On pourrait trouver bien d’autres références : elles seraient au moins aussi prestigieuses. Néanmoins, en les accumulant on ne parviendrait pas pour autant à donner par les mots une idée juste du vent qui souffle dans cet enregistrement. Chagrin, je dirais peut-être qu’une ou deux pièces n’égalent pas tout à fait les autres. Mais comme celles-ci sont tellement emballantes ce sont elles que l’on retient. Parce qu’elles vous saisissent et qu’elles vous renvoient à vous-même, à tout ce que vous aimez, non seulement sur le plan musical mais probablement dans la vie tout entière.

Et l’on se dit, en écoutant Ainara, qu’elle serait encore plus belle la vie, si chaque jour était le fait de ces six musiciens.

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Avec Samuel Bourille (saxophone soprano, piano)(TDB), Philippe Gloaguen (guitare)(KEJ), Arnaud Rouanet (saxophone ténor, clarinettes)(TDB), Yoann Scheidt (batterie, euphonium)(TDB), Pierrick Tardivel (contrebasse)(KEJ), Jean-Luc Thomas (flûtes traversières)(KEJ)

 

Références : http://compagnie3db.com

 



Le voyageur

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Bertrand Renaudin est un musicien voyageur. Il écrit des livres, il est aussi un peintre très remarquable jouant des noirs et des blancs, offrant des lumières fascinantes à qui désire être ébloui.

Bertrand Renaudin est un batteur singulier – sa manière si harmonique est là pour le prouver – et c’est, sans doute avant tout, un musicien voyageur.

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Il n’avait pas fallu « L’arbre voyage » publié en 2000 et réédité aujourd’hui (OP Music) pour comprendre que Bertrand Renaudin est un musicien errant, pour lequel, non pas tous les chemins sont bons, mais pour qui sans doute ceux qui mènent ici ou là par des voies inattendues, ceux-ci sont les plus beaux.

Et ce sont eux qu’il n’a de cesse de nous offrir avec une sorte de générosité qui est l’une de ses marques, l’une de ses spécificités. Aujourd’hui il nous propose aussi de retrouver un voyage inattendu, celui qu’il a fait avec le guitariste Olivier Cahours sous le titre de « Douö » (OP Music).

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Si l’on veut, si l’on aime découvrir ou redécouvrir des contrées nouvelles, des mondes clairs ou obscurs, parfois les deux ou même entre les deux, ces enregistrements, comme tous ceux de ce musicien aussi rare que familier, aussi proche qu’il nous emporte au plus loin de nous-mêmes, sont des chemins de traverse qu’il est heureux d’emprunter. La première fois comme aujourd’hui encore, comme demain.



Le sorcier « souffleur »: « Bu, Bud, Bird, Mingus, Martial et autres fauteurs de trouble », un livre d’Alain Gerber

Le sorcier

 

Certains disent qu’il est un magicien de l’écriture, une sorte d’écrivain comme on n’en fait si peu. D’autres pensent que c’est un musicien et que son instrument ce sont des mots, des syllabes ou davantage des images qui auraient pris la forme de phrases et de paragraphes, chacune ayant sa mélodie, son harmonie et son rythme.

Tout ceci est vrai, à n’en pas douter. Mais peut-être est-il aussi quelque chose d’autre, quelque chose de plus. A lire « Bu, Bud, Bird, Mingus, Martial et autres fauteurs de trouble » qu’il vient de publier aux éditions Alter Ego, Alain Gerber apparaît plus que jamais comme un « souffleur ».

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Serait-ce qu’il nous soufflerait à l’oreille des mots qui ne seraient qu’à lui, dont il nous ferait les destinataires électifs ? Sans aucun doute. Mais un authentique « souffleur » est beaucoup plus que cela. C’est quelqu’un de rare, l’un de ceux qui ont du ciel le don de vous donner à vous, à chaque instant lorsqu’il vous parle, le souffle qui pourrait vous manquer. Ou bien encore mieux, un nouveau souffle, un nouvel élan. Un « souffleur » digne de ce nom est quelqu’un qui vous enflamme, qui vous donne quelque chose comme sa propre vitalité, qui vous offre un peu plus de vie.

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A lire « Bu, Bud etc… », on sait qu’un de ces êtres étranges, de ceux que l’on ne découvre pas au coin de quelque rue du village littéraire, musical, artistique de toute sorte, un de ceux qui, tout en tombant du ciel et d’un ailleurs que l’on ne soupçonnait pas, vous offre tout d’eux-mêmes, étant ainsi plus familiers pour vous que vos meilleurs amis, on sait qu’Alain Gerber est l’un d’entre eux et que la chance, votre chance d’être son lecteur, est bel et bien avec vous.

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A rêver avec ces chroniques, ces portraits, ces poèmes en prose ou presque en rimes, on est plus riche à chaque phrase, non parce qu’on aurait pu en faire notre « profit », mais parce qu’on est plus heureux, emporté par une énergie qui nous fait faire quelques pas de plus,. Quelques-uns de ces pas qui, tout en nous laissant souvent immobiles, nous font voir des paysages inouïs, que nous découvrons soudain, les yeux, le cœur et l’âme aussi, tous, grands ouverts. Il nous semble alors avoir fait de merveilleux voyages dans des contrées jusqu’ici insoupçonnées.

