Claire Michael, l’instant du bonheur

 

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Elle aurait pu, elle aurait pu ?… Mais qu’aurait-elle donc pu faire ?

Sans doute, s’est-elle posée la question si souvent.

Sans doute a-t-elle trouvé maintes fois la réponse.

A chaque fois pourtant, elle a hésité.

Et puis, peut-être a-t-elle oublié, oublié ce qui jusque-là paraissait primordial. Et qui finalement n’était pas l’essentiel.

Puis un jour elle s’est abandonnée. C’est ainsi qu’elle n’a pas abandonné. C’est ainsi qu’elle a retrouvé ce qui depuis toujours animait sa musique. C’est ainsi qu’elle s’est retrouvée elle-même, plus elle-même que jamais.

 

Maintenant c’est un peu comme si elle s’était entièrement dévoilée, sans retenue. Sans autre retenue que celle qu’il faut pour faire un don, pour être soi-même l’offrande, la retenue qui n’est autre que celle du respect de soi et ainsi de ceux envers qui vous vous mettez comme à nu.

Maintenant on peut l’imaginer heureuse, heureuse de ce bonheur lorsqu’il s’accomplit. A l’instant choisi d’un travail parfois difficile sans doute, après des épreuves dont certaines ont pu sembler épuisantes, après des chemins de traverse utiles, indispensables même, là-même pourtant où ils ont semblé ne mener qu’à des errances fatales. Fatales, non parce qu’il y aurait eu un mur au bout de la route mais parce que la route aurait sans fin poursuivi un parcours dépourvu de tout, comme un désert fascinant mais répétant sans cesse le même paysage.

…/…

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Maintenant, avec Trane Steps, on peut penser que la saxophoniste Claire Michael est en accord avec elle-même. C’est, tout au long de cet enregistrement, ce que l’on entend. Car ce que l’on entend, précisément, c’est la musicienne : ce qu’elle ressent, ce qu’elle vit, ce qu’elle éprouve de la vie.

 

Plutôt que de proposer un quelconque « Tribute To John Coltrane », hommage qui aurait pu être totalement réussi (imaginons qu’il en aurait été ainsi, ce n’est sans doute pas trop difficile, pas si difficile à concevoir), avec des thèmes comme « Giant Steps » ou « Naima » encore plus qu’avec ses propres compositions – et ici se situe un autre tour de force – Claire Michael nous fait vivre sa musique. Pas seulement celle de Coltrane, mais sans doute comme il l’aurait lui-même aimé, sa musique à elle. Claire Michael peut ne pas jouer « si loin » de ce que jouait Coltrane c’est pourtant elle-même que l’on entend, ses propres sentiments, ses émotions à elle, qu’elle joue et qu’ainsi elle offre.

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Aimera-t-on toutes les pièces de Trane Steps ? Ce n’est pas certain. Il faudrait cependant être sourd pour ne pas se laisser emporter par la voix de la saxophoniste lorsqu’elle abandonne son instrument pour chanter en choisissant ainsi une autre manière d’être elle-même. Peut-être d’autres plages sembleront un peu plus convenues, moins intenses. Si c’est le cas, qu’importe ! Il y a ici assez de vitalité dans la musique pour que l’on ait acquis une part de bonheur.

 

* Trane Steps est un enregistrement Blue Touch (distribution Rue Stendhal) avec Claire Michael, Michel Vallet (piano, claviers), Patrick Chartol (basse) et Thierry Le Gall (batterie)



1 commentaire

  1. amar 15 décembre

    que du bonheur

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