Huit dernières nouvelles

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« Todo Mundo » par Antoinette trio et Téofilo Chantre

 

Sous le signe du poète et philosophe martiniquais Édouard Glissant et ce qu’il appela un jour si justement du beau vocable de « Tout-monde »voici une musique qui voyage dans notre propre imaginaire, qui emporte parfois comme un torrent, parfois comme une rivière apaisée. Jamais elle ne nous laisse calme. La voix du capverdien Téofilo Chantre n’y est pas pour rien. Mais tous les membres de ce groupe composé de Julie Audouin (flûtes, voix), Tony Leite (guitares, voix), Arnaud Rouanet (clarinettes, sanza, voix) autrement dit « Antoinette trio » ce groupe qui réside en Occitanie auquel s’est adjoint l’un des anciens compagnons de la grande Cesaria Evora prennent une part essentielle à la beauté de « Todo Mundo » (production compagnietroisfoisdeuxplusun). Le pianiste Denis Badault a signé les orchestrations qui sont toutes sans exception aucune tout à fait admirables.

Dans les dédales et les détours de la musique, dans ceux où nous entraîne, comme notre destin, ce que l’on pourrait appeler « l’idée » de « tout-monde », on est emporté irrésistiblement.

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C’est ainsi que « Todo Mundo » est une pierre solidement ancrée pour, précisément, résister à tout ce qui aujourd’hui divise et tente d’élever des barrières. Et, si vous n’êtes pas certain de cela commencez-donc par la fin, par « Ploc et Plic », le dernier thème de cet enregistrement: on y retrouve quelque chose de la « folie » du Trio d’en bas d’Arnaud Rouanet il y a quelques années, en tout cas d’un monde qui semble désordonné mais qui est plus habitable que beaucoup d’autres, plus accueillant pour tous. Un « tout-monde » en quelque sorte.

 

 

« Kafé Groppi » par Khalil Chahine

 

Nous connaissons tous la musique de Khalil Chahine. Mais souvent ne le savons pas. Parce qu’il a composé pour le cinéma et pour la télévision.

Il n’est pas trop tard, mais il n’est que temps de le découvrir vraiment en écoutant son dernier enregistrement sous son nom (c’est le huitième) et sous le titre de « Kafé Groppi » (Turkhoise/Socadisc). Il n’est que temps parce qu’il y a là une si belle musique !

 

Il y a dans ce disque comme mille choses mêlées mais ce n’est peut-être pas de cela que surgit la magie fascinante de Chahine. C’est peut-être davantage d’une sorte de clarté qui semble l’animer et qui alors se propage jusqu’à nous et nous envahit. On pourrait ainsi évoquer la double origine culturelle de ce musicien (un père égyptien, une mère américaine) et si elle a quelque chose à voir avec « Kafé Groppi » il y a surtout une merveilleuse intelligence « des choses de la musique », de toute musique, qui préside assurément ici.
Ce n’est pas un hasard si l’on trouve sur ce disque André Ceccarelli (dm), Kevin Reveyrand (b), Christophe Cravero (p) et Eric Seva (s). Khalil Chahine est lui-même guitariste, jouer de mandoline et d’harmonica. Il a aussi invité Jasser Haj Youssef (viole d’amour et vl), Agnès Gutman (p), Jean-Pierre Arnaud (cor anglais) et Icheme Zouggart (b).

 

 

« Gonam City » par Quentin Ghomari et Marc Benham

 

Quentin Ghomari

Quentin Ghomari

Si vous cherchez de l’air nouveau, pur, vivifiant, surprenant, stimulant, joyeux, si vous cherchez l’aventure et le bonheur qui va avec, partez immédiatement vers « Gonam City ». On doit cette réussite (l’une des plus originales, intéressantes et passionnantes du « jazz made in France » depuis pas mal de temps – Neu Klang/PIAS) à deux musiciens qui osent avec intelligence et mesure. Là réside peut-être leur secret: en un déséquilibre parfait.

 

Quentin Ghomari est trompettiste. Marc Benham est pianiste et, ici, grâce au facteur Stephen Paulello, il joue d’un instrument qui comporte 102 notes. Mais gageons qu’à très peu de choses près le résultat fut le même avec 88 seulement.

On entendra sur cet enregistrement des versions étonnantes – étonnantes et superbes – de « Petite fleur », de « Misterioso », de « Willow Weep For Me », de « Pithecantropus Erectus ». On entendra à tout moment un vent d’invention tout à fait remarquable qui vaut à coup sûr de chercher ce disque au fond des bacs ou quelque part sur internet: il ne faut surtout pas laisser passer cette occasion de découvrir une telle clarté musicale.

 

 

« Moving People » par Riccardo del Fra

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Riccardo del Fra est un immense musicien et un homme de haute valeur. On est donc, avec lui, exigeant. Chaque fois que l’on a l’occasion de l’écouter on savoure par avance son plaisir, son bonheur. Il a réuni des musiciens venus de toute part et l’on entend ainsi dans « Moving People » l’excellent guitariste Kurt Rosenwinkel (g) ainsi que Jan Prax et Rémi Fox (s), Tomasz Dabrowski (tp), Carl-Henri Morisset (p) et Jason Brown (dm).

