De Giulia Valle à « Fish Eye »: rattrapages et… vive la rentrée!

 De Giulia Valle à

* Giulia Valle à Perpignan (festival Jazzèbre) après Barcelone, Paris, New York, San Francisco, Vancouver, Montréal …

 

La contrebassiste et compositrice Giulia Valle, d’origine italienne mais résidant à Barcelone depuis qu’elle a cinq ans, Catalane donc, après ses succès internationaux nous offre aujourd’hui son quatrième enregistrement « Giulia Valle trio Live In San Francisco » (Discmedi). Elle est magnifiquement entourée du pianiste Marco Mezquida et du batteur David Xirgu.

Voici un enregistrement qui se distingue par une musicalité scintillante, par le jeu envoûtant d’une jeune femme et de ses deux compagnons, emprunt de mille émotions en partage.

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C’est donc avec passion l’on aimera entendre Giulia Valle au festival Jazzèbre dans quelques jours à Perpignan. On en profite pour signaler tout l’intérêt de cette manifestation qui en est à sa 29° édition et qui brille par l’inventivité de sa programmation. Bien plus passionnante que nombre d’autres festivals qui, pourtant « font la une ».
Elle est ici – on pourra en juger :

http://www.jazzebre.com/le-festival/festival-jazzebre-2017/

 

 

 

* Christian Brun, les clartés mélodieuses.

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C’était, il est vrai avant la rentrée, encore au printemps que le guitariste Christian Brun a enregistré « Melodicity » (We See Music Records) qui sortira le 6 octobre. Et cet enregistrement n’est fait que de ça : de musiques pleines de lumières, de soleils qui se lèvent, de clartés nouvelles. Même « For Those Who Stayed On The Ground » dédiée aux victimes du terrorisme est une musique où il y a sans doute plus d’espoir que de larmes. Même les titres des compositions semblent vouloir affirmer un « Temps calme » ou une bouffée d’air frais salvatrice (« A Breath Of Fresh Air »). Damien Argenteri (Fender Rhodes piano), Yoni Zelnik (Upright bass) et Manu Franchi (drums) accompagnent avec bonheur la guitare de Christian Brun.

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* Jason Miles : dix fois « Blue Is Paris »

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Le claviériste Jason Miles qui commença par être le programmateur des synthétiseurs de Miles Davis dans les années 80 (pour « Tutu » ou « Amandla ») a travaillé sur plus de 130 albums. Avec Miles donc, et aussi avec Marcus Miller, Whitney Houston, Michael Jackson, David Sanborn, Grover Washington et bien d’autres. Il a publié (c’était aussi au milieu du printemps) « Kind Of New 2 – Blue Is Paris » (Label Lightyear).

Jason Miles a composé « Blue In Paris » destiné initialement à un projet intitulé alors « Kind Of Blue 2 ». Ce thème a été inspiré par les attentats parisiens de 2015 quand le musicien faisait la promotion de son disque intitulé « Kind Of Blue » enregistré avec la trompettiste Ingrid Jensen. Et puis, il a eu cette idée de faire jouer « Blue Is Paris » dix fois par des musiciens différents qui en feraient donc des interprétations toutes différentes. On retrouve  ici quatre trompettistes, Russell Gunn, Theo Croker, Patches Stewart et Jukka Escola, et puis aussi (on ne citera pas tout le monde) Maya Azucena (voix), Gene Lake (voix), Reggie Washington (basse), Jay Rodriguez (tenor sax et clarinette basse) …

Il est impossible d’écouter ce disque comme s’il était une sorte d’expérience hors norme. C’est peut-être cependant en raison même de ce parti-pris qu’il est fascinant et comme hypnotique il est vrai. Mais c’est ce qui permet à chacun d’entre nous de plonger en soi et de trouver avec cette musique quelques paysages que nous ignorions encore, quelques émotions nouvelles. A partager.

 

 

* Les aventures africaines de Supergombo

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Si « faire voyager tout un chacun et faire danser les foules » est le but principal du groupe Supergombo créé par le bassiste Etienne Kermarc, nul ne peut douter que son ambition soit atteinte avec « Explorations » (Z Production/InOuïe distribution). Delà à ce que cela nous enchante absolument sur le plan de la création musicale il y a cependant un pas. Tout cela est vivant et même souvent vivifiant. Tout cela est entraînant, emportant. Mais pas très important sur le plan musical. Même si cette musique est fort bien bâtie, techniquement irréprochable, il semble qu’elle ne soit pas d’une créativité absolue. Il est vrai qu’il faut de belles et bonnes musiques pour tous les instants de la vie et que celle-ci est plutôt pour « la fête » que pour l’écoute et pour l’invention.
Les sources  de ce disque sont africaines, et plus rarement extrême-orientales et elles s’expriment à foison. Ce qui est fort bien. Mais on ne peut attendre d’  « Explorations » que ce qu’est cette musique, une musique pour le bonheur et le plaisir d’un instant. Il est vrai que nous avons tous besoin de ça à un moment ou un autre. On le trouvera assurément avec Supergombo. Avec, outre Etienne Kermarc, Riad Klai (g), David Doris (perc), Aurélien Joly (tp), Nacim Brahimi (sax), Wendlavim Zabsonre (dm), Romain Nassini (clav).

