Denis Fournier & Alexandre Pierrepont: l’alliance de la musique et du texte

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« Traités et Accords » vise haut. Il vise juste. Alexandre Pierrepont est sans doute l’un des meilleurs écrivains de la planète « Jazz » et Denis Fournier – on l’a déjà dit ici et on le redira autant qu’il faudra – l’un des plus remarquables musiciens que l’on puisse entendre. Peut-être faut-il prêter l’écoute à l’un et un peu de son amour de la lecture à l’autre, ne serait-ce que parce que ces deux-là n’aiment pas particulièrement les feux de la rampe ou plutôt ceux des projecteurs.

Leur rencontre est donc une chance pour nous tous.

Il y a ici bien de merveilleux moments car Denis comme Alexandre sont poètes tous les deux. Et un dialogue en poésie, là où l’essentiel, ce qui est primordial, est toujours musique c’est une promesse d’émotions, de présences multiples, finalement, de bonheurs à recevoir et à partager.

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Peut-être devrait-on cependant, dans ce type de rencontre, laisser un peu moins de place aux mots. Ils ont, me semble-t-il, l’inconvénient d’être porteurs de sens dans la mesure où ils désignent souvent des « objets » extérieurs, où ils racontent ou disent quelque chose au-delà d’eux-mêmes. Et ici, ne peut-on pas dire que « Gestes et opinions des huit tribus » (troisième plage de cet enregistrement) prend une place un peu grande par rapport à la musique elle-même ? (ce qui n’est en aucune façon une critique ni du texte ni de la musique de Denis Fournier, seulement une question, non seulement d’équilibre, mais de conception et surtout vis-à-vis de nous-même car avons-nous la capacité de tout « entendre » ?)

Cette interrogation mise à part, « Traités et Accords » est une œuvre d’une grande richesse à laquelle il faut s’ouvrir et sans aucun doute revenir.

On retiendra aussi que cet album bénéficie d’une réalisation particulièrement soignée due pour une bonne part à l’excellent Georges Souche, ce qui ajoute en ces temps de dématérialisation, une dimension concrète d’une grande beauté. Ainsi, la mosaïque du labyrinthe du Minotaure, en première page du livret qui (et c’est fort précieux) comporte tous les textes d’Alexandre Pierrepont, nous invite à oser pénétrer le royaume sans retour de la poésie et de la musique. (Vent du Sud/distribution Les Allumés du Jazz)

Ici le site de Denis Fournier: http://www.denisfournier.fr/

 



Dernières parutions (suite): rattrapage chapitre 2

Voici sans doute la « chronique » la plus embarrassante qu’il me fut jamais donné d’écrire. Je me demande d’ailleurs en cet instant si je ne devrais pas m’arrêter ici même.

« Embarrassante » cette « chronique » car il y a dans tous ces enregistrements (cinq au total) beaucoup de choses très belles, saisissantes, intéressantes (ce n’est pas tout à fait pareil) et aucun ratage.

Il n’est pas question de procéder à un classement quelconque qui serait stupide, à des comparaisons qui ainsi n’auraient aucune raison et surtout aucune pertinence. Le vrai risque est en revanche de se répéter et ainsi, finalement, de ne rien dire ou à peu près. Pourtant, et peut-être aussi à cause de cela, parce que j’ai découvert certains des musiciens à l’occasion de ces disques, il ressort de cet ensemble que la créativité est loin d’être morte, loin même de s’apaiser tant on entend de puissance, de forces, parfois aussi de colère dans ces musiques.

Bref, je suis déjà en train de les présenter indistinctement et c’est exactement ce qu’il ne faut pas faire, ni pour les lecteurs de ces lignes, ni bien sûr, et encore moins, pour les musiciens eux-mêmes.

Changeons donc de perspective :

 

Laurent Bonnot : Hermit’s Dream (Label Durance/distribution Orkhêstra International) :

Laurent  Bonnot est bassiste électrique et il s’est entouré de musiciens très talentueux : Serge Lazarevitch (g), Laurent Dehors (cl et cl b) et Médéric Collignon (tp). Bonnot tient une place aussi pertinente qu’elle est souvent discrète alors qu’une écoute attentive montre combien il « dirige » cet opus avec intelligence. Il faut dire (redire) que ceux qui ici l’accompagnent savent écouter, s’écouter et inventer de belles musiques. Hermit’s Dream est l’affaire d’une véritable « équipe » avec un leader qui joue un vrai rôle de  catalyseur, assurant la synthèse des belles sonorités et des images souvent très originales de ses trois compagnons.