Disons-le cependant d’emblée, « Moving People » n’a pas remporté tous les suffrages de cette « note de jazz » (Cristal records).

Il y a ici des choses magnifiques. Mais il en est d’autres qui sont sans doute trop « entendues » pour emporter toute l’adhésion que l’on devrait assurément à un maître comme Riccardo del Fra. Il est probable que les orchestrations puissent (l’une ou l’autre: c’est-à-dire pas toutes) gâcher parfois le plaisir d’une musique lumineuse ? Que cet enregistrement fasse référence aux douloureuses migrations de notre époque – il n’est évidemment pas le seul à le faire en ce moment, tant cette réalité peut nous hanter – cela ne change malheureusement rien à l’affaire.

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Ce disque a déjà été couronné maintes fois. Cette petite « notule » fera-t-elle tache?
Quoi qu’il en soit, « les notes » ne sauront changer pour autant leur point de vue sur ce grand seigneur de la musique qu’est Riccardo del Fra !

 

 

« Shijin » par Jacques Schwarz-Bart …

 

« Shijin », ce nom pour nous mystérieux, désigne dans une symbolique de l’Extrême-Orient les « gardiens » des quatre points cardinaux. Le groupe qui a imaginé et réalisé cette musique (Alter-Nativ/Socadisc) réunit en effet quatre musiciens. Jacques Schwarz-Bart saxophoniste d’exception est ici entouré de Malcolm Braff (p), Laurent David (b) et Stéphane Galland (dm). Tous les quatre sont de remarquables techniciens et aussi des musiciens inventifs et généreux. Leur engagement, c’est-à-dire la façon dont on pourrait dire qu’ils offrent leur musique aux auditeurs, est de tout instant.
Mais c’est peut-être cette générosité, parfois transformée en abondance, parfois débordante de façon irrépressible qui, lorsqu’elle pourrait être la qualité essentielle de « Shijin » en devient le défaut. Et, un peu comme précédemment, des orchestrations parfois déjà souvent entendues masquent-elles trop l’inventivité elle-même ?

 

 

« Se souvenir des belles choses » par La&Ca

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On a envie de reprendre l’introduction du dossier de presse dans lequel en quelques mots tout est dit. Ou presque :

« Un petit orchestre de chambre de jazz, une machine à rêves bien vivante… »

 Ce très bel enregistrement est fait de sonorités claires et étranges, d’une délicatesse intense. C’est ainsi qu’il nous ouvre à des paysages inconnus et pourtant immédiatement familiers.

Il faut donc oser découvrir ces « belles choses » que nous offrent avec simplicité, avec générosité, avec cœur assurément Audrey Podrini (violoncelle), Camille Thouvenot (piano et moog), Vincent Perrier (clarinette) et Zaza Desiderio (batterie et…seau à champagne), aucun d’entre eux ne devant atteindre la trentaine d’années.

Nous aurons là (La&Ca/Inouïe distribution) l’occasion de beaux et limpides souvenirs. Pour longtemps.

 

 

« ForYouOwnGood ! » par Christophe Imbs

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Il y a ici des choses magnifiques. D’autres qui pâtissent d’un excès d’effets. Mais enfin, il y a au total un disque qui vaut le détour, mélange d’énergie et de paix, de retenue et d’envols. Le piano de Christophe Imbs a rencontré la batterie toujours si musicale d’Anne Paceo, comme réunis par la contrebasse généreuse de Matteo Bortone.
« ForYouOwnGood ! » (Label OH/Inouïe distribution) qui n’évite pas quelque écueils, notamment dans son introduction, est au total un ensemble de couleurs si multiples qu’on ne peut qu’applaudir et ainsi se réjouir.

 

 

« Espaces » par Edward Perraud

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« Espaces » est peut-être l’un des meilleurs enregistrements du jazz d’aujourd’hui publié en France ces derniers temps.
Il faut dire qu’autour du leader, le batteur et compositeur Edward Perraud on trouve deux des plus remarquables instrumentistes du moment, Bruno Chevillon à la contrebasse et Paul Lay au piano.
Alors qu’il fut l’un des trois membres de l’excellent Das Kapital, Edward Perraud a réussi à former un nouveau trio, un authentique trio. Rien n’est apparemment plus facile, rien n’est réellement plus délicat sinon difficile. Il y faut quelque chose comme une âme, comme une entente au sens le plus sonore et à la fois le plus humain du terme.

Est-ce par une sorte de magie personnelle, par son talent de compositeur (car seul un « répertoire » peut faire ce lien entre les membres du groupe) ?

 

Quoi qu’il en soit Edward Perraud, Bruno Chevillon et Paul Lay signent ici une musique parmi les plus belles.

 

 

 

 



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