Festivals et musiques en temps de pandémie

Pour ouvrir cette chronique, toujours en temps de pandémie, il faut se précipiter sur les bonnes nouvelles.
Des « bonnes nouvelles » nous en avons souvent avec les enregistrements que nous choisissons de partager ici.

Afin de ne pas nous disperser nous avons été jusqu’alors peu diserts concernant les festivals pourtant habituellement (lorsque la Covid-19 n’est pas présente) nombreux.
Mais aujourd’hui nous sommes en quelque sorte rattrapés par l’enthousiasme d’une équipe d’organisateurs qui lance son premier festival de jazz ! Qui plus est, à coup sûr, à un moment où nous ne serons pas encore sortis d’affaire sur le plan sanitaire : au début du mois d’avril qui arrive.

Cela se passera à Noyon, charmante cité du département de l’Oise, d’environ 15 000 habitants, au nord de Compiègne et Soissons, pas très loin d’Amiens, Saint-Quentin et Laon. (Comme nous avons des lecteurs, que je salue au passage, qui habitent non seulement « aux quatre coins de l’hexagone » ! mais même au sud soit à 1000 km de Noyon au moins, il vaut mieux préciser.

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Il vaut mieux aussi rappeler que le département de l’Oise est actuellement « confiné » (à moins que Gabriel Attal, porte-parole du gouvernement ne nous dise autrement ce que personne ne veut dire. A moins aussi que le ministère de l’Intérieur n’édite une nouvelle attestation permettant de se rendre à Jazz à Noyon ou même qu’il s’agisse désormais d’un motif impérieux, sinon même impératif ce qui serait mieux pour tout le monde.)
En tout cas, et de façon très sérieuse, joyeuse cependant, ce qui n’est pas toujours contradictoire, il faut saluer cette initiative.
« Jazz in Noyon » se déroulera sur deux week-ends (les 9-10 et 11 avril et les 16-17 et 18 du même mois). Il y aura cinquante-neuf artistes (parmi lesquels Jacky Terrassson, Leïla Martial, et quels noms très connus et tout aussi talentueux) plein de concerts donc, des jam-sessions, des master-class, des apéros. Bref, une fête ! Tout ça, au cas où cela serait nécessaire, sera sur le net (et sans doute quelques soient les circonstances.)
On saura tout en allant ici : https://jazzinnoyon.fr/programmation-globale/

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Si l’on est un peu plus patient (ça se passera du 9 au 12 juin), si l’on est un peu plus sudiste que nordiste on pourra se réjouir de la programmation du vingtième anniversaire du festival « Jazz en Pic Saint-Loup (cette fois, je précise aussi pour nos honorables lecteurs qui n’auraient pas gravi encore ce sommet qui culmine fièrement à 658m d’altitude et qui domine la campagne autour de Montpellier (pour les habitants de Noyon, précisons que Montpellier se situe dans le département de l’Hérault à quelques kilomètres à peine de la Méditerranée qui, si elle est bonne fille, peut être déjà accueillante aux baigneuses et baigneurs en ces jours du mois de juin – ainsi on pourrait le même jour se baigner dans les flots bleus, se laisser envoûter par Richard Galliano, Paolo Fresu, Vincent Peiriani, Jan Lundgren, Michel Marre ou encore Emile Parisien, puis retourner à minuit (ou plus tard) retrouver les eaux douces de mare nostrum.

On saura tout en allant cette fois ici : https://www.jazzajunas.fr/festival-jazz-en-pic-saint-loup/

 

Et maintenant treize enregistrements à découvrir. Et qu’on ne dise pas que ce chiffre ne porte pas bonheur : allez jusqu’au bout de cette chronique…personne ne sera déçu ! Au moins par la musique.

Pour ce qu’il en est des « papiers », c’est bien sûr une autre histoire.

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Edward Perraud : « Hors Temps »

C’est avec Arnault Cuisinier (b) et Bruno Angelini (p) mais aussi avec Erik Truffaz (tp) pour deux thèmes que le compositeur et batteur Edward Perraud signe « Hors Temps » (Label Bleu/L’autre distribution).

