Un siècle seulement avec Robert Johnson

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Le 8 mai 2011, si l’on en croit les chroniques (mais il ne faut jamais les croire, surtout dans ce cas où tout est incertain) nous pourrions célèbrer l’anniversaire de la naissance de Robert Johnson.

Robert Johnson est non seulement présent au coeur de celles et de ceux qui aiment ce que l’on appelle le blues mais aussi, et de la même manière, chez toutes celles et tous ceux aussi qui aiment le jazz. Et sans doute, bien d’autres musiques, rock an’ roll en tête.

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C’est un texte extrait du roman noir de James Sallis « Le faucheux » (Folio policier Gallimard) qui – comme sur www.michelarcens.unblog.fr – constitue le centre de l’évocation de Robert Johnson sur « Notes de jazz ».

« Parce que l’esclave ne pouvait pas dire ce qu’il pensait… il disait autre chose. Il ne tarda pas à dire toutes sortes de choses qu’il ne pensait pas. Nous appellerions cela de la dissimulation. Mais ce qu’au fond, il voulait dire, c’était cela, le blues… Un jour il a dit à un journaliste que les jeunes avaient tort. Ils essayaient de rentrer à l’intérieur du blues, alors que c’était un moyen de sortir, sortir des journées de travail de seize ou dix-huit heures, sortir de leur cadre de vie, de ce qui les attendaient eux et leurs enfants, sortir tout simplement de cette souffrance qui ne les lâchaient pas…

C’est ainsi qu’a évolué le blues pour finalement devenir une autre forme de dissimulation, une autre façon de ne pas dire ce qui était exprimé. Un moyen « sans danger » d’affronter la colère, la souffrance, les désillusions, la rage, la perte des choses. Lorsque le bluesman chante que sa chérie l’a encore quitté, il n’évoque pas la fin d’une relation amoureuse, il pleure le détournement de son existence et de son être [...]

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[...] J’ai éteint la télé, je me suis resservi du whisky et j’ai essayé d’imaginer comment ce serait sans elle. Je suis sorti sur le balcon pour observer le défilé des âmes, les propres et les sales, dans la rue en contrebas. L’association du froid extérieur et de la chaleur intérieure procurée par le whisky était enivrante, électrique. Demain serait porteur de bonnes nouvelles. Vicky ne partirai pas. »

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http://www.musicme.com/Robert-Johnson/albums/The-Centennial-Collection-0886443001466.html?play=01

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Et, voici pourquoi cette autre citation, de Lorand Gaspar cette fois (« Derrière le dos de Dieu » Gallimard 2010), dit si bien ce qu’est la musique de Robert Johnson:

« Nous n’avons que cette musique – multitude blessante et joyeuse pour toucher le feu qui nous habite. »

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Est-ce la raison pour laquelle une chanteuse, plutôt qu’un chanteur, fut-il Eric Clapton, fussent les Stones eux-mêmes, est-ce la raison pour laquelle une chanteuse de jazz, Cassandra Wilson consacra un album à Robert Johnson? En donnant à cette musique toute la vie qui l’habite… depuis cent ans et pour longtemps sans doute…

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http://www.musicme.com/Cassandra-Wilson/albums/Robert-Johnson-5099751257325.html?play=01

Une autre chanteuse a, elle aussi, magnifiquement chanté Robert Johnson. C’est Patti Smith qui nous a donné une interprétation si brûlante de « Come on in my kitchen ».

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Si vous souhaitez écouter cette musique et que, comme moi, vous ne la trouviez pas encore (elle devrait, je pense, ne pas trop tarder) sur le « net » ou dans vos discothèques préférées vous pouvez me la demander, je vous enverrai par « mail » le fichier correspondant.

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Il y a des bonheurs qui ainsi se méritent !!!

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