Sun Dew: le mystère de la musique

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Plus que d’autres, il y a des musiques qui sont comme des mots ou plutôt qui, comme les vrais mots, ceux de la poésie, vous parlent. Ces musiques parlent avec des émotions ou par elles, enrichies à chaque mesure par la diversité de celles-ci. On ne sait d’où elles viennent, d’où elles proviennent – on connaît bien sûr le nom des inventeurs (les musiciens, compositeurs, interprètes, improvisateurs) mais leur mystère demeure ainsi : invisible, imperceptible en tant que tel. C’est sa manière à lui et donc à ces musiques, de nous saisir, de nous emporter.

Sun Dew est un sextet comme bâti autour d’un duo composé de la violoniste Héloïse Lefebvre et du guitariste Paul Audoynaud qui résident tous deux à Berlin depuis plus de cinq ans, ville qu’ils ont choisi – car il y a des lieux qui sont ainsi – pour les mélanges créatifs qui y règnent plus qu’ailleurs. Ils ont enregistré ce disque publié par le label Laborie dont on ne dit pas toujours suffisamment le travail intense de découverte en rassemblant Liron Ariv au violoncelle, Johannes von Ballestrem au piano et à différents claviers, Paul Santner à la contrebasse et la basse électrique et enfin Christian Tschuggnall à la batterie, aux percussions et à la « lap steel guitar ».

 

Sun Dew est bien de ces musiques qui saisissent, rares par leurs façons de s’exprimer, rares aussi par leurs puissances à nous faire vibrer et plus encore à nous donner comme une faculté décuplée d’imaginer, de nous-même créer des mondes qui sont à la fois les nôtres et peut-être pour une part ceux des musiciens.

 

Héloïse-Lefebvre-©Jean-Baptiste Millot

Héloïse-Lefebvre-©Jean-Baptiste Millot

Il faut aussi souligner combien le violon d’Héloïse Lefebvre est à chaque seconde étonnant : dans ses articulations, dans sa manière la plus intense de vibrer, dans sa sonorité. Cet instrument trouve ici une nouvelle voie grâce à ce que l’on pourrait dire une sorte de magicienne.

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Il serait injuste de ne pas souligner combien la guitare de Paul Audoynaud s’allie au violon et l’entraîne souvent avec une précision qui force l’admiration. Il faut dire aussi que tout le groupe, chaque musicien, a ici une place éminente. Sans doute parce que chacun assure la cohésion de l’ensemble.
S’il fallait cependant dire un regret (probablement tout personnel, c’est-à-dire sans doute non partagé et peut-être non partageable) : le thème introductif intitulé « Le penseur » (toutes les plages de cet album portent de beaux titres) n’est pas le meilleur. En tout cas, il ne donne pas une idée immédiate de la beauté de l’ensemble.

 

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