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Christophe Rocher/Ensemble Nautilis : Regards de Breizh (Innacor/L’autre distribution) :

Cet enregistrement est le fruit de ce que ses auteurs ont appelé un « photo-concert », l’ensemble Nautilis inventant ses propres musiques à partir de photographies de Guy Le Querrec, toutes prises en Bretagne dans les années soixante-dix (en tout cas pour les sept d’entre elles qui figurent dans le livret de ce disque). Ce type de création se multiplie et c’est très bien car elles ont au moins pour conséquence de nous faire voir que l’art est unique et que les catégories, là comme ailleurs, doivent être franchies, que les barrières doivent être abaissées et les différences respectées et cependant réunies. On entend ici, dans une formation qui comprend en tout sept musiciens et une musicienne, (Christophe Rocher étant lui-même clarinettiste) et à laquelle ont été invités Jacky Molard (vl) et Hélène Labarrière (b) plus d’échos de l’Art Ensemble Of Chicago que de la musique traditionnelle bretonne. C’est là, assurément, un bon choix. Et comme la colère des « Hommes forts » pour ne citer que cette plage (en Bretagne il y en a encore et très belles) qu’elle laisse souvent la place à des compositions apaisées et apaisantes, Regards de Breizh s’avère une belle expérience, ici – on le comprendra – toutefois plus sonore que visuelle.

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Free Human Zoo : Freedom, Now ! (Ex-tension-seventh records/Pias Harmonia Mundi) :

Il y a ici, disons-le tout de suite, quelques belles surprises. « Surprises », parce que je ne savais rien de ce projet bien que (si je m’étais informé j’aurais pu le savoir, Free Human zoo avait sorti un premier enregistrement en 2014) jusqu’à ce qu’il arrive jusqu’à moi sous la forme d’un courrier qui pour être, et c’est bien normal, promotionnel était cependant rédigé avec une sorte d’humanité assez rare dans ce domaine. Cela peut d’ailleurs présager du meilleur mais aussi parfois… enfin, pas toujours. Eh bien, Freedom, Now ! est une belle réussite elle aussi. Elle est probablement due à l’inventivité et à l’imagination généreuse de Gilles Le Rest (batteur, percussionniste, vocaliste et compositeur). Il est entouré notamment de Samy Thiebault (st, fl) et d’excellents guitaristes (Matthieu Rosso et sur le titre éponyme Dan Decrauze). On doit souligner aussi le talent de tous les musiciens de ce groupe et notamment celui du tromboniste et arrangeur Laurent Skoczek. Tout cela est assez vivifiant, réjouissant, audacieux : en un mot on pourrait dire vivant. Est-ce à dire « libre » ? Assurément !

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Marc Boutillot Quartet : Lumières sur la nuit (Classiquez/Chanteloup Musique/UMV distribution) :

C’est pour des sonorités si originales qu’on pourrait les dire incroyables, celles de la clarinette et de la clarinette basse de Marc Boutillot que vaut le plus Lumières sur la nuit. Ce beau titre est à l’image de ce beau disque, de cette musique inattendue et parfois sombre, nocturne comme son nom l’indique, claire comme il le dit aussi. Marc Boutillot est aussi le compositeur des treize plages du CD. La composition est sans doute la chose la plus difficile qui soit et cette musique qui a été imaginée pour être celle d’un film n’est pas toujours égale.

(Il faut noter que c’est le cas de tous les disques de cette chronique : chaque « pièce » peut retenir plus ou moins l’attention, susciter plus ou moins l’émotion. Mais quoi de plus normal ! Chez tous les plus grands musiciens de jazz (et pas seulement) c’est aussi le cas).

Il y a ici, même si l’image est facile et convenue de ma part, de si beaux scintillements et une nuit si sombre, si claire aussi, que Marc Boutillot, Leonida Fava (g), Philippe Monge (b) et Julien Augier (dm), nous enchantent.

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Schwab Soro : Volons ! (Neuklang/Distribution Harmonia Mundi) :

Schwab Soro cela devient une sorte de « concept » : on finit par ne plus dissocier le bassiste (le premier, prénommé Raphaël) du second, saxophoniste alto (prénommé Julien). Leur premier disque portait comme titre leurs deux noms et rien d’autre. Il a obtenu toutes les louanges et a échappé complètement à tort à ces prétendues « Notes de jazz ». Ces deux musiciens qui travaillent aussi dans l’excellent « Ping Machine » sont formidables. On pourrait les écouter en boucle que l’on découvrirait toujours quelque chose de nouveau. Dans leur musique mais aussi en nous. Leur union semble totale, tant sur le plan technique bien sûr (c’est en tout cas ce que l’on attend tout naturellement) mais aussi – cette fois encore – dans l’inventivité d’une musique incomparable. Que l’on ne me demande pas de la décrire (les mots de toute façon ne sont pas capables de cela), de la mettre en regard avec d’autres réalisations (je trouve l’exercice sans intérêt et dans certains cas plus erratique qu’autre chose : il y a d quoi se fourvoyer dans ce genre d’exercice). Qu’on l’écoute ! Voilà tout ! Et peut-être saurons nous un peu ce que c’est que voler comme des oiseaux.

