Dernières parutions: rattrapage chapitre 1

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« Correspondances » de François Raulin et Stephan Oliva (Abalone/L’autre distribution)
Cela fait déjà près de vingt-ans que François Raulin et Stephan Oliva ont fait se rencontrer leurs pianos. De ces désormais cinq « expériences » communes, toutes ont été des moments, non seulement réussis, mais importants et vibrants, généreux et imaginatifs, créatifs et harmonieux, surprenants et rassurants (comme la musique peut et doit « rassurer », nous mettre en accord avec nous-mêmes et le monde).
« Correspondances » est peut-être de tous les enregistrements de ce duo le plus remarquable.
On peut se demander comment une telle entente est possible, comment une telle esthétique peut se construire, semblant apparaître au moment-même où nous la découvrons (c’est ainsi que s’abolit toute distance entre la musique, les musiciens et l’auditeur : par conséquent, sidéré, saisi, emporté).
Mais la question est, de toute évidence inutile : elle n’aurait de sens que si, précisément, il y avait ici ou là, une faille. Et, s’il y en a, (pour tel ou tel auditeur, pour tel musicien, on ne peut guère douter qu’il en soit ainsi), c’est un peu comme si elle faisait partie du « paysage » : peut-on imaginer un monde sans fêlure, lisse et sans aspérité ? Il serait « parfait » et aurait ainsi sans doute perdu sa propre vérité.

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François Raulin et Stephan Oliva rendent ici quelques hommages : à Martial Solal, à Emma Bovary (seul personnage imaginaire de la « liste » mais pas le moins « réel » peut-être), comme à Ligeti, Randy Weston, Hermeto Pascoal, Jean-Jacques Avenel, Igor Stravinsky et Duke Ellington tous les deux réunis. Ils parlent avec Henri Dutilleux ou le compositeur américain Conlon Nancarrow. Ils n’oublient ni Paul Bley, ni des chanteuses aussi étonnantes elles-mêmes que Linda Sharrock (dont on se souvient peut-être de beaux enregistrements et d’aussi beaux concerts avec un autre pianiste qui ne se trouverait pas mal en compagnie de ces deux-là, Eric Watson).
Et puis, ils finissent par saluer un très grand musicien, bien trop oublié, Bix Beiderbecke.
Et nous, nous voici avec un grand bonheur musical.

« Paysage, avec bruits » de Marc Ducret & Journal Intime (Abalone/L’autre distribution)
On vante souvent la rigueur exigeante de Marc Ducret. On applaudit sa rencontre avec le trio de cuivres de Sylvain Bardiau (tp), Matthias Mahler (tb) et Frédéric Gastard (saxophone basse). Mais c’est être très au-dessous de la réalité. On n’atteint pas – c’est évident – un aussi intense niveau musical sans ces qualités-là (exigence, rigueur, ambition, même pourrait-on dire). Mais la musique – peut-être faudrait-il dire « les musiques » – que nous a donné (nous ont donné) Marc Ducret et Journal intime nous ont toujours emporté vers des mondes que nous ne connaissions pas : ils nous ont ouvert les yeux et surtout tous les sens, les plus « évidents », les plus secrets et, précisément pourrait-on dire, les plus « intimes ».

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« Paysage, avec bruits » ne fait pas exception : en quatre plages dont les titres sont eux-mêmes des promesses de poèmes (« La Renarde », « Kumiho », « Un vent violent », « Presque une île ») ils nous emmènent vers des contrées que nous pensions lointaines et dont nous découvrons qu’elles sont en nous, qu’elles sont nous.

« Petra » de Luca Aquino avec le Jordianian National Orchestra (Talal Abu-Ghazaleh International Records/Bonsai Booking & Management)
Disons-le d’entrée – ce n’est pas le plus important mais il faut le souligner – ce disque est une sorte de « construction » dont on aurait par conséquent pu craindre qu’il ne soit pas une réussite musicale. « Petra » est en effet un « projet » du bureau de l’UNESCO à Amman, l’organisation du docteur Talal Abu-Ghazaleh, l’association de l’Orchestre national Jordanien et les autorités régionales de Petra pour le développement et le tourisme (PDTRA). Tout cela dans le cadre de la campagne mondiale de l’UNESCO #Unite4Heritage.

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On pouvait donc craindre le pire et on a pourtant presque le meilleur : en tout cas un excellent moment musical, assez radical, inventif, audacieux pour que l’on se réjouisse de cette musique souvent étonnante. Loin d’une « world music » aussi inventive soit-elle. Il faut à coup sûr en attribuer le mérite au trompettiste italien Luca Aquino (également compositeur) et à son trio (Carmine Casale, accordéon et Sergio Casale flûte et arrangements). Mais aussi aux musiciens de dix nationalités qui ont concouru à la beauté, souvent puissante, parfois aussi apaisante, de « Petra ».

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Le fracas alentour apparaît cependant comme d’autant plus insensé : comment peut-on réaliser des merveilles et faire couler le sang presque d’un seul mouvement ? Une telle musique – celle de « Petra » bien sûr, nous fait malheureusement voir la guerre de façon peut-être encore plus terrible que nous aurions pu jusque-là le croire. Et nous savons désormais (faut-il s’en étonner ?) que les horreurs du monde sont plus noires que nous ne pouvions l’imaginer. Il est des moments où la musique ne peut nous consoler. C’est là, sans doute, la seule limite d’un tel « projet ».



Sarah Lenka: la joie de Bessie Smith

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Ce fut la première de toutes les grandes chanteuses de jazz. On la surnomma « L’impératrice ». Pouvait-on faire mieux, pouvait-on faire davantage ?

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Bessie Smith est aujourd’hui, pour des raisons sur lesquelles il es inutile de s’étendre, passée « à la postérité » : elle n’est devenue, le plus souvent qu’une référence « historique », éclipsée par Billie, Ella et tant d’autres et qui appartiennent à d’autres générations.

 

C’est donc une joie de voir qu’une jeune et talentueuse chanteuse française comme Sarah Lenka vient de consacrer à Bessie Smith (1894 -1937) un si beau disque !

Si beau, parce qu’empreint de joie de vivre, d’intelligence et même de méticulosité musicale, d’une réalisation absolument impeccable (beaucoup de studios majors devraient en prendre de la graine).
Si beau, parce que Sarah Lenka, sans vouloir égaler Bessie, lui donne tout son cœur, toute son âme, toute la poésie dont elle est capable, douée qu’elle est d’une immense et intense générosité.

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Intitulé « I dont dress fine » (jazzz&people) ce disque est un véritable petit joyau. Et s’il permet de découvrir ou de redécouvrir Bessie Smith, et bien, c’est encore mieux…

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Avec Sarah Lenka (voix), Fabien Mornet (banjo, dobro), Taofik Farah (guitare nylon), Manuel Marchès (contrebasse), Malo Mazurié (trompette, bugle), Ben L’Oncle Soul apparaît sur « Far Away Blues » avec l’aimable autorisation d’Universal Music

 



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