Les belles années

L’année du jazz fut belle. Je veux dire celle qui est en train de s’estomper. Celle à venir le sera sans doute aussi.
Parce que la musique est la meilleure chose qui puisse arriver.

Cet article clôt en quelque sorte un peu en avance 2017 et ouvre (avec encore plus de précipitation) 2018.

Il est vrai que ceci n’a guère de sens: on ne décompte pas dans le monde de la musique (sinon les temps et pas le temps, le tempo certainement), on ne calcule pas vraiment non plus. Enfin, on ne mathématise pas ou alors c’est pour plus de poésie, plus de rêve.

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Alors, aujourd’hui, cela commence bien.
Avec René Urtreger et l’écrivain (faut-il écrire « écrivaine » ? pour quelle raison !) Agnès Desarthe qui chante, qui « dit » et qui surtout nous émeut si souvent.
Dans ce « Premier rendez-Vous » (Naïve) qui vient de paraître et où se rencontrent aussi Géraldine Laurent (sax), Alexis Lograda (violon), Pierre Boussaguet (b) et Simon Goubert (batterie) est un beau moment de délicatesse. Et aussi d’hésitation (juste ce qu’il faut pour faire de la musique un risque, un instant de vie, entre deux rivages, entre l’émotion et le désir).

agnès desarthe

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Agnès Desarthe que l’on connaît pour ses belles traductions, ses livres magiques pour les enfants, et pour les « autres » comme  « Dans la nuit brune » ou « Le coeur changeant » pour ne parler que des derniers parus, n’est pas une « grande voix ». Mais nous n’avons pas besoin de cela pour l’écouter. Pour se laisser emporter. Ce qui émeut, ce qui nous touche, nous fait vibrer, c’est autre chose: c’est ce qui, assurément l’habite. Et ce sont des peurs, des douceurs, des craintes et des bonheurs, des tristesses ou des peines, des joies et des envies. Jamais des certitudes.

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Mais toujours des partages. Avec les musiciens. Avec le piano, toujours admirable de René Urtreger auquel Agnès Desarthe avait consacré un livre intitulé « Le roi René » (éditions Odile Jacob), avec toute « la bande », excellente en tout point (chacun est en partage avec l’autre, avec tous les autres).

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C’est une fort belle rencontre aussi que celle de Gilles Dalbis (batterie, percussions) et de Pierre Diaz (saxophone ténor, soprano et clarinette basse). Elle ne date pas d’hier. Mais elle est toujours nouvelle, toujours revivifiée.

Pierre Diaz

Pierre Diaz

Ces deux là se connaissent depuis quelques lustres mais ils demeurent des inventeurs. Pour toujours, assurément.
Cependant, ils sont laconiques. Ils parlent peu. Ils ne se taisent pas. Mais ne disent que l’essentiel. Non pas comme des vérités tombées du ciel, pas comme des certitudes. Plutôt comme des propositions, des partages (eux aussi, qui s’écoutent sans fin, pour que nous les écoutions aussi, davantage et le mieux possible).

Gilles Dalbis

Gilles Dalbis

Aussi cet enregistrement n’a pour titre que « Pièces pour Duo » (DalbisDiza02/1 distribution Mazeto Square Paris). Et les pièces n’ont pas de titre: elles sont seulement désignées par les instruments (par exemple, « saxophone ténor – batterie baguettes » ou bien « clarinette basse – batterie baguettes »). Rien d’autre que la musique donc, pour susciter l’émotion, l’imagination. Pour emporter. Ou pour rester au bord du chemin. Mais ce serait bien étonnant. Ce serait rester sourd. Ce serait bien dommage de ne pas suivre ce duo sur sa route. On y claudique, on y court, on se hâte. On prend son temps, on perd du temps – juste comme il faut – pour respirer, pour souffler, pour reprendre du rythme.
Que demander de plus à la musique? A la vie comme elle va, comme elle est ?

 

Le pianiste Hervé Sellin vient de publier deux enregistrements simultanément.
L’un avec Pierrick Pedron (a sax), Thomas Bramerie (b) et Philippe Soirat (dm) est un hommage très singulier à Phil Woods.

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L’autre est à la fois une sorte de référence à la musique classique et à la musique contemporaine avec une pianiste (voici donc la rencontre de deux pianos), Fanny Azzuro, venue de cet univers ainsi que trois très jeunes musiciens (ils ont vingt ans, vingt-un tout au plus). Ils ont noms Rémi Fox (s saxo), Emmanuel Foster (b) et Kevin Lucchetti (dm).