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Dernières parutions: rattrapage chapitre 1

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« Correspondances » de François Raulin et Stephan Oliva (Abalone/L’autre distribution)
Cela fait déjà près de vingt-ans que François Raulin et Stephan Oliva ont fait se rencontrer leurs pianos. De ces désormais cinq « expériences » communes, toutes ont été des moments, non seulement réussis, mais importants et vibrants, généreux et imaginatifs, créatifs et harmonieux, surprenants et rassurants (comme la musique peut et doit « rassurer », nous mettre en accord avec nous-mêmes et le monde).
« Correspondances » est peut-être de tous les enregistrements de ce duo le plus remarquable.
On peut se demander comment une telle entente est possible, comment une telle esthétique peut se construire, semblant apparaître au moment-même où nous la découvrons (c’est ainsi que s’abolit toute distance entre la musique, les musiciens et l’auditeur : par conséquent, sidéré, saisi, emporté).
Mais la question est, de toute évidence inutile : elle n’aurait de sens que si, précisément, il y avait ici ou là, une faille. Et, s’il y en a, (pour tel ou tel auditeur, pour tel musicien, on ne peut guère douter qu’il en soit ainsi), c’est un peu comme si elle faisait partie du « paysage » : peut-on imaginer un monde sans fêlure, lisse et sans aspérité ? Il serait « parfait » et aurait ainsi sans doute perdu sa propre vérité.

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François Raulin et Stephan Oliva rendent ici quelques hommages : à Martial Solal, à Emma Bovary (seul personnage imaginaire de la « liste » mais pas le moins « réel » peut-être), comme à Ligeti, Randy Weston, Hermeto Pascoal, Jean-Jacques Avenel, Igor Stravinsky et Duke Ellington tous les deux réunis. Ils parlent avec Henri Dutilleux ou le compositeur américain Conlon Nancarrow. Ils n’oublient ni Paul Bley, ni des chanteuses aussi étonnantes elles-mêmes que Linda Sharrock (dont on se souvient peut-être de beaux enregistrements et d’aussi beaux concerts avec un autre pianiste qui ne se trouverait pas mal en compagnie de ces deux-là, Eric Watson).
Et puis, ils finissent par saluer un très grand musicien, bien trop oublié, Bix Beiderbecke.
Et nous, nous voici avec un grand bonheur musical.

« Paysage, avec bruits » de Marc Ducret & Journal Intime (Abalone/L’autre distribution)
On vante souvent la rigueur exigeante de Marc Ducret. On applaudit sa rencontre avec le trio de cuivres de Sylvain Bardiau (tp), Matthias Mahler (tb) et Frédéric Gastard (saxophone basse). Mais c’est être très au-dessous de la réalité. On n’atteint pas – c’est évident – un aussi intense niveau musical sans ces qualités-là (exigence, rigueur, ambition, même pourrait-on dire). Mais la musique – peut-être faudrait-il dire « les musiques » – que nous a donné (nous ont donné) Marc Ducret et Journal intime nous ont toujours emporté vers des mondes que nous ne connaissions pas : ils nous ont ouvert les yeux et surtout tous les sens, les plus « évidents », les plus secrets et, précisément pourrait-on dire, les plus « intimes ».

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« Paysage, avec bruits » ne fait pas exception : en quatre plages dont les titres sont eux-mêmes des promesses de poèmes (« La Renarde », « Kumiho », « Un vent violent », « Presque une île ») ils nous emmènent vers des contrées que nous pensions lointaines et dont nous découvrons qu’elles sont en nous, qu’elles sont nous.

« Petra » de Luca Aquino avec le Jordianian National Orchestra (Talal Abu-Ghazaleh International Records/Bonsai Booking & Management)
Disons-le d’entrée – ce n’est pas le plus important mais il faut le souligner – ce disque est une sorte de « construction » dont on aurait par conséquent pu craindre qu’il ne soit pas une réussite musicale. « Petra » est en effet un « projet » du bureau de l’UNESCO à Amman, l’organisation du docteur Talal Abu-Ghazaleh, l’association de l’Orchestre national Jordanien et les autorités régionales de Petra pour le développement et le tourisme (PDTRA). Tout cela dans le cadre de la campagne mondiale de l’UNESCO #Unite4Heritage.

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On pouvait donc craindre le pire et on a pourtant presque le meilleur : en tout cas un excellent moment musical, assez radical, inventif, audacieux pour que l’on se réjouisse de cette musique souvent étonnante. Loin d’une « world music » aussi inventive soit-elle. Il faut à coup sûr en attribuer le mérite au trompettiste italien Luca Aquino (également compositeur) et à son trio (Carmine Casale, accordéon et Sergio Casale flûte et arrangements). Mais aussi aux musiciens de dix nationalités qui ont concouru à la beauté, souvent puissante, parfois aussi apaisante, de « Petra ».

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Le fracas alentour apparaît cependant comme d’autant plus insensé : comment peut-on réaliser des merveilles et faire couler le sang presque d’un seul mouvement ? Une telle musique – celle de « Petra » bien sûr, nous fait malheureusement voir la guerre de façon peut-être encore plus terrible que nous aurions pu jusque-là le croire. Et nous savons désormais (faut-il s’en étonner ?) que les horreurs du monde sont plus noires que nous ne pouvions l’imaginer. Il est des moments où la musique ne peut nous consoler. C’est là, sans doute, la seule limite d’un tel « projet ».



Sarah Lenka: la joie de Bessie Smith

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Ce fut la première de toutes les grandes chanteuses de jazz. On la surnomma « L’impératrice ». Pouvait-on faire mieux, pouvait-on faire davantage ?

