Bill Dixon: comment s’écrit l’histoire

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Il n’est pas certain qu’il fasse la « Une », même des magazines spécialisés.

Il nous a quittés le 16 juin dernier. Il était né à Nantucket, Massachusetts le 5 octobre 1925.

Il s’appelait William Robert « Bill » Dixon.

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On dit qu’il était trompettiste, compositeur, pianiste, enseignant. Il était surtout une sorte de rassembleur, un organisateur. Bill Dixon dans ce domaine-là, avait un grand talent. Parce que son action reposait sur une véritable conception de la musique. Parce qu’elle reposait sur une profonde conception des rapports humains.

C’est ainsi qu’il fonda la Jazz composers’ guild. C’était en 1964. Il s’agissait alors de promouvoir le free jazz mais aussi de défendre les conditions de travail de ceux qui jouaient cette musique qui écorchait souvent les oreilles de ceux qui décidaient des concerts et des enregistrements, qui détenaient les clés de l’existence des musiciens. Il était plus facile alors à Lionel Hampton qu’à Cecil Taylor de décrocher un cachet !

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Quelques années plus tard, William Bill Dixon créa aussi  l’United nations jazz society afin de promouvoir la diffusion du jazz dans le monde entier.

Bill Dixon fut ainsi un homme-clé.

Parce que, comme trompettiste de jazz, il fut l’un des plus remarquables d’entre eux dans le « courant » qui était le sien, celui du free-jazz. Il pouvait être l’un de ces tous premiers parce qu’il avait de son art une véritable vision. Non pas « free » pour laisser libre cours à tout n’importe quand, n’importe comment, ou à peu près comme les détracteurs du free le croyaient en fermant leurs oreilles trop souvent. Mais en tentant – seule voie sans doute éclairée – d’atteindre l’impossible, l’inouï, par la liberté et par la rigueur associées, entrelacées, emmêlées, inséparables. Car complémentaires et non contradictoires.

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Il y avait chez Bill Dixon, il y avait dans sa musique, le souffle de l’intelligence et celui de la vie, également partagés. Partagés, d’autant que pour lui, à juste titre sans doute, il n’y avait jamais de différence entre la vie du corps et celle de l’esprit.

Il serait juste de rendre à Bill Dixon un hommage au-delà de sa renommée. Il serait juste d’écrire une sorte de nouvelle histoire du jazz qui prenne en compte, non ce qui semble avoir eu lieu, parce que un certain « topos » de la pensée nous le fait croire, mais ce qui compte de façon fondamentale. Tantôt les deux « histoires » n’en feraient qu’une. Mais tantôt elles se sépareraient.

Jusqu’à rendre le free jazz parfois romantique et empreint des plus intenses émotions : Bill Dixon savait faire mille choses.

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Il vaut que nous l’entendions avec attention. Plutôt comme une promesse que comme l’image d’un passé révolu. Il faut ainsi écrire l’histoire comme un présent indéfini. En écoutant ce qui se dit vraiment. A chaque fois. Bill Dixon, en nous quittant, nous le rappelle et nous appelle à cela.

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Voici un peu de la musique de Bill Dixon. D’abord avec Archie Shepp:

http://www.musicme.com/Archie-Shepp/albums/Quartet-8436019580653.html?play=01

 Puis avec Tony Oxley en deux « étapes »:

http://www.musicme.com/Bill-Dixon/albums/Papyrus-(Vol.1)-0027312130829.html?play=01

http://www.musicme.com/Bill-Dixon/albums/Papyrus-(Vol.2)-0027312133820.html?play=01



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