Edward Perraud est avant tout un chercheur, un inventeur, un musicien imaginaire, ou plutôt de l’imaginaire. Sans doute est-il même un musicien-penseur, ce qui n’est pas si rare si l’on s’en tient toutefois aux plus immenses d’entre-eux, à quelque moment de l’histoire de la musique on puisse se référer.
« Hors Temps » nous emporte dès les premières mesures « hors sol », « hors piste », « hors la loi », comme il le dit lui-même, puisque ce sont-là des titres qu’il a retenu aux côtés de « Chien lune » ou de « Firmament ».

Edward Perraud a ce pouvoir de nous faire nous dépasser nous-mêmes, à nous extraire du monde qui est le nôtre, du monde qui est là devant nous, où nous nous trouvons et qui nous désespère en ce sens que nous en sommes coupés, tout en en faisant partie. Comme s’il s’agissait d’un monde perdu. Et alors que, ni l’espace qui nous entoure, ni la temporalité qui s’écoule ne peuvent nous parler totalement. C’est seulement sans doute l’instant qui pourrait le faire, parce que personne ne peut en savoir la durée si infime soit-elle, puisqu’il est une éternité qui ne se mesure pas davantage et que tous deux ont ce pouvoir de nous ramener à nous-mêmes.

C’est ce que fait, ou ce que semble dire cette musique. Souvent. Peut-être pas aussi bien à chaque fois. Comment pourrait-il en être autrement ? Nous sommes nécessairement, fatalement si l’on peut dire, sensibles à ceci plutôt qu’à cela. Et puis le temps qui s’écoule aussi, dont nous portons le rythme en nous, ce temps change et nous avec lui. Mais Edward Perraud est un musicien hors normes, cela est certain. Il est l’un de ceux qui ne se laissent pas prendre aux modes, mais de ceux qui construisent leur musique comme une pensée. A l’inverse ou à rebours de tout intellectualisme. En faisant en sorte que la vie, soudain, vibre comme le rythme et la musique tout entière.

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Shijin : « Theory Of Everything »

Le quartet Shijin revient avec un deuxième album après un premier opus en 2018. Il est composé autour du bassiste Laurent David, de Malcom Braff (p, Rodhes, CP70), Stéphane Galland (dm) et Stéphane Guillaume (sax, fl) et se présente comme « quartet européen ». Mais peut-être est-il bien plus que cela.

Sans doute cette musique est-elle le fruit d’un travail préparatoire considérable mais voici qu’elle se présente à nous comme si elle était spontanée et même à l’image d’une certaine familiarité. Ce qui, pour quelque chose dont on a du mal à dire à quoi cela pourrait bien ressembler, est un comble.

Les couleurs sont infinies, non seulement dans leur palette, mais aussi dans ce que l’on pourrait appeler leur durée, se superposant les unes aux autres, s’entremêlant, se révélant au même moment.
Souvent « Shijin » nous comble avec sa « Theory Of Everything » (Bandcamp/Socadisc distribution).

 

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Stéphanie Lemoine : « Love Leaves Traces »

C’est avec une sorte d’audace, d’énergie, d’enthousiasme que se livre la chanteuse Stéphanie Lemoine dans ce « Love Leaves Traces » (Mix Up Jazz/Inouïe Distribution). Chanteuse mais aussi compositrice et auteure de neuf des treize plages de son deuxième enregistrement (après « Sweet Talk » en 2013.)

Certes, Stéphanie Lemoine passe parfois d’un style ou plutôt d’une registre ou d’un genre à l’autre. Mais c’est toujours comme par magie : on retrouve ici et là, à tout instant, le même monde. Celui précisément qu’elle nous dit par cette force que l’on ressent dès les premières notes et qui emporte tout. Alors, au fil de ce courant, souvent rapide, presque comme un torrent toujours transparent on prend appui avec autant d’aisance et de bonheur sur quelques standards (« Body And Soul » ou « My Romance » par exemple) ou bien alors dans l’un des thèmes quelle signe elle-même comme « Morning », « Sunset Town » ou encore le titre éponyme.)

Il y a beaucoup de musiciens autour de la chanteuse. Et même un quatuor à cordes. Cet ensemble convient bien à la dynamique évoquée ici. Mais comme il serait intéressant d’entendre Stéphanie Lemoine en quartet ou même dialoguant avec un piano. Souhaitons surtout que nous n’attendions pas aussi longtemps que les sept ou huit ans qui nous ont séparé de « Sweet Talk », son précédent opus.