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Bessie Smith est aujourd’hui, pour des raisons sur lesquelles il es inutile de s’étendre, passée « à la postérité » : elle n’est devenue, le plus souvent qu’une référence « historique », éclipsée par Billie, Ella et tant d’autres et qui appartiennent à d’autres générations.

 

C’est donc une joie de voir qu’une jeune et talentueuse chanteuse française comme Sarah Lenka vient de consacrer à Bessie Smith (1894 -1937) un si beau disque !

Si beau, parce qu’empreint de joie de vivre, d’intelligence et même de méticulosité musicale, d’une réalisation absolument impeccable (beaucoup de studios majors devraient en prendre de la graine).
Si beau, parce que Sarah Lenka, sans vouloir égaler Bessie, lui donne tout son cœur, toute son âme, toute la poésie dont elle est capable, douée qu’elle est d’une immense et intense générosité.

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Intitulé « I dont dress fine » (jazzz&people) ce disque est un véritable petit joyau. Et s’il permet de découvrir ou de redécouvrir Bessie Smith, et bien, c’est encore mieux…

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Avec Sarah Lenka (voix), Fabien Mornet (banjo, dobro), Taofik Farah (guitare nylon), Manuel Marchès (contrebasse), Malo Mazurié (trompette, bugle), Ben L’Oncle Soul apparaît sur « Far Away Blues » avec l’aimable autorisation d’Universal Music

 



Akpé Motion: les couleurs du monde

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« Migrations » le dernier disque d’Akpé Motion vient de sortir après que le groupe eut fait un passage remarqué et, il faut le dire assez remarquable en effet, par « Jazz in Marciac ».

Les mélodies d’Akpé Motion nous font voir toutes les couleurs du monde : de celles que l’on imagine venues des tropiques chatoyants mais aussi de celles qui proviennent des migrations, celles de la faim ou de la peur et de la terreur (ce qui ne fait sans doute aucune différence, contrairement à ce que l’on dit parfois).

Pascal Bouterin

Pascal Bouterin

La musique d’Akpé Motion naît à chaque instant : toujours sidérante, toujours belle au point d’être admirable. Elle s’ancre souvent dans les éclairs de l’électrique Miles Davis.

Alain Brunet

Alain Brunet

Mais elle a surtout son propre génie, celui d’une invention constante, renouvelée, généreuse, enthousiasmante, voyageuse, éprise de liberté. Non seulement pour elle-même mais pour chacun d’entre nous. Elle nous emporte.

 

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Avec Pascal Bouterin (dm), Alain Brunet (tp, bugle, voix), Jean Gros (g) et Luis Manresa (b).

Luis Manresa

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Les voyages imprévus: Antoinette trio

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Est-ce ainsi que tout commence ? Comme si l’un s’en allait de son côté ? Et si les autres riaient ? A moins qu’ils ne soient deux à prendre le large. Mais peut-être la jeune femme, elle, est la seule à véritablement voyager, libre comme l’air. Même si elle n’en a pas l’air.

« Antoinette Trio » c’est avant tout une drôle d’histoire et de belles musiques : surtout parce que tout ce que l’on peut entendre de ces trois-là sur le CD éponyme (compagnie trois fois deux plus un) qui vient d’être publié on croit s’y attendre, au moins un peu, on est enchanté et puis on s’y perd, on est perdu, et c’est nous alors qui partons, qui nous demandons bien ce qui nous arrive et nous voici sur des chemins et des routes que nous ne connaissons pas. « Accord/Désaccord » (titre de la quatrième « plage » de l’enregistrement) en son intitulé dit à peu près tout.

Il est difficile de s’exprimer vraiment davantage à propos de cette musique (1). Parce qu’il faudrait être poète pour ce faire, parler en quelque sorte avant la parole. Comme les musiciens et la musique le font. Comme ceux-ci le montrent et le déploient avec spontanéité, joie, intelligence, audace. Il suffit de monter dans le navire d’Antoinette trio, les yeux du cœur, de l’âme et du corps grands ouverts. Et une part de bonheur arrivera.

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Antoinette trio c’est : Julie Audouin (flûte traversière, flûte piccolo), Tony Leite (guitare classique, guitare portugaise, voix), Arnaud Rouanet (clarinette basse, clarinette Bb, voix, mégaphone (!), Denis Badault (arrangements).

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(1) : en outre il s’agirait – il faut l’avouer – d’un conflit d’intérêt (et il y en a suffisamment dans notre société contemporaine pour ne pas en rajouter, même si celui-ci ne pèserait pas bien lourd dans la balance de la Justice… Pèserait-il seulement ?). En effet, outre d’excellentes « liner notes » dues à Jean-Louis Dubois-Chabert on trouvera également quelques lignes signées de l’auteur des « Notes de jazz ».  Et il s’avère que celui-ci est particulièrement heureux d’avoir, d’un peu loin tout de même… mais enfin… quand même un peu, à l’aventureuse aventure d’Antoinette.

On peut retrouver « Antoinette Trio » ici:

http://www.troisfoisdeuxplusun.org/

 



In fruit étrange ou Strange Fruit en créole

http://7lameslamer.net/l-etrange-histoire-d-une-chanson-1441.html

 

Il suffit de cliquer sur le lien ci-dessus pour comprendre comment et pourquoi sans doute « Strange Fruit » a pu être traduit en créole réunionnais par Jean-Claude Legros.

