Le jazz en chanson: Hasse Poulsen et Hélène Labarrière

Il y a longtemps que le jazz a réussi quelques-uns de ses plus admirables chefs-d’œuvre en s’engouffrant dans les chansons populaires, celles des  « musicals » de Broadway, des films de Disney de « la belle époque » ou de Prévert et Kosma. Et de bien d’autres encore. Et cela continue et continuera encore. Car le jazz n’est pas un genre musical en lui-même mais une façon d’aborder la musique, une manière qui n’est que celle des musiciens eux-mêmes, dans leur singularité radicale, lorsqu’ils veulent dire leur émotion et peut-être la faire partager. Que celle-ci soit joyeuse ou nostalgique, qu’elle se souvienne d’une vieille rengaine, d’une berceuse ou d’un thème de Bach ou de Schubert.

Le jazz en chanson: Hasse Poulsen et Hélène Labarrière buskin-eric-legret-web-300x223

Aujourd’hui, c’est le guitariste Hasse Poulsen et la contrebassiste Hélène Labarrière qui nous réjouissent et nous enchantent avec des chansonnettes – sans que ce terme ait ici quoi que ce soit de péjoratif, de méprisant, de négatif, bien au contraire, puisqu’il désigne d’une certaine façon ce que nous avons, nous tous, chacune et chacun d’entre nous, au fond de nous, de musicalité et de musique, en quelque sorte « sans le savoir », ce qui fait que nous chantons sous la pluie ou sous la douche ce qui est plus prosaïque mais tout aussi bien le même signe de la vie qui nous porte.

Cela s’appelle « Busking » (Inacor records/L’autre distribution) et cela porte bien son nom : « en jouant dans la rue », comme ça, l’air de rien, parce que ce n’est rien, parce que c’est tout bonnement ainsi que viennent les plus belles choses que la musique peut donner à une femme, à un homme, à nous tous.

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Hasse Poulsen et Hélène Labarrière jouent Leonard Cohen (« Take This Waltz »), Paul Williams (« Special To Me »), Stromae (« Formidable »), « Feist (« Let It Die »), Lennon et McCartney (l’inusable « Lucy In The Sky With Diamonds »), Michel Berger et Luc Plamondon (« Les uns contre les autres ») et quelques autres encore comme Bob Dylan (« Farewell »).

Mais ce qu’ils font, ce qu’ils jouent, comment ils le jouent, comment ils l’inventent, l’imaginent, le rêvent, n’appartient qu’à eux. Et, par conséquent, n’appartient soudain qu’à nous. Parce qu’ils créent un monde, des univers, parce qu’ils sont là où on ne les attend pas, non pas qu’ils cherchent à surprendre à tout prix, encore moins à n’importe lequel, mais parce que la musique est ainsi, familière parce qu’étrange, extraordinaire parce que nous la connaissons déjà.

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Et, tous deux, comme deux amis, deux vrais amis, des amis qui s’aiment sans avoir besoin d’autre chose que d’être ensemble, qui sont ensemble où qu’ils soient, la contrebasse vibrant comme la guitare, la guitare la plus inventive du moment, celle de Hasse Poulsen, avec la basse la plus vivante et la plus heureuse, la plus intelligente qui soit, celle d’Hélène Labarrière, et nous voici, nous aussi, entraînés sur les chemins de la chanson, sur ceux de la musique, sur ceux du jazz, sur les routes de la liberté qui nous habite.

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