 

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Ismaïl Sentissi trio : « Genoma »

C’est une fort belle découverte que cette musique du pianiste et compositeur Ismaïl Sentissi qu’il offre avec une sorte de générosité, d’abandon presque, du sens du bonheur qui ne peut que se partager. « Genoma » (Jazz Family/Socadisc) réunit autour du pianiste deux musiciens de grand talent : Maurizio Congru à la contrebasse et le très élégant Cédric Bec à la batterie. Les plus exigeants des auditeurs et amoureux de l’art du trio (auquel les « Notes de jazz » vouent une passion) peuvent être assurés qu’ils ne seront pas déçus par l’harmonie qui règne entre les trois comparses, par leur manière de jouer, leur façon aussi parfois de faire comme s’ils y avait entre eux une sorte d’émulation. Mais ils n’ont pas à se chercher (quel que soit le sens que l’on pourrait attribuer à cette formule) car leur unité est sans doute l’une de leurs forces les plus sûres.
L’autre point d’équilibre du trio c’est sans doute l’art du pianiste et en particulier ses compositions dont on ne peut dire à quoi elles ressemblent vraiment, sauf qu’elles parlent, qu’elles nous disent mille choses, qu’elles murmurent parfois, qu’elles pourraient aussi nous entraîner dans une danse. Ismaïl Sentissi nous dit ici que le monde qui nous entoure, que nous parcourons, si l’on y prend garde est de la même nature que celui qui vit au fond de nous et qui n’est rien d’autre que nous. Il y a dans cette musique une recherche poétique qui en fait un moment rare. A partager sans doute.

 

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Tristan Melia : « Mistake Romance »

Voici un bel exercice que celui du piano solo de Tristan Melia. Mais bien mieux qu’un exercice, c’est une réussite car c’est tout simplement plus qu’un ouvrage, c’est d’une œuvre tout entière qu’il s’agit.

Et ce n’est pas parce qu’il va à la rencontre de quelques standards (« Soul Eyes » de Mal Waldron, « Someday My Prince Will Come » de F. Churchill ou encore le magique « The Nearness Of You » de Carmichael) qu’il n’est pas un compositeur remarquable. Bien au contraire, ce grand instrumentiste qu’est Tristan Melia est aussi un « écrivain » au point que l’on aimerait bien que quelques-uns de ses titres deviennent eux aussi des références (« Only My Heart », « Enfance »…)
Tristan Melia n’a pas trente ans et si sa reconnaissance publique n’est peut-être pas encore à la hauteur de son talent souhaitons lui là aussi le meilleur.
Avec ce très limpide, très lumineux « Mistake Romance » (Jazz Family/Socadisc) il nous offre la plus touchante et heureuse des musiques.

 

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Laura Prince : « Peace Of Mine »

Peut-on douter que Laura Prince ne trouve pas sa place dans l’univers qui est le sien, celui d’une musique qui se donne à chaque instant ? « Peace Of Mine » est son premier enregistrement (CQFD/L’autre distribution) réalisé avec enthousiasme, un enthousiasme communicatif. Mais aussi avec une grande sensibilité dont toute la musique originale est parcourue incessamment. Il faut dire que Laura Prince s’est fort pertinemment entourée de Grégory Privat et de David Sonder pour les musiques, arrangements et paroles.
On notera comme chez Stéphanie Lemoine la présence d’un quatuor à cordes, outre le piano de Grégory Privat déjà nommé, de la contrebasse de Zacharie Abraham, de la batterie de Tito Bertholo et des percussions de Inor Sotolongo.

 

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Matthieu Chazarenc : « Canto II »

On trouve dans ce premier enregistrement sous son nom du batteur Matthieu Chazarenc tant d’échos qui sont proches du jazz ou du moins de tout ce qu’il peut être dans son parcours sans fins et presque sans obstacles qu’il est difficile de ne pas lui faire écho. Tout d’abord « Canto II » (Cristal Records) est l’oeuvre de ce que l’on pourrait appeler une formation de jazz : Sylvain Gontard au bugle, Christophe Wallemme à la contrebasse et Laurent Derache à l’accordéon. Sans oublier l’excellent Sylvain Luc à la guitare.