Malgré tout, c’est une « belle histoire ».

 



Jazz en Tech: une première à la Une

Jazz au Cloître et Jazz Amélie viennent d’unir leurs destins pour donner naissance à Jazz en Tech. Coup d’envoi des festivités le 21 juillet.L’union fait la force. Le vieil adage semble s’appliquer également aux événements culturels. Cet été, deux festivals locaux, Jazz au cloître et Jazz Amélie, ont décidé de faire front commun.

 

C’est ainsi qu’est né un nouveau festival itinérant, Jazz en Tech, qui proposera une dizaine de concerts dans cinq communes traversées par le fleuve emblématique. « En s’unissant, on a réussi à bâtir un festival plus ambitieux pour faire vivre le swing dans la vallée du Tech, explique le président de Jazz au cloître, Alain Brunet. Nous vivons une période où les subventions publiques sont de plus en plus faibles. Mutualiser nous permet aussi d’envisager de nouveaux partenariats et de nouveaux financements. »

 

Tout savoir sur Jazz en Tech

 

Le programme complet

 

21 juillet à Amélie-les-Bains Palalda 21 juillet – THE AFTER SHAVERS,

 

23 juillet à Amélie-les-Bains Palalda STEEVE LAFFONT TRIO

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24 juillet à Arles-sur-Tech – HARLEM NIGHTS BIG BAND

 

25 juillet à Céret – SYLVIA HOWARD & THE BLACK LABEL SWINGTET

 

26 juillet au musée d’art moderne de Céret (17h30) – TRIO JEAN-PIERRE MAS

 

27 juillet à Saint-Laurent-de-Cerdans (21 h) – AKPE MOTION

 

28 juillet à Saint-Génis-des-Fontaines – DAVE BRUBECK FOR EVER QUARTET

 

29 juillet à Saint-Génis-des-Fontaines – THE GLOSSY SISTERS

30 juillet à Saint-Génis-des-Fontaines – WALTER RICCI / DAVID SAUZAY 5TET

 

Jazz en Tech c’est aussi un site web www.jazzentech.com une page Facebook, toute fraîche de naissance .

 

Pour les réservations, il n’y a pas encore de billetterie en ligne, mais un système:

 

- envoyer ses demandes de réservation(s) sur contact@jazzentech.com : un mail retour confirmera la réservation qui sera à retirer sur place jusqu’à 1h au plus tard avant le début du concert concerné.

 



Les parfums du jazz: une lettre du festival.

Il ne sera ici question que des festivals de l’été auxquels, d’une façon ou d’une autre, une amitié personnelle me lie.
C’est sans doute un parti-pris peu compréhensible, pas très acceptable. Mais il en sera ainsi (même si une exception est toujours susceptible d’intervenir).

Aujourd’hui voici une lettre du festival « Parfum de Jazz »:

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Juin 2016

Chers amis de Parfum de Jazz,
L’été ayant enfin daigné s’imposer, la Drôme provençale est devenue un jardin des senteurs: genêt, jasmin, lavande imposent leur parfums pour notre plus grand plaisir; quel bonheur que celui de se promener sur un chemin bordé de genêts ou de lavandes qui sont légion en Baronnies et Tricastin!

Ces senteurs de juin, l’un des plus beaux mois de l’année, sinon le plus beau, annoncent les réjouissances estivales au rang desquelles Parfum de Jazz, festival dont ce sera cette année la 18ème édition.

Les derniers contrats signés, il reste à nous mettre en ordre marche avec l’équipe des bénévoles soit une cinquantaine de personnes, pour amplifier l’information sur le programme et travailler à l’accueil du public.

Faire connaître notre offre de programme est la priorité des priorités! Après les informations communiquées sur notre site internet et sur notre page Facebook, l’un et l’autre de plus en plus lus, les dépliants, flyers et affiches sont disponibles. Aussi les offices de tourisme de la Drôme seront-ils pourvus dans les tous prochains jours; certains le sont déjà comme celui de Buis les Baronnies; la billetterie quant à elle, sera mise en place début juillet soit un mois et demi avant les festivités.

J’espère au nom de toute l’équipe de Parfum de Jazz avoir le plaisir de vous accueillir à l’un des concerts du festival.

Bien cordialement,

Alain Brunet

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Mini-concerts et apéros-jazz Parfum de Jazz 2016

Après avoir découvert les artistes programmés lors des concerts en soirée, 1ère semaine en Pays de Buis les Baronnies et 2ème semaine en Tricastin, nous sommes heureux de vous présenter ce mois-ci ce qui est une tradition du festival, les moments de jazz gratuits en journée dans différentes villes et village de Drôme provençale. Ces mini-concert et apéros-jazz, ouverts à tous, sont donnés en journée par des musiciens de talent tous rémunérés par le festival. Parfois même certains de ceux qui jouent en soirée acceptent gentiment d’offrir un aperçu de leur leur talent en toute décontraction. Les sets de musique se déroulent dans des espaces organisés, sur  les places, devant les cafés ou encore dans des lieux inédits comme des caves viticoles.

