Bruno Schorp: la musique est une amitié

Le quartet que Bruno Schorp anime avec passion depuis les couleurs sombres ou claires de sa contrebasse est l’un des groupes les plus remarquables que l’on puisse entendre en ce moment.

Sans doute est-il fait d’excellents musiciens : le saxophoniste Christophe Panzani, le pianiste Leonardo Montana et le batteur Gautier Garrigue. Mais cela aurait-il suffit à faire de cet enregistrement si pertinemment titré « Into The World » (Shed music) une œuvre d’une aussi belle facture ?

Il y fallait non seulement l’entente (qui n’est parfois que le résultat d’une « technique ») mais bien plus encore l’amitié. En d’autres termes la compréhension, le désir : celui d’inventer ensemble encore plus que de jouer, celui de créer comme de chanter. Tout cela qui parcourt de bout en bout « Into The World ».
Les « invités » que sont le guitariste Nelson Veras (« Le lien »), la chanteuse Charlotte Wassy (le si beau « Travessia » de Milton Nascimiento) et les claviers de Tony Paeleman (« Into The World », « Katmandou » et « Louise ») ajoutent en ce sens. Comme s’ils faisaient partie de cette famille. Comme si tous étaient inséparables.

Charlotte Wassy

Charlotte Wassy

Mais cela ne suffit pas à dire ce qu’est la musique de Bruno Schorp compositeur aussi de six des neuf thèmes de l’album. Même si cette « amitié » ne peut que reposer sur cette force comme sur cette sorte douceur qui semblent l’habiter de bout en bout.

On entendra ici plus les nuances, les inflexions attentives, la délicatesse, les phrases bienveillantes qu’elles soient complexes ou plus simples, répétées ou déformées, non pour dire autre chose mais comme pour pénétrer plus avant dans le monde, dans ce monde qui est fait de l’alliance de chacun avec tous. Là où précisément se trouve le règne de l’amitié.

Gautier Garrigue

Gautier Garrigue

Il est impossible ici de se tromper car personne ne peut tromper quiconque qui habite ce monde musical de son amitié.
Quel serait, de ces quatre musiciens (sept si l’on veut, c’est la même chose, on l’a déjà souligné) celui qui prendrait le pas, qui s’arrogerait ce qu’il ne pourrait revendiquer ?

C’est tout au contraire et par exemple comme si le batteur (toujours excellent Gautier Garrigue – mes lecteurs me diront qu’étant moi-même habitant de Perpignan, je ne suis pas « objectif » avec Gautier) était là pour chanter, pour conduire son jeu avec la seule discrétion que la musique requiert, que ce qu’il faut jouer, imaginer, et seulement cela, doit l’être. Connie Kay, souvent était ainsi.

 

Bruno Schorp

Bruno Schorp

Et, de chacun des acteurs d’ « Into The World » on pourrait dire la même chose. C’est là que se découvre l’intelligence de la belle musique, celle de la vérité, de la vérité du monde.

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