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« Always Too Soon » (Cristal Records) mêle des compositions originales d’Hervé Sellin, Carine Bonnefoy, Pierrick Pédron avec des thèmes de Lennie Tristano, Tomm Harrell, Joe Emley ou encore en conclusion « Autumn In New York » de Vernon Duke. Tout ceci autour d’une séquence plus longue consacrée à la musique de Thelonious Monk. On y trouvera donc pas celle de Phil Woods à qui le disque est dédié. Ce parti pris est sans doute plus intéressant en ce sens que c’est par delà les thèmes que Phil Woods est revisité et donc, nécessairement, de la façon la plus approfondie qui soit.

Pierrick Pédron

Pierrick Pédron

Hervé Sellin qui fut pendant quinze ans le pianiste attitré de Johnny Griffin, qui a rencontré et joué avec Phil Woods « sur le tard » (en 2010 et 2011 – le saxophoniste est décédé en 2015) s’y montre sous toute sa force. Et sa force est celle à la fois de l’intelligence et du cœur. De l’attention aussi. Méticuleuse et aussi toute vivifiante. Pierrick Pédron, comme à son « habitude » s’envole avec une aisance qui emporte. Quant à Bramerie et Soirat, ils sont comme toujours impeccables.

Thomas Bramerie

Thomas Bramerie

« Always Too Soon » est ainsi un disque de haute valeur.

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L’univers du jazz et celui de la musique « classique » (ici ce serait plutôt « romantique ») ou de la musique contemporaine semblent tous les trois a priori étrangers. Mais on sait vite qu’ils ne le sont guère. Et même qu’au contraire ils sont plutôt à rapprocher, à comprendre, aimer donc, comme des frères (ou des sœurs) si cette comparaison familiale a un sens. C’est ce qu’Hervé Sellin a fait tout au long de sa carrière. Et ici, avec « Passerelles » (Cristal Records) il atteint une sorte de sommet en la matière.

Fanny Azzuro

Fanny Azzuro

Cela commence par une longue et fort belle séquence d’après les « Scènes d’enfants » de Robert Schumann. Où les pianos sont admirablement présents. Où le saxophone de Rémy Fox se taille lui aussi une très belle part. Où Emmanuel Forster et Kevin Lucchetti sont aussi parfaits que leurs aînés dans le précédent enregistrement. la musique de Schumann rejoint celle de Satie, Debussy ou Dutilleux qui constituent en quelque sorte la seconde partie de « Passerelles ».
Cet enregistrement nous montre à la perfection, l’indifférence, la non-différence des musiques. Qui ne sont qu’une si l’on veut  bien y prendre garde. Un seul instant.

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On pourrait jouer à un jeu « stupide ». On pourrait se demander quelle est la source de « Source »… On se dirait alors que c’est l’amitié. L’amitié et la jeunesse. Cette amitié qui ose mais qui ne trépigne pas. Qui ne s’impatiente pas. Qui est déjà réfléchie car c’est une amitié de longue date. Un amitié qui ose, qui invente. Qui a besoin de cela pour être, pour vivre, pour durer, pour s’amplifier. Pour exister.
C’est ainsi qu’est la musique de Paul Brousseau (piano) et de Matthieu Metzger (saxophones sopranino, soprano, alto, ténor en ut): celle d’une rencontre entre deux hommes, entre deux musiciens, entre deux libertés. Entre deux aventures, pourrait-on dire. Entre deux recherches comme entre deux destins.

Paul Brousseau

Paul Brousseau

Tôt ils se sont rencontrés, sont allés au Conservatoire ensemble. Marc Ducret les vit tous les deux: ils jouèrent ensemble. Et puis Sclavis aussi fut un point commun. Et d’autres sans doute. Sans aucun doute. Mais leur véritable communauté c’est le duo qu’ils forment. Là où ils sont indissociables, inséparables.
Comme leur musique qui ne se sépare de rien, qui ne nous met à distance de rien, qui, au contraire nous rapproche. De nous-même, finalement. Une musique qui peut faire peur à certains peut-être. Comme on a peur de soi. Mais ce n’est ni un défaut, ni une honte. Là naît la timidité. Qui est plutôt une qualité. Celle de la modestie. Et il y en a aussi dans cette « Source ». Ce qui est bien. L’audace est plus haute lorsqu’elle ne fanfaronne pas.

Matthieu Metzger

Matthieu Metzger

C’est ainsi que cette « Source » donc, nous réunit nous aussi.

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PS: on doit souligner le très beau design graphique de ce CD. La photographie de couverture en particulier, signée Samuel Choisy. Mais tout l’ensemble aussi.

