Les quatre saisons de Manuel Valera

Cela commence par un tempo aussi rapide que l’éclair. C’est en tout cas l’impression que cela donne. Sans mesure. Sans mesurer. Pourquoi donc le faudrait-il ? L’impression n’est-elle pas cela qui compte quand il s’agit de musique ?

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Nous voici donc entraînés, emportés, irrésistiblement par le piano de Manuel Valera (avec ses deux compères et complices que sont le bassiste Hans Glawischnig et le batteur E.J. Strickland), par un flux d’une vitalité inouïe dans cet univers qui porte le titre peut-être ambitieux de « The Seasons » (Mavo Records).

 

Manuel Valera a fait de cet enregistrement une sorte d’hymne aux saisons. D’hymne en effet, peut-être tant les références musicales sont importantes : Vivaldi bien sûr, mais aussi Haydn, Tchaikovsky (un œuvre pour piano, précisément) et dans une autre mesure explicite Beethoven (« Symphonie Pastorale ») ou Schumann (« Symphonie Le Printemps »).

 

Manuel Valera

Manuel Valera

Manuel Valera a ainsi composé quatre mouvements qui sont au cœur de ce disque et qui vont du Printemps à l’Hiver. Ils sont passionnants. Parce qu’ils n’ont rien d’attendu, ni de descriptif véritablement. Les images qu’ils inventent sont présentes avant toute  représentation, avant qu’elles soient constituées d’objets comme le seraient les fleurs du printemps, le soleil de l’été, les feuilles et la pluie d’automne, la glace et le vent de l’hiver, comme le seraient la naissance et la mort.

La musique de Manuel Valera est au-delà et surtout avant tout cela.

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Lorsqu’on écoute cet enregistrement, une fois entré dans le thème introductif intitulé  « Opening » (celui au tempo susdit) il est déjà trop tard pour se demander si Manuel Valera a été trop ambitieux. Parce que tout ce qui passe dès ce moment là, aussi différent que cela peut-être d’une plage à l’autre, vous emporte, vous entraîne et vous conduit à ces quatre « plages ». Et, si vous étiez encore hésitant, suspicieux ou seulement sceptique, vous vous diriez sans doute que vous aviez tort : que, plus l’ambition est grande, plus la réussite l’est aussi.
Du début à la fin de cet album la musique est toujours belle, foisonnante, riche, éclatante souvent, introspective aussi parfois (« In My Life » de Lennon et McCartney), qu’il invente ses propres saisons ou qu’il joue Cole Porter (« What Is This Called Love ») ou Leonard Cohen (« Hallelujah »). Les saisons battent en son cœur avec éclat comme dans un équilibre incertain, comme celui de la musique lorsqu’elle sait nous mener sur des chemins incertains, irrépressibles.



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