Il y a dans cette musique composée pour l’essentiel par Matthieu Chazarenc un lyrisme constant, de très belles couleurs, que ce soit celles de l’accordéon, du bugle ou de la guitare. Et cela est un grand plaisir, la rythmique étant elle aussi d’une belle subtilité.
On devra cependant avouer que « Garona », la dernière pièce de cet enregistrement n’a rien à voir avec le jazz et qu’elle plaira davantage à nos amis toulousains, occitans qu’aux inconditionnels du Texas.

 

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Fred Escoffier & Palm Unit : « Figures »

Voici un autre enregistrement dont on pourrait parfois se demander ce qu’il vient faire ici. Mais ce ne serait somme toute qu’une bonne question. Qui remettrait peut-être en cause ce qu’est le jazz. Puisqu’il n’est pas un genre musical mais qu’il n’est pas non plus absolument « passe-partout ». Toutefois, il ne faut pas regretter, quand on aime le « jazz », de laisser ses oreilles ou plutôt ses neurones explorer des territoires étrangers. Si quelques-uns , un jour, ne l’avaient pas fait, le jazz n’existerait pas. Et puis, quand dans un enregistrement il y a le saxophoniste Lionel Martin on sait que l’on peut s’attendre à tout. C’est-à-dire surtout au meilleur. Et, comme il y a aussi Philippe Pipon Garcia à la batterie et Jean Joly à la contrebasse pour accompagner le piano et la voix de Fred Escoffier, eh bien il est comme normal que l’on découvre un monde étrange, suffisamment inexploré jusqu’alors pour ressentir de nouvelles et enthousiasmantes émotions.

Il paraît que « Figures » (Cristal Records/Inouïe Distribution/Believe) s’inspire du rock, d’Elvis lui-même et du maître David Bowie en personne. Et alors ? C’est ainsi que la musique est heureuse quand elle naît sur des terres fertiles et que des musiciens qui ont, si j’ose dire, l’esprit d’entreprise (pardon ! « L’esprit entreprenant », c’est mieux ainsi!) s’en emparent.

 

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Avishai Cohen : « Two Roses »

Dans son dernier enregistrement le contrebassiste Avishai Cohen et ses ami Elchin Shirinov (p) et Mark Giuliana (dm) nous envoient à leur manière, souvent magistrale, le plus souvent, loin du jazz. Dans la plupart des thèmes de « Two Roses  » (Naïve/Believe) on se sentira plus près d’une musique « classique » en sachant que le Gotheburg Symphony Orchestra dirigé par Alexander Hanson est ici très présent. Mais c’est aussi pour d’autres raisons sans doute.
Si Avishai Cohen présente « Two Roses » comme « le projet d’une vie » on entend bien qu’il mêle ici tout ce qui fait son univers et que celui-ci est multiple. Musicalement s’entend. La Méditerranée est elle aussi très présente et si le jazz l’est aussi (mais finalement peut-être moins, même si ceux qui l’aiment avant tout reconnaîtront des thèmes comme « Nature Boy » popularisé initialement par Nat King Cole ou  » A Child Is Born » de Thad Jones) l’orchestration dissipe un peu toutes les composantes de l’âme du contrebassiste dans une sorte de synthèse que quelques grands jazzmen du passé ayant tenté l’aventure « symphonique » n’avaient pas su éviter davantage (pas plus Bill Evans que Wes Montgomery…et pourtant.) Il sera donc beaucoup pardonné. Car « magistrale » toutefois est cette tentative. Avec le risque que l’on courre toujours dans de telles situations.

 

Marco Vezzoso & Alessandro Colina : « Italian Spirit »

Cet enregistrement a plusieurs mérites. Mais tout d’abord il faut souligner le travail du label Art In Live qui s’est lancé dans des conditions difficiles et qui semble se trouver sur une heureuse trajectoire au moment où cependant les concerts et festivals sont devenus les oubliés de notre monde. (voir plus haut la contradiction la plus radicale – encore que ! – à ce propos.)
La réussite d’un beau disque comme celui-ci c’est d’abord bien sûr la musique elle-même et donc les musiciens mais ce n’est pas une révélation si l’on y ajoute tout le travail éditorial, toue la technicité, le métier pourrait-on dire, la capacité créative aussi de tout un univers professionnel.
Quant au trompettiste Marco Vezzoso et au pianiste Alessandro Colina ils nous livrent ici des versions très personnelles de musiques italiennes populaires, des chansons, disons-le tout net, que certaines nous connaissons, d’autres sans doute moins. Dire que tout cela est spécifiquement jazz, ce serait mentir. Mais la liberté, l’imagination, l’audace parfois, avec lesquelles ces deux musiciens se sont lancés pour explorer et surtout pour nous offrir cet « Italian Spirit » (Art In Live/Inouïe distribution) vaut mieux de notre part qu’un simple détour, un long moment d’attention. Et accordons une mention spéciale à la chanteuse Marie Foessel ainsi qu’au chanteur Andrea Balducci.