 

 

 



Le Fondeur de Son: rencontre

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Des musiciens pour qui la liberté est essentielle. Dans leur musique. Mais aussi bien sûr dans la vie. Et donc dans la réalité quotidienne: celle qui consiste à jouer, à « donner » leurs créations, à les produire, à les diffuser.
Ou: comment une bande d’amis décide de s’organiser et comment un label voit le jour.
Et puis… la suite.
Et toujours de belles musiques.

Rencontre donc:

quelles sont donc les circonstances de la création du label ?

Aujourd’hui, les musiciens sont amenés à assurer à la fois les rôles de tourneur, diffuseur, financeur, producteur, communiquant, comptable… en plus d’être souvent professeur pour arrondir les fins de mois.

Le label LFDS (Le Fondeur de Sons Records) est né en 2016 avec la sortie du disque de Yoram Rosilio « ARBF & Hmadcha -live 2014- Serious Stuff & Lots of Lightness » (https://lefondeurdeson.bandcamp.com/album/anti-rubber-brain-fact0ry-hmadcha-serious-stuff-lots-of-lightness) et est relié aux activités de l’association Le Fondeur de Son, fondée en 2012 par quelques musiciens parisiens et leurs amis pour organiser et structurer des projets artistiques lourds qui nécessitaient un soutien administratif.

A la base, en remontant quelques années en arrière (2007-2008), nous n’étions même pas un collectif, mais juste une nébuleuse de potes qui jouaient, expérimentaient et créaient ensemble. Nous refusions alors toute subvention et revendiquions une indépendance totale. C’est dans cette atmosphère et cette émulation que nous avons exploré musicalement et humainement des identités collectives et individuelles.

La première tentative pour fonder un label – avec Yoram Rosilio, Yann Pitard, Benoit Guénoun, Maki Nakano et quelques autres – est née de ce désir là : affirmer nos musiques et la manière dont nous les concevons, et bousculer le monde de la production, qui nous paraissait froid, austère et inadapté à nos problématiques de musiques d’essence « non-commerciales ».

C’était en 2009 mais la tâche s’est avérée complexe car le cadre juridique et administratif était un véritable calvaire. Finalement, nos efforts se sont épuisés face à l’ampleur de la tâche. Maki Nakano a  fondé de son côté le label « open music » (http://openmusic.kyweb.fr/openmusic.jp.net/records.html) ; d’autre part, Yoram Rosilio a continué à auto-produire ses disques.

C’est un peu plus tard que nos activités artistiques nous ont amenés au pied du mur.

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Yoram Rosilio avait, depuis 2010, commencé à travailler avec des musiciens marocains et à créer des rencontres avec l’orchestre ARBF au Maroc. Lorsque nous avons voulu les faire venir en France pour nous produire à leurs côtés, il nous a fallu fournir beaucoup de justificatifs à l’administration (contrats de travail, assurances, visas…) pour qu’ils obtiennent la permission de fouler le sol européen. C’est de cette nécessité qu’est née l’association Le Fondeur de Son, sur l’initiative de Yoram Rosilio, Benoit Guenoun et Colline Henry, dont l’expertise nous a été d’un énorme soutien dans l’élaboration de ce projet. Nous avons pris conscience à ce moment qu’en tant que musiciens, nous n’étions pas du tout formés pour affronter la rigueur des procédures administratives.

Le nom du Fondeur de Son a été trouvé par Benoit Guenoun et Bérénice Rossier (actuelle Présidente) en référence à « DER ZIEGELBRENNER » (Le Fondeur de briques), périodique allemand dirigé par Ret Marut (par la suite devenu B. Traven) écrivain et révolutionnaire Allemand exilé au Mexique et dont l’œuvre littéraire et l’histoire personnelle nous plaisaient énormément.

Dans un premier temps, l’association nous a donc surtout servi d’organe de production et de diffusion : une structure administrative qui assume un rôle de représentation pour l’obtention de résidences artistiques, de tournées…

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LFDS records (le Label) est la suite des mésaventures de l’album ARBF & Hmadcha 2014 évoqué plus haut. Cet album, enregistré en live en octobre 2014, était mixé et masterisé dès mars 2015. Deux producteurs, l’un anglais, l’autre français, nous avaient offert une place sur leur label respectif pour prendre en charge la production de ce disque. Ils se sont tous deux désistés coup sur coup au dernier moment. Lassé de ces promesses en l’air et passablement déprimés, nous nous sommes rendu compte qu’il fallait à nouveau créer notre propre outil de production efficace et indépendant.