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Autres moments musicaux offerts, Il y aura aussi plusieurs initiatives généreuses : tout d’abord, un concert en faveur de la lutte contre la mucoviscidose sera donné à Saint Ferréol Trente Pas lundi 15 août et, pour faire swinguer nos seniors, trois mini-concerts dans les maisons de retraite de Buis les Baronnies, Pierrelatte et Saint-Paul-Trois-Châteaux. Nous reviendrons plus en détail sur ces rendez-vous dans notre lettre de Juillet.

En attendant, découvrez les musiciens qui vous attendent lors des mini-concerts et apéros-jazz et les dates et horaires de leur présence.


Magnetic Orchestra et Daniel Barda, Jose Caparros, Baby Clavel

Les habitués de Parfum de Jazz connaissent bien ce trio. L’an dernier, en clôture du festival à Saint-Paul-Trois-Châteaux , Benoit Thévenot, piano, François-Régis Gallix, contrebasse et Nicolas Serret, batterie ont accompagné avec un brio exceptionnel leur complice de longue date, celle qui est maintenant au top, la célèbre Anne Sila. Ce trio  est remarquable par son énergie démonstrative, son inventivité et son originalité. Voyageant dans l’univers des standards, le trio propose aussi des compositions, prétextes à des improvisations débridées. Pour ces mini-concerts et apéros-jazz  Benoit Thévenot, piano, François-Régis Gallix, contrebasse et Nicolas Serret, batterieils seront rejoints par trois pointures du jazz, eux aussi amis du festival, Baby Clavel (saxophone alto), José Caparros (trompette) et Daniel barda (trombone).

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Retrouvez-les pour des mini-concerts ou des apéros-jazz
Buis les Baronnies, mardi 16 août 11h (présentation du festival) et 18h, mercredi 17 et jeudi 18 août 11h, vendredi 19 et samedi 20 août 11h
Saint-Sauveur-Gouvernet, lundi 15 août 17h
Beauvoisin, jeudi 18 août 18h
Sainte-Jalle, Cave de Rieux Frais, vendredi 19 août 18h


Akpé Motion

On ne présente plus Akpé Motion qui propose un mix coloré jazz, rock et world music. En effet, les scènes de Parfum de Jazz les ont accueillis à plusieurs reprises à la plus grande joie des festivaliers. Alain Brunet (trompette), Président du festival a depuis quelques années rejoint Pascal Bouterin (batterie) créateur du groupe, Jean Gros (guitare) et Luis Manresa (basse). Il participera à plusieurs sets de musiques, notamment en fin de matinée. Akpé Motion donne de nombreux concerts lors de tournées lointaines véritables sources d’inspiration  pour leur dernier CD Migrations, un beau succès.

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Retrouvez-les pour des mini-concerts ou des apéros-jazz
Buis les Baronnies, mardi 16 et mercredi 17 août 18h, jeudi 18 août 11h, vendredi 19 août 11h et 18h, samedi 20 août 11h
Vinsobres, mercredi 17 août 11h30
En attendant découvrez la vidéo Migrations d »Akpé Motion


Trio Olivier Chambonnière

Une complicité communicative entre trois musiciens qui séduisent le public par leur virtuosité et une énergie contagieuse. Alexandre Cadic (vibraphone), Didier Del-Aguila (basse) et Olivier Chambonnière (batterie) reprennent, à travers des arrangements originaux, standards swing, musiques latines et compositions personnelles.
Retrouvez-les pour deux apéros-jazz,

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La Garde Adhémar, Jardins des plantes mardi 23 août 18h et place du village mercredi 24 août 19 h


Ori Orati quartet

Ori Orati (Roche Rouge) est un groupe de 4 jeunes musiciens drômois: Grégory Rosso (guitare et composition), Benoit Black (saxophone), Jean Berthon (basse) et Clément Black( batterie). Ensemble ils empruntent les chemins de la pop, du jazz et des musiques de transe. C’est une sorte de jazz-ethno-rock suave qui va vous séduire lors des 2 apéros-jazz qu’ils donneront durant la semaine Tricastine du festival.

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Retrouvez-les pour deux apéros-jazz:
Pierrelatte, mercredi 24 août 19h Chapelle des pénitents et jeudi 25 août place Taillade
En attendant découvrez Ori Orati en vidéo


Parfum de Jazz All Stars

Composé de talentueux musiciens, tous fidèles à Parfum de Jazz, cette formation vous enchantera par ses reprises ou ses créations. Soleil, bonne humeur et bonne musique vous ont fait passer un agréable moment à la Cave la Suzienne, blottie au pied du très beau château de Suze la Rousse.

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Retrouvez-les pour un apéro-jazz
Suze la Rousse, Cave viticole La Suzienne, vendredi 26 août 18h
Voir la vidéo d’un apéro-jazz « mobile »


Glenn Miller’s Fellows

A l’occasion de la Fête de la Libération de la ville, à l’issue de la cérémonie pendant l’apéritif et le repas, les amis musiciens du célèbre saxophoniste et clarinettiste Jean Jacques Taïb se réunissent pour distiller le fameux son Glenn Miller. Ils joueront les grands standards comme, entre autres, In the Mood ou Moonlight Serenade créés dans les années 40 par le big band du célèbre tromboniste et chef d’orchestre. Bonne humeur, souvenirs musicaux et danseurs assurés!