 

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Hubert Dupont : « Trio Kosmos »

C’est une « riche idée » que ces trois-là se soient réunis pour ce disque hors les chemins balisés sous le seul titre de « Trio Kosmos » (Ultrabolic/Musea). Ils sont faits pour s’entendre et donc pour être écoutés et entendus, compris, devrais-je dire.
Le bassiste Hubert Dupont, le trompettiste Antoine Berjeaut et le batteur et percussionniste Steve Argüelles ont certainement des conceptions très proches de la musique qu’ils veulent inventer, jouer et délivrer.

C’est dire qu’il y a dans ce « Kosmos » des mondes nouveaux, souvent fascinants, toujours remplis de merveilles, d’audaces. Mais sans provocations, sans pour autant que beaucoup de bruit soit nécessaire (ce qui est parfois pour rien). On voyage ici d’univers en univers avec bonheur et jamais on ne se lasserait un seul instant.

 

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Julien Brunetaud trio : « Feels Like Home »

Voici un retour à un jazz, disons-le sottement, « plus jazz » sans doute. Certainement plus traditionnel que la plupart des découvertes de cette chronique. Qu’y a-t-il donc alors qui fasse que tout d’un coup on se dise aussi que cette musique nous fait du bien ?
Très certainement le groove, les échos du blues que le pianiste Julien Brunetaud connaît fort bien, le swing, mêlés ensemble par une place vivante et vivifiante laissée à l’improvisation. Le tout empreint de belles sonorités, d’un enthousiasme que l’on entend et qui, du coup, comme il faut dire aujourd’hui, arrive jusqu’à nous.
Il y a trois ans après multiples périples entre la France et les États-Unis, l’Agenais Brunetaud est arrivé à Marseille. C’est là qu’il a fondé son trio avec le bassiste Sam Favreau et le batteur Cedric Bec.
Après avoir côtoyé BB King, Chuck Berry, Pinetop Perkins, joué au Chicago Blues Festival, avoir exploré cette musique avec succès (en 2007 il est « musicien de l’année » pour le Hot-Club de France après avoir été « meilleur pianiste blues européen » en 2005) il joue à New York avec George Cables, Aaron Goldberg et Junior Mance.
Et puis, voici la dernière étape de Julien Brunetaud. Il l’a façonnée de bout en bout. Il ne chante plus comme il le faisait sur tous ses enregistrements antérieurs. Mais il nous enchante. « Fells Like Home » (Fresh Sound Records/Socadisc) son cinquième disque peut revigorer tous celles et tous ceux qui par ses temps printaniers en auraient besoin. Allez savoir pourquoi ?

 

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Thierry Peala & Verioca Lherm : « A Tania Maria Journey »

Une autre source d’énergie – inépuisable – on la trouve ici dans ce voyage avec la musique de Tania Maria. Ce sont deux admirateurs de toujours de la grande pianiste et chanteuse brésilienne, Thierry Peala (voix, percussion vocale, « one finger piano » + « whistle) et Verioca Lherm (guitare, voix, percussions vocales, pandeiro, apito) qui, associés au percussionniste Edmundo Carneiro, qui nous entraînent dans un univers de musique tropicale si l’on pouvait le dire ainsi « envahissant » – ôtant à ce terme absolument toute connotation négative ou péjorative. Et même, bien au contraire ! C’est justement cette espèce de bonheur profond qui nous font vibrer avec délice dans un univers profondément chaleureux – et il ne s’agit pas que de la chaleur de l’air ambiant propre aux joyeux tropiques – mais bien plus de celle du partage, de l’union, de la communion vivifiante qui anime chacune et chacun d’entre-nous.

« A Tania Maria Journey » (Edyson Production/Inouïe distribution) devrait nous accompagner tous les jours, nous tous : le monde s’en porterait mieux…peut-être…mais nous, en tout cas, assurément !

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