les notes de l’été

les notes de l'été 512031-300x187

Au moment où la météo se met au beau et à la chaleur (sans parler du réchauffement décrit par les experts du GIEC et qui nous inquiètent tant) il est – comment dire ? – de bon ton que la musique « s’y mette aussi » !

Voici sans doute pourquoi les premiers enregistrements  évoqués aujourd’hui ont une source tropicale et donc exotique, vus de l’hexagone en tout cas.

Les rythmes et les couleurs venues du Capricorne ou du Cancer ont fait depuis longtemps bon ménage avec le jazz. Ils l’ont souvent nourri, lui qui ne sait jamais trop où il habite – c’est même ce qui le définit peut-on dire sans grand risque de se tromper et de faire soi-même fausse route.

 

tropical-jazz-trio-tropical-jazz-trio-2019-300x300

Tropical Jazz Trio

 

Sous ce nom qui dit bien ce qu’il veut dire – « Tropical Jazz Trio » – (CD French Paradox / L’Autre Distribution) il s’agit ici de la dernière production du contrebassiste Patrice Caratini associé au pianiste Alain Jean-Marie et au percussionniste Roger Raspail. Ces trois là se connaissent depuis longtemps, depuis une cinquantaine d’années à dire vrai. En tout cas, pas bien loin. Ils ont cheminé ensemble ou chacun de son côté au gré des époques du jazz comme le souligne avec une certaine nostalgie, une certaine émotion aussi, Patrice Caratini dans le texte de présentation. Ils sont de magnifiques musiciens et ils n’ont pas besoin de forcer le trait, de jouer des rythmes « endiablés » et de sonner si « tropicaliste » que cela, comme l’on dit parfois, pour nous faire goûter à la beauté d’une musique généreuse mais aussi toute de retenue et d’émotion plutôt que d’enthousiasme apparemment inextinguible. On entendra aussi deux thèmes qui n’ont pas grand chose à voir avec au moins ce que l’on pourrait appeler « la source » tropicale, le « Limelight » de Charles Chaplin et « Le temps des cerises » plus printanier qu’estival. Plus révolutionnaire peut-être aussi. Sauf le respect que l’on doit à l’histoire de Cuba, pays qui a tant donné au jazz.

 

r-13679811-1558883010-5489.jpeg-300x269

Akoda : Musik pou lo kèr

 

Valérie Chane Tef est Réunionnaise (rappelons au passage que l’île de La Réunion est située à l’ouest de l’océan Indien mais à l’est de la métropole, qu’elle est un joyau français dans l’hémisphère sud bien loin donc des Antilles). Valérie est la créatrice du groupe Akoda qui, outre la pianiste, compositrice, chanteuse, réunit Benjamin Pellier (basse, chœurs) et Franck Leymerégie (percussions, chœurs). Et si le titre de cet enregistrement s’écrit et se chante en créole réunionnais, si le groupe reprend « Batarsité », le thème emblématique du chanteur emblématique de La Réunion, l’immense et intense Danyel Waro, on ne peut cependant pas dire que le maloya, voire même le séga (musiques traditionnelles de La Réunion) soient des musiques très présentes dans ce bel album, extrêmement soigné, enthousiaste souvent, qu’est « Musik pou lo kèr » (Déclic Jazz / L’Autre distribution).

valct-1091903-300x168

On entend surtout l’influence qu’Alain Jean-Marie a sur Valérie Chane Tef. Comme Omar Sosa, Mario Canonge ou Tania Maria. On entend donc davantage de biguine ou d’ « afro » que la musique propre à La Réunion. Il est vrai que quelques grands anciens se sont un peu cassés les dents sur des versions jazz du maloya. on peut ainsi penser à François Jeanneau, il y a déjà bien longtemps, lui qui avait pourtant expérience et talent.

Mais chose que l’altiste Gaël Horellou a en revanche parfaitement réussi. Avec l’aide de quelques musiciens réunionnais de tout premier plan. Et ceci de façon assez récente
Faut-il regretter ce qui est peut-être une hésitation ?

Peut-être faut-il regretter aussi une grande sagesse (ou plutôt une grande retenue) dans l’écriture de quelques thèmes ? Il n’en reste pas moins qu’Akoda est une très belle découverte.