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Retrouvez-les en mini-concert
Saint-Paul-Trois-Châteaux, place de la Libération, Samedi 27 août 11h30


Le nouveau dépliant Parfum de Jazz 2016 est sorti !

Sur 8 pages vous saurez tout (ou presque) sur la 18ème édition. Toujours une belle couleur lavande, Drôme provençale oblige, il vous présente d’abord un résumé des 2 semaines de programmation. Puis sur 4 pages intérieures, les informations sur chaque concert en soirée: artistes, photos, lieux des concerts, prix des billets… Ce dépliant sera disponible très bientôt dans les Offices de tourisme et sur les lieux touristiques. Si urgence, vous pouvez aussi le demander sur l’adresse: contact@parfumdejazz.com

 

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Tels sont nos espoirs…

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  • « Serendip » de Josef Bilek : voici une sorte de voyage musical sans cesse étonnant, voire choquant – au sens, bien sûr, où cette musique peut provoquer, provoquer un choc, vous saisir avec force et vous entraîner où elle le veut, malgré vos habitudes et vos réflexes. Que l’on connaisse son auteur ou non, on entend bien qu’il est féru de musique électronique et qu’il est ouvert à tous les possibles. Sans doute en raison même de cette liberté, ce qu’il peint, ce qu’il décrit, ce qu’il nous dit ici est toujours très beau et envoûtant. « Serendip » a convoqué outre la guitare, les samplers, claviers et la programmation de Josepf Bilek, Benoît Lecomte (b) et Mathias Guillet (claviers) et deux excellents batteurs, Philippe « Pipon » Garcia et Grégory Bourdas. Parmi bien d’autres « invités » on note la présence de la trompette reconnaissable entre toutes d’Eric Truffaz, le saxophone d’Eric Prost et les trois voix de Philippe Vincenot (conteur), Bernardo Sommani (chant) et Sarah Espour (chant). (CD Pag Editions Z Production/Inouïe distribution)
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  • « Equal Crossing » de Régis Huby : comme le disque précédent, avec – c’est évident – d’autres sources et aussi des buts qui ne sont pas précisément identiques, l’étonnant (lui aussi !) violoniste Régis Huby (entendu il y a peu avec Maria-Laura Baccarini) signe une œuvre toute remarquable, impressionnante de maîtrise et d’inventivité. On pourrait dire – mais il faudrait l’entendre avec bonheur, cela va de soi ! – que cette musique ne ressemble à rien. A rien d’autre, à rien de véritablement familier, pas même de connu, pas même d’entrevu. C’est ce qui fait sa force, son emportement (au sens où elle nous mène sur des chemins incertains), sa générosité. Là encore on remarque la place de l’électronique, en particulier chez le leader, mais aussi chez Michele Rabbia (percussions) et – même si c’est avec des moyens un peu différents – dans le jeu de l’inégalable et inclassable Marc Ducret (g) et dans celui de Bruno Angelini (p, Fender Rhodes, Minimoog). Voici un enregistrement, non pas « qui devrait », mais « qui doit faire date ». (CD Abalone/L’Autre Distribution)
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  • « U-bi_K » et « easy listen_ _ing » par Ping Machine : les quinze musiciens de Ping Machine sont prolixes. C’est le moins que l’on puisse dire ! Deux CD d’un seul coup (non pas un double album, ce qui n’est pas tout à fait la même chose) c’est là une rareté. Ou plutôt deux. Surtout parce que ces musiques sont exceptionnelles d’ardeur, d’audace ou plutôt de vivacité et de lucidité en même temps. « Ubik » est peut-être plus complexe mais « Easy Listening » n’a rien de la musique qui porte généralement cette étiquette. Comme précédemment l’électronique joue ici une place importante, parfois de premier plan mais pas toujours. Ce qui est certain c’est que les Ping Machine constituent aujourd’hui l’un des grands ensembles les plus prolifiques et surtout les plus généreux – musicalement s’entend – non seulement de l’Hexagone mais sans doute de la planète tout entière. (CD Neuklang Future/Harmonia Mundi distribution)