L’association avait déjà apporté un premier soutien financier à la production des disques ARBF& Hmadcha – Dhol Le Guedra (https://lefondeurdeson.bandcamp.com/album/anti-rubber-brain-fact0ry-dh-l-le-guedra ) et Tikkun (https://lefondeurdeson.bandcamp.com/album/tikkun-the-24-doors ).

Début 2015, Pierre Tenne et Paul Wacrenier ont intégré l’association et suite à nos discussions nous avons décidé de lancer notre propre label sur le modèle associatif (forme juridique plus simple et plus légère) via le Fondeur de Son.

En explicitant tout cela, nous espérons aussi que cela aidera ceux qui veulent se lancer dans une démarche artistique autonome à franchir le pas. Nous croyons que malgré la frilosité et les cloisons du monde de la production musicale, une énergie collective structurée peut permettre à des musiques de se faire entendre !

 

quel but poursuivez-vous aujourd’hui ?

Notre objectif, en ajoutant à nos activités celle de label est bien sûr l’autonomie, esthétique, morale et financière.

Avoir un label c’est marquer notre empreinte, affirmer une identité de production en même temps qu’une réponse aux nécessités de l’économie actuelle. Nous avons monté une structure qui puisse permettre à des projets d’aller « plus loin. »

Nous constatons également que l’histoire du Jazz est profondément liée à celle de ces petits labels indépendants, et notamment, ceux qui ont étés montés et dirigés par des musiciens (Mingus, Max Roach, Sun Ra, Paul Bley…). Combien d’albums magnifiques n’auraient pas vu le jour sans cela ?

Notre démarche nous semble similaire à la leur. Il n’y a pas de raison que la possibilité de l’existence des choses ne nous soit pas donnée à nous aussi. Généralement, nos musiques plaisent beaucoup mais trop de gens n’y ont pas accès ou même ignorent leur existence.

Comme de nombreux musiciens ayant créé leur propre label, nous souhaitons produire aussi bien des projets émanant de l’association que ceux de musiciens extérieurs, pour faire de notre collectif une entité ouverte, mouvante et inclusive. Face aux difficultés économiques rencontrées actuellement par les musiciens de jazz – et plus encore de free jazz ! – de nombreux collectifs créent des labels pour organiser leur autoproduction. Nous pensons qu’il est vital pour les musiques que nous portons de collaborer, échanger, partager, vivre avec toutes les amitiés sonores qui peuvent enrichir notre imaginaire et celui de nos publics. Cela passe d’abord par cette ouverture concrète à toute éventualité d’une amitié musicale et humaine.

Vous connaissez l’histoire de la partie émergée de l’iceberg ? Eh bien, en ce qui concerne le Jazz, la partie immergée (underground) est bien plus vaste et parfois bien plus intéressante et foisonnante que ce que le monde officiel des tourneurs, des programmateurs et d’une grande partie de la presse nous donne à voir. Notre démarche répond simplement à l’envie de porter et d’inscrire notre voix et notre identité dans ce monde foisonnant de labels indépendants.

Mais il s’agit de plus que ça. Nos activités ne se limitent pas à celle d’un label : nous organisons des concerts, des résidences, nous programmons chaque semaine des émissions de radio (Blues en Liberté & Tumultum Hominum sur Radio Libertaire). Depuis peu, nous cherchons à établir des ponts et des liens avec la scène Free européenne, et à mettre en place des systèmes qui permettent des échanges fructueux entre les musiciens de différents pays, permettre la possibilité d’un réseau actif d’échanges artistiques et professionnels à l’échelle de l’Europe. Une première semaine de rencontre aura lieu du 12 au 18 Novembre prochain avec des musiciens autrichiens, hollandais, portugais et suisses… En gros, nous mettons en place tout ce qui pourra amener plus de gens à s’intéresser à ces musiques libératrices.

 

n’y a-t-il pas une prise de risque économique importante?

Il est évident que l’autonomie implique une nouvelle forme de responsabilité. Ne pas dépendre d’un producteur engage notre capacité à financer des productions.

Comme la plupart des petits labels autogérés, nous ne cherchons pas prioritairement à faire du profit mais tout simplement à produire nos disques en rentrant autant que possible dans nos frais.

Nous sommes convaincus de la nécessité de ces musiques et qu’il faut que celles-ci aient la possibilité de se répandre et de rencontrer le public.