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* Laurent Stoutzer Praxis : les mouvements et les sons

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« Sounds Of Moves » (ACM Jazz Label/Socadisc Absilone) du groupe « Laurent Stoutzer Praxis » est un objet étrange. Mais pas étranger. Car se trouvent ici des mystères, nombreux, incertains, inatteignables mais si proches de nous, de nos émotions, de nos secrets, de nos rêves, de nos imaginations les plus incertaines.

Le guitariste Laurent Stoutzer a toujours été influencé par le rock, que ce soit celui Neil Young, de Franck Zappa ou de King Crimson et quelques autres, mais surtout et peut-être davantage encore par la musique contemporaine (Cage, Stockhausen, Reich, Ligety ou Glass). Cela habite entièrement sa musique et cela envahit l’auditeur avec à chaque note ou à chaque silence une justesse de ton sidérante.
Il faut dire combien « Sound Of Moves » nous offre une authentique « grande musique », d’une grande beauté, d’une véritable poésie.
Aux côtés de Laurent Stoutzer (guitar, live electronics) on entend ici Bruno Angelini (piano, rhodes, live electronics), Arnault Cuisinier (b) et Luc Isenmann (d).

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* Alexandre Perrot, Lande et « La Caverne »

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Le contrebassiste Alexandre Perrot a emporté littéralement ses compagnons (Quentin Ghomari tp, Ariel Tessier dm, et Julien Soro alto sax) dans une aventure d’une rare intensité. Il est vrai que pour cela il lui fallait des partenaires d’une ardeur exceptionnelle et qu’il a su les trouver parmi les meilleurs de leur génération. On ne peut que rester étourdi par la rythmique d’Ariel Tessier, incessante, foudroyante que, bien sûr Alexandre Perrot partage avec lui. Ces deux-là provoquent-ils la trompette et le saxophone ? Nul ne peut le dire. Sans doute. Même pas eux, semble-t-il. Mais tout se passe comme s’il s’agissait là d’une situation d’urgence tant tout paraît vital.  e.

Et c’est cela qui est beau dans « La Caverne » (LOO collectif), dans les inventions incessantes du quartet Lande : la musique n’y est aucunement un ornement, un moment parmi d’autres, une beauté définie par une idée qui ne serait pas elle-même dans le monde des musiciens, ni dans le nôtre, mais elle est à chaque mesure, hors toute mesure, démesure, parce qu’essentielle, première, fondatrice, renversant tout sur son passage et l’ordre des choses avant tout.

 

* « Fish Eye » : peur de rien !

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Finissons aujourd’hui en beauté. Avec « Fish Eye » (Jazzmobile) de Thierry Mariétan (g), Yoram Rosilio (b, perc) et Benoist Raffin (dm).
Il n’est pas certain que ces musiciens jouissent d’une grande notoriété à ce jour mais il serait justice que cela le soit sans tarder. On entre, dans cet enregistrement, dans un univers que l’on pourrait dire « inimaginable » si, au même moment, nous ne savions pas que ce que nous entendions là, c’était comme une part de nous-même. Et que cette musique était en son origine quelque chose qui est en chacun de nous. De façon diverse mais aussi de sorte que c’est cela qui nous réunit.

Il y a ici du free jazz, de la musique contemporaine, du blues, certainement d’autres musiques que l’on pourrait qualifier « d’originaires », qu’elles soient africaines, australes, occidentales. Elles sont du monde entier, partout où il y a quelqu’un pour les faire jaillir de ses émotions les plus intimes mais aussi les visibles si l’on veut bien, comme les poissons, garder toujours les yeux ouverts.

Peut-être n’est-il pas inutile de rassurer les indécis éventuels : il n’y a rien d’agressif dans la musique de ce trio. Ce n’est pas par la provocation, par l’interpellation des cris, qu’elle s’exprime et nous touche. C’est au contraire par une sorte d’introspection fondamentale qui, nous revoyant à nous-même, nous fait voir le monde s’un regard nouveau.

 

 

 



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