 

Jean-Jacques Pussiau avec Dave Liebman

Jean-Jacques Pussiau avec Dave Liebman

Alain Gerber est un bien l’un de ces « sorciers souffleurs », lui aussi « fauteur de trouble », lui aussi engendrant en nous dans tous ses textes des étincelles, de ces lumières qui font vivre et aimer, sans lesquelles il n’y aurait pas de désir, pas d’amour non plus. Car c’est ainsi que nous aimons la musique, les musiciens et aussi la vie tout entière. Mais Alain Gerber est un « souffleur » bien différent de tous les autres. Parce que dans chaque regard qu’il porte ici sur les musiciens, parfois même sur une couleur (le « bleu », évidemment), un producteur (Jean-Jacques Pussiau), les amateurs de musique, les instruments, il est à l’évidence plus que d’autres un « souffleur » d’âmes et de corps enfiévrés, de passions, de douceurs, de peurs, d’effrois, de tempêtes et de cieux aussi clairs et paisibles que le sourire d’un enfant. Cela dépend de son humeur à lui. Et un peu de la nôtre aussi. Voici un « souffleur » dont on perçoit à peine qu’il nous dit quelque chose au creux de l’oreille, dont on entend pourtant la musique à chaque battement du cœur, le sien et le nôtre qui, tous les deux ensemble, vont de pair et ne se quittent plus. C’est un ami qui, dans son souffle et dans chacune de ses respirations, donne tout, tout de sa vie, de ses sentiments, de sa passion, que ce soit le jour éclatant de soleil ou bien que ce soit la nuit la  plus profonde, peu lui importe. Ce qui compte pour lui et alors ce qui devient vital pour nous, c’est que nous sommes emportés, transformés, métamorphosés et qu’au bout du compte, au bout de ce voyage pourtant sans fin, nous sommes encore davantage nous-mêmes. Et que donc cela ne s’arrête pas. Que cela ne peut s’arrêter. Jamais.

 

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Claire Michael, l’instant du bonheur

 

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Elle aurait pu, elle aurait pu ?… Mais qu’aurait-elle donc pu faire ?

Sans doute, s’est-elle posée la question si souvent.

Sans doute a-t-elle trouvé maintes fois la réponse.

A chaque fois pourtant, elle a hésité.

Et puis, peut-être a-t-elle oublié, oublié ce qui jusque-là paraissait primordial. Et qui finalement n’était pas l’essentiel.

Puis un jour elle s’est abandonnée. C’est ainsi qu’elle n’a pas abandonné. C’est ainsi qu’elle a retrouvé ce qui depuis toujours animait sa musique. C’est ainsi qu’elle s’est retrouvée elle-même, plus elle-même que jamais.

 

Maintenant c’est un peu comme si elle s’était entièrement dévoilée, sans retenue. Sans autre retenue que celle qu’il faut pour faire un don, pour être soi-même l’offrande, la retenue qui n’est autre que celle du respect de soi et ainsi de ceux envers qui vous vous mettez comme à nu.

Maintenant on peut l’imaginer heureuse, heureuse de ce bonheur lorsqu’il s’accomplit. A l’instant choisi d’un travail parfois difficile sans doute, après des épreuves dont certaines ont pu sembler épuisantes, après des chemins de traverse utiles, indispensables même, là-même pourtant où ils ont semblé ne mener qu’à des errances fatales. Fatales, non parce qu’il y aurait eu un mur au bout de la route mais parce que la route aurait sans fin poursuivi un parcours dépourvu de tout, comme un désert fascinant mais répétant sans cesse le même paysage.

…/…

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Maintenant, avec Trane Steps, on peut penser que la saxophoniste Claire Michael est en accord avec elle-même. C’est, tout au long de cet enregistrement, ce que l’on entend. Car ce que l’on entend, précisément, c’est la musicienne : ce qu’elle ressent, ce qu’elle vit, ce qu’elle éprouve de la vie.

 

Plutôt que de proposer un quelconque « Tribute To John Coltrane », hommage qui aurait pu être totalement réussi (imaginons qu’il en aurait été ainsi, ce n’est sans doute pas trop difficile, pas si difficile à concevoir), avec des thèmes comme « Giant Steps » ou « Naima » encore plus qu’avec ses propres compositions – et ici se situe un autre tour de force – Claire Michael nous fait vivre sa musique. Pas seulement celle de Coltrane, mais sans doute comme il l’aurait lui-même aimé, sa musique à elle. Claire Michael peut ne pas jouer « si loin » de ce que jouait Coltrane c’est pourtant elle-même que l’on entend, ses propres sentiments, ses émotions à elle, qu’elle joue et qu’ainsi elle offre.

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Aimera-t-on toutes les pièces de Trane Steps ? Ce n’est pas certain. Il faudrait cependant être sourd pour ne pas se laisser emporter par la voix de la saxophoniste lorsqu’elle abandonne son instrument pour chanter en choisissant ainsi une autre manière d’être elle-même. Peut-être d’autres plages sembleront un peu plus convenues, moins intenses. Si c’est le cas, qu’importe ! Il y a ici assez de vitalité dans la musique pour que l’on ait acquis une part de bonheur.

 

* Trane Steps est un enregistrement Blue Touch (distribution Rue Stendhal) avec Claire Michael, Michel Vallet (piano, claviers), Patrick Chartol (basse) et Thierry Le Gall (batterie)



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