Nous vivons dans une époque où les discours dominants semblent déconnectés de la réflexion et de l’intelligence, le monde du spectaculaire –gros festivals et entreprises mercantiles du spectacle qui pillent les subventions- est essentiellement médiocre, normatif, uniformisant et joue le nivellement par le bas. Il nous semble donc important de valoriser des créations de saines complexités tout en se situant éthiquement en dehors d’un rapport exclusivement ou essentiellement marchand avec la musique et l’Art en général, mais qui se fait un point d’honneur à maintenir l’intégrité des artistes.

 

quel est ou quels sont les partis-pris artistiques qui vous guident?

Dans nos pratiques artistiques, nous cherchons de justes équilibres entre l’écriture et l’improvisation, entre la part belle de l’héritage musical laissée par les anciens et les expérimentations. Se transformer en label, c’était se fabriquer un porte-voix pour un groupe de gens concernés par les mêmes réflexions et pratiques artistiques.

Notre musique n’est pas forcément facile d’accès pour des oreilles novices. Mais nous n’allons pas pour autant cesser de la jouer, car nous croyons en elle et en son apport bénéfique pour ceux qui la reçoivent. Pour nous, le free et l’impro, ce n’est pas seulement une question d’esthétique musicale qui peut parfois paraître violente, voire inaudible pour certains. Notre approche du free, pensée ou impensée par chacun des membres qui compose le collectif, c’est de créer une musique qui participe à faire sortir des constructions sociales pour agir sur le terrain de l’émancipation de ceux qui nous écoutent.

Petits ou grands ensembles, impro totale ou répertoires de compositions personnelles, emprunts aux musiques traditionnelles ou contemporaines… tous cela se mélange dans notre grande marmite avec un fond plutôt Jazz. Voici en gros les ingrédients qui composent notre univers.

Par ailleurs, tous les disques que nous avons sortis jusqu’à présent ont étés enregistrés en « live » (ou en situation de…), nous avons très souvent travaillé avec notre ingénieur du son Ananda Cherer, y compris pour le mixage et le mastering, ce qui participe à donner une certaine empreinte sonore à nos productions.

 

comment les artistes ont-ils été choisis ou comment les artistes ont-ils fondé le label et pourquoi?

Jusqu’à présent les disques sortis sont ceux de musiciens impliqués dans l’association ou les principales formations musicales qu’elle soutient. Considérant les nombreux échanges entre ces musiciens depuis un certain nombre d’années et l’émulation artistique qui en découle, nous imaginons qu’un univers assez homogène se dégage de tout cela. Par exemple, le dernier disque en date du label est celui de Florent Dupuit, saxophoniste de l’ARBF et de Tikkun depuis les  débuts de ces deux formations. Il nous est apparu normal et nécessaire de soutenir cette démarche de 1er album en leader d’un musicien talentueux qui occupe la scène parisienne depuis plus de 20ans.

Encore une fois, nous essayons de défendre, à notre mesure, toutes les énergies qui nous semblent résonner avec nos propres démarches, en soutenant les musiciens aux désirs artistiques et difficultés proches des nôtres.

Notre prochaine sortie concernera un nouveau volet du projet ARBF : Marokaït : Deux batteries, une contrebasse & piano et une bonne flopée de soufflants enragés.

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Pierre Tenne, Yoram Rosilio et Colline Henry, pour Le Fondeur de Son ont répondu à nos questions.

 

Les artistes figurant sur les productions LFDS Records :

Benjamin Abitan, Simo Akharraz, Nicolas Arnould, Guillaume Arbonville, Thomas ballarini, Mauro Basilio, Ayoub Baz, Najem Belkedim, Abdelmalek Benhamou, Redouane Bernaz, Stephan Caracci, Marielle Chatain, Guillaume Christophel, Jean-Michel Couchet, Andrew Crocker, Eric Dambrin, Florent Dupuit, Zad Dupuit, Abdelkader “Ben Brik” Ed-Dibi, Rachid El Ayoubi, Moulay Idriss El Idrissi, Jérôme Fouquet, Elisabeth Gilly, Jean-Brice Godet, Benoit Guenoun, Karsten Hopchatel,  Philippe Istria, Naissam Jalal, Rafael Koerner, Julien Matrot, Fred Maurin, Amina Mezaache , François Mellan, Hassan Nadhamou, Maki Nakano, Abderrahmane Nemini, Brenda Ohana, Jean-François Petitjean, Yann Pittard, Yoram Rosilio, Makoto Sato, Jean Philippe Saulou, Salah Saya, Or Solomon, Julien Soro, Hugues Vincent, Paul Wacrenier, Gaston Zirko.

 fichier pdf catalogue-lfds.pdf

 



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