Shakespeare et le jazz

Et si le théâtre et la poésie de Shakespeare étaient du jazz ?

Cette question est bien sûr historiquement stupide. Et, par ailleurs, tenter de le démontrer, de dire en quoi dans l’œuvre de l’un des plus grands écrivains de tous les temps (pour ne pas dire le plus grand), il y aurait quelque chose que l’on pourrait apparenter au jazz serait d’une prétention et sans doute d’une absurdité sans noms.

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Alors oublions tout cela et louons sans fin le destin, ou l’intelligence de quelques-uns, ou le hasard qui fait parfois mieux que beaucoup d’autres « mécanismes » les choses, de nous permettre aujourd’hui de savourer les « Shakespeare Songs » que nous donnent Guillaume de Chassy (p), Andy Sheppard (saxophones), Christophe Marguet (dm) accompagnés ou accompagnant (comment faut-il l’entendre ? comment faut-il le dire ?) la merveilleuse Kristin Scott-Thomas lisant le grand William (CD Abalone/L’autre distribution).

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Tout cela peut sembler étrange : une association quelque peu abracadabrante entre la musique et Shakespeare. Même si tant et tant de musiciens se sont inspirés de lui, au moins jusqu’à Duke Ellington (« Such Sweet Thunder »  en 1957) pour ce qui concerne le jazz.

 

La réussite merveilleuse de cet enregistrement provient sans doute d’une alchimie toute particulière. Une alchimie qui a évité les pièges de l’illustration, du « redoublement » ou de la redite (évités dans un tout autre contexte musical par le « Romeo et Juliette » de Berlioz mais pas par Prokofiev s’inspirant de la même tragédie.) Une alchimie qui provient sans doute de l’absence de tout calcul, de toute préméditation et presque de toute « intention ».

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Grâce soit donc rendue à cette musique, à ce trio venu de nulle part, à cette voix si présente : ils ont su se laisser emporter par la poésie, par la littérature, par la vérité des mots lorsqu’ils sont aussi réels que rêvés, empreints de l’émotion qui les invente comme de la vie qu’ils disent. Grâce soit rendue à un ouvrage, à une œuvre faite de liberté, par la liberté elle-même, à une musique qui donne de l’espoir, l’envie de poursuivre encore et encore les chemins qui s’ouvrent devant nous aussi difficiles soient-ils.



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