Des nouvelles de l’Océan Indien chapitre I: l’île Maurice

runionmaurice2011232.jpg

Sans doute, comme l’écrivit Cesare Pavese, cité par Bertrand de Robillard dans « Une interminable distraction au monde » (L’Olivier) :

« La maturité est aussi la chose suivante : ne plus chercher au dehors mais laisser parler la vie intime, avec son rythme qui seul compte. » 

arton22018e3bce.jpg

Le rythme est cela même qui bat au cœur de la vie et de l’épreuve que nous en faisons, de cette épreuve dont elle ne se distingue pas et que le jazz porte en lui, lui qui est fait de rythme comme de « feeling » ce qui pourrait bien être la même chose.

Bertrand de Robillard est l’un des écrivains les plus importants de l’île Maurice dont il est l’un des deux représentants au Salon du livre de Paris en cette année 2011. Il est aussi un amoureux de jazz auquel il fait parfois référence dans ses romans. Il est l’auteur du dossier « Jazz en héritage »  publié par la revue mauricienne « Performances » à la suite de la disparition du saxophoniste Ernest Wiehe en juin 2010.

20106largeimg210jun2010123758520.jpg

(E Wiehe à gauche sur la photo)

Sur l’île Maurice le jazz est particulièrement vivant, de l’hôtel Tamarin réputé « le seul club de jazz » de l’île au Melting Pot de Moka en passant par le Blue Bambou de Mahébourg ou Le Sapin de Camp Levieux.

Eric Triton, Clifford Boncoeur ou son frère Jonathan, Cyril Michel, Dean Nukadoo, Philippe Thomas, Samuel Laval, Mylène Bamboche, Caroline Auckbaraullee sont parmi ceux, nombreux et très talentueux qui font du jazz une musique vivante un peu partout à Maurice. Avec passion.

15erictriton.jpg

(Eric Triton)

Peut-être que le ciel des tropiques – plus vaste, plus immobile souvent -, peut-être que la lumière qui frappe la nature et les hommes aussi, là-bas, sont propices à ce que la vie se dévoile dans les rythmes de la musique. Il n’est alors pas surprenant que, loin de La Nouvelle-Orléans, de New-York, de Chicago, le jazz qui se moque des frontières, ait une place essentielle.

gifbertrandinter1.jpg

(Bertrand de Robillard)

C’est sans doute pour les mêmes raisons que, Bertrand de Robillard dans le roman déjà cité écrit aussi : « Car j’étais d’avis qu’en matière de littérature, comme en musique, il y avait une question déterminante liée au rythme, en vue d’une appréciation correcte de l’ouvrage. Toutefois, si dans le domaine musical la décision du tempo incombe au musicien, en littérature c’est au lecteur que revient cette option – qu’il prend généralement sans y penser. » 

runionmaurice2011141.jpg

C’est ainsi qu’il peut conclure ainsi cette  » Interminable distraction au monde » :

« … Notre aventure, vraisemblablement, ne sera pas celle que nous sommes, à tort, allés chercher dans un ailleurs étranger à nous, mais plutôt ce cheminement intérieur dont tu me parles. Il m’est apparu, pour utiliser une métaphore que tu apprécieras peut-être, comme une improvisation musicale, une sorte de musique aléatoire, un morceau en cours de composition où l’on pourrait percevoir, du compositeur opérant en terrain inconnu, les doutes et les hésitations, qui se feraient de moins en moins fréquentes à mesure qu’approcherait la fin. Une musique qui trouve résonnance dans ma préférence, comme la tienne, à cultiver le doute plutôt que la certitude. Et je me dis que je veux continuer de cheminer à tâtons, à tes côtés. »

Des nouvelles de l'Océan Indien chapitre I: l'île Maurice u3661585418849

En coda on peut ici écouter Eric Triton et son album « Blues dan mwa »:

http://www.musicme.com/Eric-Triton/albums/Blues-Dan-Mwa-3661585418849.html?play=01



Laisser un commentaire

louvteaux jeanette bretigny... |
du rock prog au metal symph... |
LIVE ON MARS ? |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | L'instant Critik
| lyd music
| ROCK'N'POP RELIGION