 

0-300x225

Romano Pratesi : Frizione

 

Si les rythmes que l’on dit « tropicaux » ne sont pas ici de la partie, l’esprit « latino », lui est bien présent. Même si les musiciens qui entourent le saxophoniste ténor et clarinettiste (basse) Romano Patresi sont plus des aventuriers de tous bords que proprement des enfants de l’Italie. Ils se nomment, les « gaillards » de cette aventure fort dynamique, Glenn Ferris (tb), Hasse Poulsen (g, mandoline), Stéphan Oliva (p), Claude Tchamitchian b) et Christophe Marguet (dm).

pratesi-300x168

Il y a dans la musique de « Frizione » (Das Kapital Records / L’Autre distribution) à la fois l’intelligence créatrice dont chacun des protagonistes nous a depuis longtemps donné mille preuves et une espèce de joie dansante, au tour et détours de quelque envolée audacieuse. Cela constitue une sorte de somme d’une grande clarté, d’une envergure rare (encore que lorsqu’on connaît les exploits de ces musiciens on peut ne pas s’en étonner), et donc un moment musical enchanteur… qui, sans être de nature « tropicale », en a l’enthousiasme, la vitalité, et comme de surcroît la puissance de l’inventivité.

 

Image de prévisualisation YouTube

Jean-René Mourot & Marc-Antoine Schmitt : Musiques de salon

 

C’est une autre histoire que celle que nous content le pianiste Jean-René Mourot et le contrebassiste Marc-Antoine Schmitt. Cela, comme le titre de cet enregistrement qui sortira sous forme digitale d’abord le 28 juin l’annonce, se présente comme une » musique de salon. » (Les productions du pavé / Absilone Technologies)

Peut-être en un double sens : elle a été enregistrée dans le salon de Jean-René. Mais ce serait là comme une sorte de plaisanterie s’il suffisait de s’en tenir à cette « vision » des choses. Car on est plus près, musicalement s’entend, du recueillement de chaque instant et donc de chaque note, comme de chaque silence, que peut évoquer l’intimité du lieu ou surtout de la musique. Intimité qui n’est pourtant que la conséquence assurément, bien plutôt que la cause, de cette musique dont chaque articulation est une sorte de don. En ce sens même qu’il n’y a pas une note qui ne semble réfléchie, non pas pensée comme une sorte d’abstraction d’abord, qu’il conviendrait de réaliser ensuite. Ou enfin. Mais plutôt comme un engagement de soi. Des deux protagonistes en l’occurrence. C’est dire que – même si l’un des titres est celui de « Bégaiements » – il n’y a rien de redondant, rien de trop, et que surtout rien ne manque à cette musique dans sa simplicité, dans sa beauté.

vind-lois-le-van-cristal-records-600x600-300x300

Loïs Le Van : Vind

 

Il s’agit ici d’une sorte de tentative de créer une œuvre qui soit autant poésie que musique. Non pas une poésie mise en musique, ce qui serait banal. Mais une sorte de confusion, plutôt même que d’une fusion qui ferait courir le risque d’un mélange par trop indistinct. Le trio du chanteur Loïs Le Van (lui-même, la pianiste Sandrine Marchetti et l’excellent guitariste Paul Jarret) est en fait un quartet car il faut intégrer à ce groupe Laura Karst qui a composé les paroles.
« Vind » (Cristal Records / Sony Music Entertainement) est une suite de douze thèmes composés pour neuf d’entre eux par le chanteur, les trois autres l’étant par Paul Jarret. Toutes les paroles sont donc de la plume de Laura Karst. Et toutes nous parlent. Et réussissent à nous parler dans cette unité qu’elles forment avec la musique, sans que l’on distingue bien sûr la voix de Loïs Le Van de celle-ci (ni de la musique elle-même, ni des paroles, ni de « l’unité » ainsi constituée).
Sans doute est-on loin désormais des climats moites et tropicaux évoqués en introduction.

lois-le-van-vind-cristal-records-shelomo-sadak-300x199

(photographie Shelomo Sadak)

On est plus près de la lumière du nord de l’Europe quand celle-ci est claire, immobile et transparente. Parfois même lorsqu’elle est empreinte de brumes opaques et de pluie ou de neige et de glace. Ou lorsque le vent dérange l’espace.

« Vind » est assurément un « projet » poétique. Il est dans la ligne d’un travail antérieur entrepris par Loïs Le Van et Sandrine Marchetti autour de l’écriture de ‘l’un des plus grands auteurs de notre temps, le poète suisse Philippe Jaccottet. Il fait de cet enregistrement quelque chose de singulier, de rare. C’est ainsi que l’on doit l’entendre. Pour l’aimer pleinement.



1 commentaire

  1. HornyLana 6 juillet

    Thanks for this! I am on snapchat btw add me LanaShows

    https://lananude.blogspot.com/

Laisser un commentaire

louvteaux jeanette bretigny... |
du rock prog au metal symph... |
LIVE ON MARS ? |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | L'instant Critik
| lyd music
| ROCK'N'POP RELIGION