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  • « Les sons de la vie » par Laurent Dehors : l’autre big band remarquable (encore que le qualificatif soit largement insuffisant !) et pas seulement du moment – il existe depuis au moins vingt ans – c’est celui du clarinettiste et saxophoniste Laurent Dehors « Tous Dehors ». S’il n’a, lui encore, jamais hésité devant les audaces musicales, ce n’est pas son dernier opus que le démentira. Sans doute, les titres de chaque morceau qui évoquent avec plus ou moins de précision les étapes de la vie, pouvaient-ils laisser croire à quelques descriptions musicales, exercice toujours périlleux. Il n’en est rien ou, en tout cas, pas grand’ chose. « Les sons de la vie » constituent plutôt une sorte de longue suite où règne l’émotion, la vie telle qu’on l’éprouve et c’est là que se trouve la réussite de cette si belle musique. Comme chez Régis Huby, il faut noter ici la présence de l’inépuisable talent de Marc Ducret (g) et le très beau jeu de Matthew Bourne (p) qui avait déjà enregistré avec Laurent Dehors des « Chansons d’amour).(CD Abalone/L’Autre Distribution)
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  • « Tracé Provisoire » de Dominique Pifarély : deuxième violoniste de cette « saison », Dominique Pifarély a fait depuis longtemps bouger les lignes du violon de la musique improvisée. Et, lui non plus, n’en a de cesse. Son « tracé » est en effet tout provisoire, sur une ou quatre cordes raides comme un fil de ferriste qui nous emporterait dans des rêves étourdis. Il est ici remarquablement entouré d’Antonin Rayon (p), Bruno Chevillon (b) et François Merville (dm) et signe une œuvre, elle aussi audacieuse, d’une densité et d’une complexité qui, ensemble mêlées, en font pourtant quelque chose de simple et de fascinant, d’émouvant et à chaque seconde d’une rare intensité. (CD ECM).

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  • Coda : on pourrait se demander, à l’écoute de ces six enregistrements (en comptant les deux exemplaires pour Ping Machine) si tout cela peut encore porter le nom de jazz. Ce serait là une mauvaise question. Une mauvaise question est une question qui ne se pose pas. Il n’y a pas un « jazz », ni même plusieurs. (Il est vrai, me rétorquera-t-on, qu’avec ce genre d’affirmation on peut tout dire et notamment, qu’il n’y a jamais eu de jazz et aussi, le contraire – à moins que ce ne soit l’inverse, les mathématiciens apprécieront peut-être.) En tout cas on sait les stupidités venues il y a longtemps désormais des anathèmes de celui qu’on surnommait « le pape du jazz ». Heureusement que Boris Vian et d’autres surent lui répondre… Bref, si les musiques qui viennent d’être évoquées ici, trouvent leur place la plus juste sous ce titre de « Notes de Jazz », c’est précisément parce que – quoi qu’on puisse en dire par ailleurs – le jazz est plus une « attitude » de liberté, d’invention et d’audace toujours renouvelées que quoi que ce soit d’autre. Que ce nom de « jazz » recouvre tant d’univers différents et surtout ceux auxquels on ne pensait pas il y a encore tout juste un instant et cela en même temps que ceux de Bix, de Louis, de Duke, de Charlie, de John, de Sphere, de Bill, de Miles ou de Keith et de tant d’autres, tel demeure notre bonheur et tels sont encore nos espoirs…

 

  • Les autres parutions de la « saison » :

    Nulle tentative d’exhaustivité ici – ce n’est de toute évidence pas le but de ces « Notes » – mais seulement le but de signaler quelques parutions arrivées jusqu’à elles (il s’agit des « Notes », bien sûr) :

 

  • « Traces » par Claude Tchamitichian : on aurait bien aimé ranger cet enregistrement dans la « série » ci-dessus. Parce que Claude Tchamitchian est formidable musicien, une personne et une personnalité plus que sympathique et parce que son projet – celui de rendre en quelque sorte compte au travers d’une suite musicale comme Ellington ou Mingus en avaient conçu d’une histoire tragique, celle de l’Arménie – imposait de ne rien manquer, il faut se rendre à l’évidence d’une déception (alors que de nombreux autres analystes ont trouvé cette musique formidable, il faut le signaler) due à une sorte d’emphase qui empêche de partager réellement, c’est-à-dire de façon totale, comme cela doit être en pareil cas, ce que nous dit le compositeur et ses cinq partenaires (Géraldine Keller (voix), Daniel Erdmann (ts,ss), François Corneloup (g), Christophe Marguet (dm, perc). (CD Emouvance/Absilone).

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  • « LiFe On MArS ? » par Yann Viet : beaucoup de standards et de refrains populaires dans la musique de ce double album (agrémenté de 14 partitions), quelques belles compositions du guitariste et surtout beaucoup de bonheurs (musicaux) à partager grâce au talent incontestable de cet instrumentiste hors pair qui, simplement, nous enchante. (CD Eklyss/Jazzandcrunchguitar distribution)

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  • « Brazilian Samba Jazz » de Raul de Souza : Jean-Louis Lemarchand rappelle fort justement que Raul de Souza a enregistré pour la première fois comme leader en 1965. Ce tromboniste assez étonnant pour réaliser en quelque sorte sans coup férir une synthèse entre la samba et le jazz a en effet de quoi nous surprendre encore par son savoir-faire. De là à dire qu’il y a ici une véritable création musicale, sans doute pas. Mais on peut, sans se cacher, prendre beaucoup de plaisir à passer un moment en sa compagnie. (CD Encore Merci éditions)

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  • « Au début était le rythme » par L’Harmonie de Cosne dirigée par Jean-Yves Chir avec la participation de Bertrand Renaudin : quarante-cinq musiciens de toutes les générations, amateurs évidemment, habitants de Cosne-Cours-sur-Loire (Nièvre), charmante localité d’un peu plus de 12000 habitants. Saluons ce jazz « participatif », dynamique, si sympathique que l’enthousiasme nous emporte à son écoute. Et si c’était partout pareil…

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